Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique. 29 septembre 1895

Préfecture de police

Direction générale des recherches

2e brigade

3e Division

Banquet des Naturiens

Paris le 29 septembre 1895

Rapport

Hier soir à 7h ½ a eu lieu 11 rue Lepic, au restaurant dit A la Tartine, un banquet organisé par les Naturiens, société d’études tendant au retour à l’état naturel.

Le prix de la carte était fixé à 2fr.

36 personnes ont assisté au banquet.

Gravelle ouvre la série des discours. Comme à son habitude, il donne des explications sur l’état naturel et il manifeste l’espoir qu’une personne désintéressée donnera un jour au groupe, un terrain assez vaste pour y fonder une colonie.

Il remercie les personnes qui ont bien voulu assister au banquet et cède la parole à Bariol.

Ce dernier ne dit que quelques mots.

Il déclare que le banquet a pour but de resserrer les liens qui unissent les Naturiens.

En terminant, il remercie le sieur Bigot pour le grand nombre d’adhérents qu’il a amené au groupe.

Martin dit que bien qu’il y ait entre lui et Gravelle des divergences d’idées, il s’associe pour la circonstance à l’oeuvre de ce dernier.

Marné fait comme Gravelle un discours sur l’état naturel.

Il croit que les ouvriers qui travaillent dans les usines seraient satisfaits de voir pour eux une ère nouvelle.

On passe ensuite à la partie récréative de la soirée. A ce moment 56 personnes sont dans la salle.
Paillot chante la chanson L’Etat naturel.

Mlle Henriette interprète ensuite L’Amiral et une autre chansonnette.

Mlle Ehart récite une poésie.

Zisly lit les vers ci-joints de sa composition.

Renard dit Georges chante La Carmagnole et Bigot La Commune.

La séance est levée à minuit sans incident.

Le commissaire de police.

Archives de la Préfecture de police Ba 158

Lire le dossier Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique

Les dépositaires du Libertaire, pour la province, avec le chiffre exact des exemplaires reçus. 19 mars 1898

Le numéro du Libertaire visé par le commissaire spécial de Marseille. Document Retronews.

Ministère de l’Intérieur

Commissariat spécial de Marseille

N° 642

Le Libertaire

Liste des dépositaires

Marseille le 19 mars 1898

Rapport

Je transmets ci-après, la liste des dépositaires du Libertaire, pour la province, avec le chiffre exact des exemplaires reçus par chacun d’eux de l’avant-dernier numéro paru :

