Ravachol à la Conciergerie. 31 mars 1892

Sûreté                                                         Paris le 31 mars 1892

Surveillance auprès du nommé Ravachol

Rapport

Pendant la surveillance exercée auprès du nommé Ravachol, ce matin de 8h à midi ; rien d’anormal ne s’est passé.

Il ne nous a pas tenu de propos au sujet de ce qu’il lui est reproché, mais que selon lui, il serait condamné aux travaux forcés, et nous a demandé si nous connaissions la façon dont sont traité ce genre de condamné.

Il a fait une promenade de 10h à 10h ½.

Monsieur le directeur de la Conciergerie lui a rendu visite ; Ravachol n’a formulé aucune réclamation.

Nous avons été relevés par nos collègues Charlet, Lécureuil, Tréard.

Les inspecteurs.

(signatures illisibles)

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Sûreté                                                         Paris le 31 mars 1892

Rapport

Au cours de la surveillance exercée ce jour de midi à 7 heures du soir, près le nommé Koënigstein dit Ravachol détenu à la Conciergerie. Il a reçu la visite de M. le docteur, qui lui a demandé comment il se trouvait, sur la réponse négative de celui-ci qu’il n’était pas malade, M. le docteur s’est retiré.

Vers 4 heures, le directeur est également venu lui rendre visite, ils n’ont pas tenu conversation.

Il nous a entretenu pendant quelque temps de ses théories anarchistes, disant que la bourgeoisie avait tout en abondance et que l’ouvrier souffrait, c’est pourquoi il espérait qu’un jour nous serions tous égaux, et qu’enfin ils seraient vainqueurs.

D’autre part Ravachol paraît être très ennuyé pour l’assassinat qu’il a commis à Saint-Étienne, pour la dynamite, il dit qu’il sait qu’il ne sera pas puni sévèrement.

Son attitude a été assez correcte, il n’a pas eu d’emportement et n’a pas proféré de menaces.

Nous l’avons accompagné à la promenade pendant quelques instants.

Sur sa demande, il lui a été procuré un livre de science, intitulé L’électricité et il s’est couché à 7 heures.

Charlet, Lécureuil, Tréard

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Sûreté                                                          Paris le 31 mars 1892

Rapport

Surveillance sur le nommé Ravachol

Nous avons l’honneur de rendre compte à Monsieur le commissaire de police, chef du service, que le nommé Ravachol qui a fait l’objet d’une surveillance de 7 heures du soir à minuit était couché et endormi à notre arrivée, et dormait encore, lorsque nous avons été relevés par nos collègues.

Manny, Richer, Sénard

SOURCE : Arch. Préf. de pol. JA 8

Le groupe anarchiste la Plèbe de Béziers en 1881

Paris, 17 juillet 1881

Extrait d’un article du journal La Révolution sociale classé au dossier 21000Rg

Parmi les groupes anarchistes cités par le journal La Révolution sociale, on cite :

le groupe la Plèbe dont le correspondant est François Pélissier, rue de la Citadelle à Béziers.

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Béziers, 24 janvier 1881,

Extrait d’une copie de lettre signée Marty, classée au dossier 204962

Compagnons de La Révolution sociale,

La présente vous apprendra que le Cercle des Amis réunis ayant déjà aboli présidences et statuts depuis 3 ans, a voulu aussi s’affranchir de l’impôt que l’Etat lui imposait et, pour se faire, s’est transformé en groupe La Plèbe, anarchiste révolutionnaire.

Nous allons continuer à marcher droit devant nous sans tenir compte des obstacles que nous pouvons rencontrer sur le chemin, que ces obstacles viennent des bourgeois ou de ces révolutionnaires pour rire qu’ils soient trompeurs ou trompés.

Nous ne reconnaissons qu’un but : la Justice ou l’Egalité sociale ; qu’un moyen pour y arriver : la force faisant la révolution sociale et nous inscrirons sur notre drapeau : qui n’est pas avec nous est contre nous et la Révolution.

Siège social du groupe : café Azam, 1er étage, avenue de la Gare.

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Préfecture de police                              Béziers le 26 février 1881

Cabinet 1er bureau

La Plèbe, groupe anarchiste révolutionnaire, commune de Béziers

Lettre communiquée par Stolz

Compagnon,

Vous voudrez bien excuser notre retard à répondre à votre lettre, lorsque vous saurez que notre groupe composé exclusivement de travailleurs, ne se réunit que le samedi soir de chaque semaine, voilà pourquoi ce soir, après une discussion approfondie du manifeste en question, nous avons décidé, à l’unanimité, d’adhérer audit manifeste.

Quant à faire quelque chose, nous ferons notre possible pour, au congrès régional de Cette, faire nommer un délégué anarchiste pour représenter la région du Midi au Congrès international de Londres, sinon nous ferons notre possible pour aider à son organisation ou à solder d’autres délégations françaises.