Longueville à Montceau les Mines 15

Gardiau Ferdinand, maison Vernier à Jailleu (Isère) 20

Montagard à Avigon (Vaucluse) 30

Montperrin, maison Hauser, rue de Gournay, Troyes 60

Bordat, kiosque de l’Hôtel de ville, Narbonne 40

Rimaut, 70 rue de Clermont, Roanne 40

Vincent, avenue de la gare, Saint-Claude (Jura) 15

Belle, cafetier, Bourg de Péage (Drome) 35

James, 11 rue Denou, Chalons sur Saône 60

Conte Jean, vallée de Garchizy, Fourchambault (Nièvre) 20

Hugonard, 22 rue Victor Faugier, Vienne (Isère) 30

Coll, correspondant de la Dépèche, Aymargues (Gard) 40

Peyronnet, 1 rue de l’Epreuve, Saint-Etienne 150

Villeméjane, 6 rue Catellier, Nîmes 120

Bloin, kiosque du Marché, Agen 30

Lafosse Arthur, rue des Augustins, Bordeaux 150

Jeannot Pierre, chemin des écoliers, Limoges 100

Guilhem, rue Victor Hugo, Carmaux (Tarn) 15

Hamelin, poste restante, Havre 20

Biet, chaussée de la Madeleine, Nantes 15

Vidal J., rue de Rodez, Millau (Aveyron) 25

Narcisse, 36 rue des Lois, Toulouse 80

Pierre André, gare Saint-Laud, Angers 150

Corun J. B., chez Chateau, Noyant la Gravière, cité Misaugrain par Segré 15

Bizien, 6 rue du parc de Recouvrance, Brest 35

Henriot, 23 rue Racine, Havre 60

Rispail, Marmande (Lot et Garonne) 4

Maillet, rue du Bois Savary, Saint-Nazaire 30

Sauvage, rue des Mauveaux, Roubaix 100

Esquinet, 23 rue Boucher de Perthes, Reims 80

Poissonnier, 24 bis rue des Rablets, Lille 60

Froidure, 18 rue Haute des tanneurs, Amiens 100

Société coopérative, 30 rue Palais Grille, Lyon 425

Faure, 6 rue Raspail, en gare Clappier, Saint-Etienne 50

Desmaret, gare Marchiennes, Doscher-le-Hainaut (Belgique) 50

Courtois, 86 rue du Camps-de-Mars, Reims 2

Biou, 7 rue de la République, Montauban 2

Brillaut, Mirepoix (Ariège) 2

Lindsay, kiosque en face de la Caserne vieille, Gap 2

Terrasse, librairie à Bourg de Thizy 2

Caffin, journaux, La Basse (Oise) 3

Romansville, café Baunin, Grande Rue Saint-Jean, Royan (Drôme) 3

Ragot, Bézenet (Allier) 5

Romans, Deville* (Ardennes) 4

Guérin, tisserand, Villeneuve sur Lot (Lot et Garonne) 10

Claude Ed., 11 rue Saint-Georges, Nancy 5

Royé, place de la République, Valence 5

Carlut, peintre, 75 rue de Paris, Arcis sur Aube 5

Blache, 38 rue Victor Hugo, Givors 6

Bédu, 72 rue Nationale, Bourges 10

Le Costera, 79 Grande rue, Montereau 15

Andrieux, quai du Port, La Seyne sur Mer 7

Rétif, 38 boulevard Thiers, Tours 12

Verlhac, journaux, Tulle 7

Artru, journaux, Annonay 10

Espinasse, cordonnier, Sisteron 10

Dessagnes, Fontanes par Alais 10

Morin, journaux, la Tour du Pin (Isère) 10

Gagnon, journaux, à la pêcherie, Tarare 10

Faix Henri, Casteljaloux (Lot et Garonne) 10

Nabourdet, kiosque de la Mairie, Alais 10

Nordau, librairie à Maxeuille (Meurthe et Moselle) 10

Delpuech Prosper, Gouges (Hérault) 10

Belle Julien, 35 faubourg Vinoy, Saint-Marcellin 10

Gilles Paul, 1 rue de la Truille, Arles 10

Richerme, rue du Cheval blanc, Hyères 8

Marco, 35 rue Vaugelas, Annecy 10

Renout, avenue de Carmaux, Albi 12

Feuillade, journaux, La Ciotat 20

Deshau fils, journaux, Arles 15

Gaubert, journaux, kiosque du Palais, Perpignan 15

Ganavat, journaux, Tarascon 15

Bastide, rédacteur, Droits de l’homme, Pézenas 3

Malquin Ludovic, Trinité Victor, près Nice 4

Roger Emile**, 76 rue du Petit Gobron, Nouzon (Ardennes) 5

Beaure, 72 chemin des Rouchaux, Limoges 10

Martin, correspondant du Peuple, Grandcroix 10

Dasse Marius, 5 rue du Roi, Aix 10

Laudet, place Mancini, Nevers 10

Marpaux, 2 rue d’ Alsace, Besançon 30

Palauje Sicard, 1 rue Saint-Sernin, Bordeaux 15

Chotard, 12 place Billauges, Saumur 2

Boucart, 72 rue Martrou, Rochefort 3

Charbonnier, libraire, Argenteuil (Seine et Oise) 3

Eudes, journaux, Epernon (Eure et Loir) 2

Duvivier Siméon, journaux, Montluçon 3

Failhal Denis, journaux, Firminy 12

Loire, journaux, place d’Armes, Poitiers 20

Gaudard, kiosque, place Gambetta, Cavaillon 8

Aubert, rue de la Barrière, Elboeuf 7

Leveillard, 14 place Gambetta, Amiens 8

Beury, journaux, Le Mans 20

Salis, journaux, Cette 20

Guigne, 8 rue Carnot, Mâcon 10

Eliot, journaux, boulevard de l’Observatoire, Montpellier 30

Perrin, journaux, rue de la Beaune, Grenoble 50

Carillon, rue des Godraux, Dijon 50

Ollive et Baudel, 14 place d’Armes, Toulon 100

Duvivier, journaux, 56 boulevard Decourtais, Montluçon 5

Heymann, journaux, rue d’Anéjan, Alais 25

Tabaraud, place de l’Hôtel de ville, Saint-Quentin 10

Duvivier, libraire, rue Plantagenet, Angers 15

Fauché, 67 rue de la République, Saint-Denis 30

Clareton J. B., journaux, Béziers 100

Castellani, rue Chiaffredo, Nice 50

Source : Archives nationales F7 12506

* Noté Deuille

**Noté E. Roget rue du Petit Gobrau

Selon le préfet des Ardennes, il pourrait être dangereux d’arrêter les anarchistes de son département. 20 avril 1892

Préfecture des Ardennes

Cabinet du préfet

Cabinet du Président du conseil

Au sujet des mesures contre les anarchistes

Mézières, le 20 avril 1892

Monsieur le Président,

M. le Procureur général vient de me faire connaître confidentiellement qu’il aurait à faire procéder vendredi matin à l’arrestation des anarchistes résidant dans mon département, dont les agissements donneraient ouverture à l’action criminelle prévue par l’article 265 du code pénal. Et, au nom de M. le Garde des sceaux, il m’a prié de le secourir en lui fournissant tous les éléments d’information qui seraient en ma possession.

Le chef du parquet estime, du reste, à priori, que les instructions dont l’exécution m’est confiée, sont applicables aux anarchistes affiliés au groupe des Sans Patrie.

Permettez-moi, monsieur le président de vous exposer respectueusement les inconvénients graves, – j’oserais dire les dangers, – que cette mesure me paraît présenter.

Le groupe les Sans Patrie comprend à Mézières-Charleville, quinze à vingt individus, connus de la police, sans cesse surveillés et hors d’état dans les conditions actuelles de compromettre sérieusement l’ordre public.

Un nombre égal peut être, de gens suspects, également surveillés, mais contre lesquels ne semblerait pas pouvoir être prise la mesure projetée, sont disséminés dans le département.

En dehors de cela, nous avons devant nous plusieurs milliers d’ouvriers formant des syndicats – dont quelques uns, il faut bien le dire, apparaissent à certains moments comme des foyers d’agitation ; – leur chef est le fameux J. B. Clément : ceux là non plus, évidemment, ne peuvent être visés par les instructions données par le procureur général.

Qu’il y ait dans cette masse ouvrière actuellement paisible, des individualités confinant de fort près à l’anarchisme, cela n’est pas douteux. Outre les partisans de la « propagande par le fait » et beaucoup d’adeptes de la propagande par le discours ou par publications, la situation, pour le milieu dont je parle est si subtile qu’il est permis d’avancer que tel socialiste, très sûr aujourd’hui, sera demain, si les circonstances s’y prêtent un peu, le plus pur anarchiste.

C’est dans cet ordre d’idées que les exécutions préparées pour vendredi, par le ministère public, me semblent risquer grandement de déchaîner ici, tout d’un coup et alors que rien ne le faisait pressentir, une agitation dont on ne pourrait que difficilement calculer aujourd’hui l’étendue et la durée.

Le mot d’ordre officiel du parti socialiste en vue des élections est pour le calme et pour l’abstention à toutes manifestation dans la rue : on se recueillait déjà autour du scrutin ; on allait le préparer par des conférences qui devaient conserver un caractère strictement électoral et, n’affecter aucune allure révolutionnaire.

Des arrestations assez nombreuses, intervenant en cet état de choses, surprendront d’autan plus l’opinion publique qu’il a déjà été ouvert, il y a quelques semaines, contre les individus actuellement visés, un commencement d’instruction, accompagné de perquisitions, mais non d’arrestations, que cette première information n’a pas eu de suite, et que, – toujours au point de vue local dont j’ai exclusivement à m’occuper ici – aucun fait nouveau ne paraîtra avoir motivé des nouvelles mesures, fort aggravées, puisque leur effet immédiat doit être une prise de corps.

Les socialistes, qui se sont tenus, jusqu’à présent, assez à l’écart des tentatives violentes des anarchistes, mais dont les sympathies demeurent au fond, acquises à ces derniers, resteront-ils neutres ? Je crains le contraire et au lieu d’avoir à affaire à vingt ou trente individus sans direction, je redoute de me trouver en présence du parti socialiste ardennais, considéré à peu près dans son ensemble et avec toute l’organisation qu’il s’est donnée.

Il ne m’appartient pas, à la vérité, de m’arrêter à l’examen des moyens de droit que me ministère public se propose de faire valoir, ni de supputer la vérité des circonstances de fait qui serviraient de base à ses réquisitions mais je ne puis m’empêcher non plus de faire ressortir la gravité du mouvement d’opinion qu’entraînerait, le cas échéant, ou un abandon ultérieur des poursuites ou un verdict d’acquittement rendu par le jury.

En résumé, monsieur le président, la situation présente, dans mon département est telle que j’ai cru pouvoir dans mes précédents rapports, vous faire espérer que l’ordre dans la rue ne serait pas troublé à l’occasion du 1er mai. Mais je crains, au contraire, que l’apaisement dont nous jouissons ne soit rompu par les mesures imprévues qu’il est question d’exécuter dans les Ardennes.

Ces considérations n’ont sans doute qu’une valeur purement locale, mais j’ai pensé, monsieur le président, que leur importance certaine, non seulement pour le présent mais encore pour l’avenir, me faisait un devoir de les soumettre respectueusement à votre haute et bienveillante attention.

Le Préfet.

Source : Archives nationales F7 12507

Lire le dossier : Les anarchistes dans les Ardennes

Les perquisitions chez les anarchistes de Revin (Ardennes). 21 novembre 1893

Réseau de l’Est

Commissariat spécial de police

Gare de Charleville

Charleville le 21 novembre 1893

Rapport

J’ai l’honneur d’informer l’administration supérieure, qu’en exécution de la réquisition ci-dessous de M. le Préfet des Ardennes,

« Nous Préfet des Ardennes,

En exécution des instructions du Ministre le Président du conseil, Ministre de l’intérieur,

Vu l’article 20 du Code d’instruction criminelle,

Requérons

Monsieur Krier Lucien, commissaire spécial de police à Charleville, que nous déléguons à cet effet,

De procéder d’urgence à une perquisition ayant pour objet de rechercher les matières explosibles de toute nature, les instruments ou produits servant à la fabrication ou à l’emploi des dites matières, les papiers et correspondances se rapportant ou se rattachant à ces projets d’attentats, qui se trouveraient au domicile ou en la possession des sieurs Daine Henri, Alfred ; Druard fils ; Borgniet ; Chuillot Vital ; Millard Joseph, Gustave ; dame Diseur Amélie, aubergiste, demeurant à Revin ou de tout autres personnes résidant dans ladite commune,

Et de dresser tous procès-verbaux, recevoir toutes déclarations, pratiquer toutes les saisies et arrestations que de droit.
Fait à Mézières le 20 novembre 1893

Le préfet des Ardennes. »

Je me suis transporté cette nuit par train VM à 2h55 du matin à Revin, où arrivé à 4 heures 15, je me suis rendu immédiatement à la gendarmerie et ai requis le commandant de la brigade, en vertu de l’article 25 du Code d’instruction criminelle, de mettre à ma disposition tels gendarmes de la brigade, pour m’assister dans mes opérations judiciaires.

Et à 6 heures du matin, accompagné du brigadier et de 3 gendarmes, j’ai commencé les perquisitions.

1° Chez le nommé Daine Henri, Alfred, né le 1er mars 1864 à Revin, fils de Xavier, Nicolas et de feu Elisa Blin, marié à Aglaë Noiret, un enfant, ouvrier mouleur, anarchiste de contrebande dangereux, demeurant près Malgré-Tout.

2° Millart Gustave, né le 6 août 1862 à Revin, fils de Auguste et de feu Victoire Daminette, célibataire, ouvrier noyauteur à l’usine Martin, demeurant chez sa tante Josphine Moraine Daminette, rue de la Vieille Paroisse.

3° Borgniet Joseph, né le 10 avril 1871, fils de feu Philippe et de Catherine Martin, marié à Rosalie Leherberghe, mouleur à l’usine Veuve Poncelet, demeurant chez sa belle-mère à Revin, derrière le lavoir.

4° Femme Routa, dite La Hyne, néeAstride René, le 28 août 1850 à Fumay, fille de Joseph René et de Florence Masson, marié à Routa Gustave, né à Revin le 2 octobre 1841, 6 enfants.

5° Cordier Léon, Eugène, né le 24 juin 1859 à Mohon, fils de Marie Chartier et de Prosper Onésime, marié à Stéphanie Baquet de neufmanil, 5 enfants, ouvrier ajusteur à l’usine Faure.

6° Chuillot Léon, Gustave, né le 29 janvier 1868 à Revin, fils de Marc et de Nanquette Léonie, Victorine, ouvrier mouleur sans travail, demeurant chez sa mère, actuellement en détention à la prison de Rocroi où il purge une condamnation de 3 mois pour vol.

7° Veuve Dromzée, née Diseur, concubine du nommé Cornet Henri, né le ?, âgé de 32 ans, né à Libin, province du Luxembourg (Belgique), expulsé par arrêté ministériel du 23 janvier 1893 pour avoir hébergé le compagnon Fortuné le 4 octobre 1892, lorsqu’il est allé faire une conférence anarchiste à Revin.

Le nommé Cornet qui a été autorisé à rentrer en France le 3 (?) dernier, par monsieur le Préfet des Ardennes, me sert d’indicateur anarchiste.

9° Enfin, chez le jeune Druard fils du nommé Druard Marc, Aimé, Melchior qui s’est retiré à Paris, 112 rue d’Allemagne, après acquittement dans l’affaire des attentats à la dynamite de Revin et Charleville.

Lesquels après avoir été faites scrupuleusement n’ont produit aucun résultat, si ce n’est la confirmation qu’ils sont tous lecteurs assidus du Père Peinard.

J’ajouterai que pendant le cours de mes perquisitions, l’indicateur Cornet, m’a informé que le nommé Moray, anarchiste expulsé de france, devait se trouver actuellement à Hiraumont, écart de Rocroi, chez les nommés Balle et Romans, tous deux anarchistes et correspondants du Père Peinard.

En rendant compte de ma mission à M. le Préfet, j’ai porté ce renseignements à sa connaissance et il m’a annoncé qu’il venait d’être prévenu de l’arrestation de certains individus ce matin par la parquet de Rocroi.

Le commissaire de police.

Source : Archives nationales F7 12507

Les perquisitions du 21 novembre 1893 chez les anarchistes des Ardennes.

Préfecture des Ardennes

Cabinet du Préfet

Perquisition chez des anarchistes

Mézières le 21 novembre 1893

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de vous rendre compte des perquisitions auxquelles il a été procédé ce matin, dès la première heure, conformément à vos instructions, chez quelques uns des anarchistes les plus dangereux des Ardennes.

Dans l’arrondissement de Mézières, M. le procureur de la République, informé par le commissaire de police de Nouzon qu’un sieur Kaiser, de cette commune avait parlé il y a quelque temps de la dynamite dont il était détenteur, a pris texte de cette déclaration pour ouvrir une information. C’est donc sur l’ordre de M. le juge d’instruction (et en sa présence pour ceux de Charleville) que des perquisitions ont été faites chez neuf anarchistes de cette ville (Blin, Lamoureux, Tisseron, Mailfait, Midoux, Gosset, Louvigny, Bauda et Henrard) et chez cinq de Nouzon (les frères Kaiser, Gualbert, Copine et Louis Théophile).

Ces perquisitions n’ont amené la découverte d’aucune matière explosible. Tisseron et Louvigny, comme Thomassin, ont déclaré d’ailleurs qu’ils s’y attendaient, la presse les ayant avertis.

Quelques placards ou brochures anarchistes ont pu être saisies, notamment chez Gualbert à Nouzon, sept exemplaires des placards En Russie et Au conseil de révision.

Enfin le commissaire de police de Nouzon a su que l’un des frères Kaiser (Oscar) parti depuis quelque temps pour les environs de Paris, où il demeure, chez (?) Kaiser, 58 rue Abeille à Alfortville, a vendu avant son départ deux kilos de dynamite pour 8 francs à un sieur Gadenne, entrepreneur de travaux publics à Nouzon.

A Sedan, après entente de la sous-préfecture et du parquet, une perquisition a été pratiquée chez le sieur Baicry, mais sans succès. Quant au parquet de Rocroi, les investigations dans les environs n’ont fait rencontrer que quelques brochures, mais ont amené la découverte de deux individus, l’un Moray, condamné autrefois à Charleville pour excitation à désertion, et l’autre Romans Jules de Lille, que nous soupçonnons d’être recherché par la Sûreté générale.

Le temps m’ayant manqué pour m’entendre avec le parquet de Rocroi au sujet des perquisitions à faire à Revin et à Fumay, j’ai requis administrativement, en vertu de l’article 10 du Code de l’instruction criminelle, M. Krier, commissaire spécial et Valache, commissaire spécial adjoint, d’y procéder. Le premier a fouillé les logements de Daine, Millard, Borgniet, femme Routa, Cordier, Chuillot, Druard fils et femme Diseur, sans rien découvrir. Quant à M. Valache, sur les sept anarchistes de Fumay et les deux de Haybes chez lesquels il a opéré, il n’a rencontré qu’un placard En Russie, chez Galloy Eugène.

Je dois ajouter que si tous les ouvriers carriers de Fumay emploient journellement la dynamite, ils la conservent rarement chez eux, mais généralement dans des anfractuosités de rochers près de leur chantier et que tous ceux d’entre eux (et ils sont nombreux) qui demeurent en Belgique, où la dynamite se vend librement, l’apportent dans leur poche au fur et à mesure des besoins.

Quoi qu’il en soit, je crois pouvoir dire que ces perquisitions, faites discrètement, ainsi que vous le prescriviez, mais qui n’ont pas été sans émouvoir le public, ont produit un effet salutaire.

Le Préfet.

Source : Archives nationales F7 12507

Lire le dossier complet : Les anarchistes dans les Ardennes

Les abonnés à la Révolte, au Père Peinard et les dépositaires du Libertaire dans les Ardennes.

Abonnés à la Révolte :

Balle A. à Hiraumont, puis Rocroi, poste restante à Givet.

Badré-Mauguière dépositaire, marchande journaux à Revin.

Boursier à Maizy par Beaurieux

Cordier Antoine à Renwez

Grim, modeleur à Auvillers les Forges

Guillemin-Remy à Aiglemont

Rose, pharmacien à Wasigny

Thomassin Nicolas, dépositaire, 26 rue Colette à Mézières

Vignon (Madame), libraire rue Daumesnil à Sedan

Abonnés au Père Peinard :

Baicry , Sedan

Caniard, Braux

Cordier Antoine, Renwez

Martin-Coupaye, place d’Armes à Fumay

Faucheron Lucien, tisseur à Angecourt par Remilly

Gonec, 10 rue Vital à Revin

Guilbeaux Pierre, Monthermé

Antoine Jules, Duchamp par Renwez

Marteaux M. J. B., les Mazures

Martin Eu., 10 rue du quai à Fumay

Pernelet Hubert, Bourg-Fidèle

Routa-Barré, Revin

Thomassin, 12 rue Colette, Mézières

Tisseron, 15 rue du Daga, Charleville

Abonnés au Libertaire (décembre 1897) :

Beaucamp, 5 rue de l’Horloge, Sedan

Colas, libraire, 3 Fontaines à Mouzon

Cornu Paul, 1 rue des Tanneries, lieu dit Clair de Lune à Attigny

Gualbert Debouches, la Forge, Nouzon

Roger Emile, 76 rue du Petit Goberau, Nouzon

Romans, journaux, Deville

Louvigny, 51 rue d’or, Bruxelles

Liste des dépositaires du Libertaire avec nombre d’exemplaires (19 mars 1898) :

Romans, Deville 4

Roger Emile, 76 rue du Petit Gobron, Nouzon 5

Source : Archives nationales F7 12506

Les 25 adhérents du groupe anarchiste Les Sans Patrie de Charleville (Ardennes). 5 janvier 1894

Préfecture des Ardennes

Cabinet du Préfet

Direction de la Sûreté générale

4e bureau

Mézières le 5 janvier 1894

Monsieur le ministre,

Le groupe anarchiste des Sans Patrie de Charleville, a été fondé, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous l’écrire le 15 décembre dernier, par Thomassin de Mézières, dans une réunion tenue chez lui 10 rue Colette à Mézières, le 18 octobre 1891. Peu nombreux au début, il s’accrut grâce à l’active propagande de son fondateur, jusqu’à compter environ 25 adhérents.

On peut citer : Baijot Jean Nicolas, Baijot Léon Gaston, Barthélemy, Bauda, Compas, Delattre, Devallée, Didelot, Gosset, Lamoureux, Liébaux, Louvigny, Malfait Hubert Paulin, Mailfait Paul Jumes, Maré, Michaux, Moray, Nivoix, Pata, Romary, Tisseron, Thomassin, Troclet, Van Praët Laurent, Van Praët Fraunçois.

Les premières réunions qui se tenaient chez Thomassin, ont continué chez Romary, débitant à Mézières, Bauda, Mouny, Galichet, débitants à Charleville. Le groupe organisa sous son patronage une tournée de conférences de Sébastien Faure.

En 1892 plusieurs de ses membres furent compromis dans une affaire d’excitation à la désertion (du soldat Loriette), une instruction fut ouverte contre eux pour association illicite et le groupe se désorganisa, n’ayant plus, malgré les invitations du Père Peinard, que des réunions de plus en plus espacées, et dans des lieux écartés, notamment près du Moulin Godart, écart de Charleville.

Toutefois en octobre et novembre 1893, les réunions reprirent chez Louvigny, à Charleville, J. B. Clément y assista même une fois m’a-t-on dit. A l’heure actuelle je les crois interrompues.

Le groupe des Sans Patrie doit être relié à celui des Déserteurs et réfractaires français à Londres, Liège et Bruxelles, et Thomassin et Tisseron en seraient les correspondants.

Le Préfet.

Source : F7 12507

Le groupe anarchiste Les Déshérités de Nouzon (Ardennes). 5 janvier 1894

Préfecture des Ardennes

Cabinet du Préfet

Direction de la Sûreté générale

4e bureau

Mézières le 5 janvier 1894

Monsieur le ministre,

Le groupe anarchiste Les Déshérités de Nouzon ; s’est constitué au commencement de 1892 toujours à l’instigation de Thomassin de Mézières, il comprend une quinzaine de membre notamment les frères Bouillard ; Brasseur dit Le gros Colo, Roger, Cannepin, Copine, Demoulin, Harang, Henri Pilard dit Colas Colette, Gervaise, Valet, Malicet, Michaux, Gualbert, Louis Théophile.

Les réunions se tiennent chez Malicet, perruquier et chez Michaux, débitant. C’est dans le Père Peinard que paraissent les convocations et les compte-rendus.

A la suite du 1er mai 1893, quelques uns des Déshérités de Nouzon ayant été poursuivis pour rébellion et association illicite, le groupe se désorganisa et depuis le départ de Roger pour l’armée (8e d’artillerie à Chalons) il ne semble plus qu’il se soit réuni.

Il était en correspondance avec Genève, Zurich et Londres par l’intermédiaire de Roger ainsi que du grand Bouillard.

Le Préfet.

Source : Archives nationale F7 12504

Lire le dossier : Les anarchistes dans les Ardennes

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (8)

Audience du mercredi 11 novembre 1891.

L’audience est reprise à 8 h. ¾, devant un public peu nombreux.

Me Philippoteaux, défenseur de Chuillot, exprime d’abord, devant la difficulté de sa tâche, le regret que Me Millerand ne soit pas venu défendre son client. Puis, recherchant où sont dans cette affaire les vraies responsabilités, il les trouve dans la criminelle propagande des meneurs et des exploiteurs des libertés publiques. Chuillot, avec l’ardeur et la sève de ses vingt-six ans, devait tomber dans le piège et se laisser dominer par les hommes qu’il croyait être les sincères défenseurs de la classe ouvrière. Malgré les renseignements fournis sur le compte de Chuillot par la police ou la gendarmerie, Chuillot a toujours été un excellent ouvrier. Son rôle dans cette affaire a été plus effacé qu’on ne l’a dit, et sa faute se réduit à une complicité légère, car, en somme, dit-il, il est loin d’être l’auteur principal des attentats, Me Philippoteaux demande donc un acquittement pour son client qui, ayant le cerveau déséquilibré, n’est pas responsable des actes que lui ont fait commettre les meneurs anarchistes de Revin. Et, citant la dernière phrase de l’article écrit hier par notre collaborateur Dominique, le défenseur en prend texte pour inviter le jury à se montrer indulgent en acquittant Chuillot.

A son tour, Me Noizet présente la défense de Druard. Il explique d’abord pour quelles raisons Druard dut abandonner sa femme qui, dit-il, employait à boire l’argent que lui remettait son mari pour les soins du ménage et des enfants. Druard, ainsi que le certifie un de ses patrons, n’aurait pas cessé d’être un ouvrier honnête et estimé de ses camarades, au contraire de ce qu’à avancé un commissaire de police mal renseigné. C’est ainsi que le 1er mai, tandis que les socialistes de Revin promenaient le drapeau rouge, Druard entré le matin à 5 heures à l’atelier, n’en est sorti que le soir à sept heures, sans avoir montré aucun velléité de manifestation. Il paraîtrait, dit le jeune et éloquent défenseur, que l’instruction aurait confondu l’accusé avec un autre Druard bien connu à Revin pour ses opinions avancées. Quant à la participation de l’inculpé aux attentats de Revin et de Charleville, l’accusation n’apporte pas la preuve de sa complicité. Il n’a été à la vérité que le jouet des auteurs du crime, et, si l’on veut en faire le bouc émissaire, c’est que ses co-accusés se sont entendus pour le charger. Mais Druard n’a à répondre que d’un fait : or, ce fait, le ministère public n’en a pas apporté la preuve matérielle. Le jury doit donc l’acquitter.

La parole est donnée de nouveau à Me Picart, cette fois pour la défense de de Martin. L’honorable avocat dit d’abord que les plaidoiries de ses confrères ont rétabli exactement les faits de l’affaire et montré sous leur véritable jour les co-accusés de Martin. Celui-ci à son tour n’est pas le Martin qu’à dépeint l’accusation. Les certificats des gens les plus honorables sont tous en sa faveur. Martin a toujours eu une conduite irréprochable, il n’a jamais été l’objet d’une plainte. Il n’a jamais su à quel emploi était destiné la dynamite. Ses camarades et lui n’ont certainement pas eu une pensée homicide. Et donnant lecture des principaux passages de l’article paru hier dans nos colonnes, Me Picart demande avec émotion au jury un « verdict d’apaisement. »

La défense de Raguet est présentée en une courte mais élégante et habile plaidoirie par Me Jacquemin, du barreau de Sedan. Raguet, dit-il, ne comparaît que parce qu’il aurait fourni une partie de l’instrument ayant servi à des attentats conçus, décidés et exécutés en dehors de lui. Le rôle de Raguet a été complètement pasif. Raguet n’a d’ailleurs jamais été anarchiste. Le maire de Fumay, M. Dunaime, conseiller général, et M. Jacquemart, député, affirment dans des lettres écrites à Me Jacquemin que Raguet est un très bon ouvrier. Il faisait partie du Comité républicain et ne s’occupait pas d’anarchie. Aussi, comme ses confrères, Me Jacquemin espère l’indulgence du jury.

En commençant son intéressante plaidoirie, Me Bougon s’écrie qu’il lui tardait d’implorer la clémence des jurés pour son client. Graux est prévenu d’avoir caché les cartouches dans son jardin. Il l’a fait par simple complaisance pour Chuillot. Me Bougon lit un grand nombre de certificats témoignant en faveur de son client, notamment une lettre de l’administrateur du Familistère de Guise donnant de bons renseignements sur son travail. Pour lui, encore plus que pour les autres, je jury doit être clément.

Les répliques

M. le procureur de la République répond en quelques mots vigoureux aux plaidoiries des avocats. Il dit que si des variations se sont produites dans les interrogatoires des accusés, c’est par suite d’une entente générale entre eux. Les aveux qu’ils ont faits à l’instruction constituent une preuve indiscutable de leur culpabilité à tous. L’organe du ministère public veut bien reconnaître que les inculpés ont subi l’influence morale des meneurs, mais il fait la part de cet entraînement en leur accordant les circonstances atténuantes. Le jury devra faire son devoir de défenseur de la société.

A cette nouvelle accusation ardemment soutenue par M. le procureur Bourgueil, les avocats répondent tour à tour par de brèves répliques. Une seconde fois, ils supplient le jury en cette affaire humainement, l’impartialité, avec tout l’indulgence d’hommes intelligents ayant à se prononcer sur des hommes simples qu’on a entraîné à mal faire les conseils pernicieux de meneurs restés dans la coulisse.

Le verdict

A midi, le jury entre dans la salle de ses délibérations.

Il en sort une heure après en rapportant un verdict de culpabilité, mitigé par les circonstances atténuantes pour Bigel, Bourgeois et Chuillot, – et un verdict d’acquittement pour Druard, Martin, Raguet, Cordier et Graux.

En conséquence, la cour prononce l’acquittement et ordonne la mise en liberté immédiate de Druard, Martin, Raguet, Cordier et Graux.

Les trois autres accusés demandent l’indulgence de la Cour.

Bigel, Bourgeois et Chuillot sont condamnés chacun à sept ans de travaux forcés et dix ans d’interdiction de séjour.

En entendant le prononcé du jugement, Bigel pleure, Bourgeois se montre accablé ; seul Chuillot conserve l’impassibilité la plus complète. Au moment de quitter la salle, Bourgeois se tourne vers le public et lui crie : « On vient de condamner ma femme à mort ! »

Le Petit Ardennais 12 novembre 1891

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (7)

Le réquisitoire

M. le procureur de la République adjure le jury de se montrer très sévère, à l’égard des accusés qu’il considère comme plus coupables que des incendiaires et des criminels ordinaires. Il passe ensuite en revue les divers attentats commis par les inculpés et examine point par point les faits qui leur sont reprochés. Après l’edes faits, M. le procureur ajoute que l’un des camarades accusés Durbecq a été mis en liberté parce que sa complicité n’a pas été suffisamment établie, et qu’un autre, Blin, a été condamné en correctionnelle à trois mois de prison pour détention illégale de dynamite.

Après avoir résumé avec netteté et une habileté remarquable toutes les péripéties de cette affaire, M. le procureur insiste éloquemment sur les responsabilités de chacun des inculpés. Il reconnaît qu’à tous, il faudra accorder des circonstances atténuantes, car, sans cela, ce serait pour chacun la peine de mort. Enfin dans une péroraison courte mais très énergique, M. le procureur de la République, supplie le jury de ne pas oublier qu’ils ont le devoir de défendre la société contre ceux qui veulent la menacer, pour montrer aux ouvriers qu’ils doivent rechercher le progrès par d’autre moyens que le crime et l’épouvante.

Après ce réquisitoire, prononcé d’une voix ferme et qui a paru impressionner fortement l’auditoire, l’audience est suspendue et reprise à quatre heures et demie, devant une salle absolument comble.

Les plaidoiries

C’est Me Descharmes, avocat de Bigel et de Cordier, qui a le premier la parole. Reprenant la vie de Bigel, le défenseur le montre se conduisant assez bien jusqu’à son arrivée à Revin. Là, ce fut Bourgeois qui le perdit en pesant sur lui de son autorité de contre-maître. Ce caractère vantard et facile à conduire fut habilement exploité par Bourgeois et Chuillot qui n’eurent pas de peine à en faire leur instrument.

Me Descharmes termine sa plaidoirie en demandant les circonstances atténuantes pour Bigel et l’acquittement pour Cordier.

Après lui, Me Picart prend la parole pour défendre Bourgeois. Il fait d’abord l’historique des syndicats dans les Ardennes, cherche dans l’agitation politique de ces dernières années la véritable cause des faits reprochés aux inculpés, et après avoir fait le procès des meneurs qui poussent les ouvriers, il montre en Bourgeois une victime inconsciente des propagateurs de l’anarchie.

Excellent ouvrier – les certificats de ses patrons l’attestent, – Bourgeois ne lui paraît d’ailleurs nullement capable d’avoir posé la cartouche à la gendarmerie de Revin. Père de famille, il doit être rendu à ses enfants, qui sans lui tomberaient dans la misère. Le jury rendra certainement, dit Me Picart, un verdict d’acquittement en sa faveur, comme il devrait le faire pour tous ses co-accusés, car ce qui doit sortir de ces débats, c’est un verdict d’acquittement.

Après cette brillante plaidoirie, qui a duré près de deux heures, l’audience est levée à 7 heures ¼ du soir et renvoyée à mercredi matin, 8 heures ½.

Il est probable que le verdict sera rendu vers midi ou une heure.

Le Petit Ardennais 11 novembre 1891

Lire : L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (1)

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (2)

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (3)

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (4)

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (5)

L’affaire de la dynamite à Revin et Charleville (Ardennes). 10 novembre 1891 (6)