En attendant de vous lire, nous envoyons notre adhésion au manifeste.

Salut et Egalité

Pour le groupe La Plèbe de Béziers : les délégués à cette effet.

Signé : Marty, P. Servent, F. Guy, 2 rue d’Arcole, Pelissier François, F. Marty, Laffitte

Compagnon,

Me trouvant à Béziers, parmi mes compagnons de la Plèbe et ayant pris communication de votre manifeste relatif au Congrès international de Londres, je viens vous donner mon adhésion au nom de mes compagnons de la Montagne de Carcassonne.

Pour le groupe

Signé G. Girbat

Ma nouvelle adresse 2 rue d’Arcole

Signé F. Guy

SOURCE : Arch. Préf. de pol. Ba 1499

Les correspondants à Béziers et Bédarieux du groupe parisien l’Anarchie en 1882

PARIS. SAMEDI 23 OCTOBRE 1882
LES RÉVOLUTIONNAIRES A PARIS
Ils se sont mis à dix ce matin, dans la presse intransigeante, pour démontrer — ce que nous avions pris soin de leur dire tout de suite nous-même — que les anciens groupes révolutionnaires de Blanqui avaient servi de cadres tout faits pour les nouveaux groupes anarchistes, et comme la logique ne perd jamais ses droits, avec les gaillards de L’Intransigeant, du Radical, de la Vérité, de la Marseillaise et autres feuilles communardes, ces mêmes hommes qui nous reprochent d’avoir raconté au public des faits déjà publiés, nous accusent en même temps d’être des dénonciateurs. Il faudrait s’entendre : si tout le monde connaissait l’organisation dont nous avons parlé, nous n’avons dénoncé personne. Au lieu de se perdre dans cette étrange contradiction, les bons amis des chevaliers de la dynamite auraient mieux fait sans toute de s’expliquer sur les sentiments qu’ils nourrissent à l’égard des assassins de Lyon et, plus généralement, de tous ceux qui déclarent par avance vouloir employer les moyens violents, l’incendie, le meurtre et le vol, pour faire triompher leur cause. Jusqu’il présent nous ne connaissons que M. Henry Maret qui ait protesté contre l’emploi de tels modes de propagande. C’est un hommage que nous lui rendons et dont il sentira probablement tout le libéralisme.
Quant à M. de Lanessan, il choisit juste le moment où tous ses amis confirment explicitement les renseignements que nous avons donnés, pour prétendre qu’ils sont faux. « Toute cette mise en scène s’ écroulerait, dit-il, comme le décor d’une féerie, le jour où, à la place des initiales que donne Paris, on essaierait de mettre des noms. ». Mais, grand homme que vous êtes, ces noms, vos amis les donnent. Lisez-les donc !
Au surplus, nous voulons être plus précis encore aujourd’hui que dans nos précédents numéros, et pour satisfaire pleinement nos contradicteurs, nous les avertissons — pour la seconde fois — que les groupes anarchistes dont nous avons donné l’énumération ne sont pas, à notre connaissance, les seuls qui vivent à Paris.
Un jeune agitateur a, en effet, fondé récemment une société indépendante à laquelle il espère imprimer une marche plus rapide qu’au vieux parti blanquiste, un peu ankylosé. Cette société, qui s’appelle l’Anarchie, tout court, a d’ailleurs le même programme que la Fédération révolutionnaire internationale dont trous avons parlé : renversement du gouvernement actuel comme des autres gouvernements quels qu’ils soient, par tous les moyens en son pouvoir, y compris la dynamite. L’Anarchie comptait au début, à Paris, onze organisateurs, qui possédaient déjà une assez nombreuse clientèle, partagée entre leurs groupes et ceux que nous avons précédemment dénombrés. Elle a, en outre, des correspondants actifs à Marseille, Vienne, Saint-Etienne, Lyon, Cette, Béziers, Bédarieux, Rivesaltes, Perpignan, Toulouse, Libourne, Montchanin-les-Mines, Treigny (Yonne) , Reims et Amiens.
A Paris, depuis le ler octobre, la situation a changé. Les chefs de groupes sont maintenant au nombre de trente et un. Les vingt nouveaux adeptes se partagent entre les professions suivantes : 1 négociant, — 3 employés, — 3 ébénistes, — 1 sellier, — 1 serrurier, — 1 sculpteur, — 1 charpentier, — 1 bijoutier, — 1 tourneur, — 1 chaisier, — 1 cordonnier, — 1 chimiste, — 2 ciseleurs, — 1 outilleur, — 1 plombier.
Les délégués de Paris et de la province qui sont en correspondance avec le comité central résidant en Suisse, sont au nombre de 80. Ces groupes anarchistes ne sont pas exclusivement formés pour propager en France l’agitation révolutionnaire. Le but est international, comme l’avouait le manifeste genevois que nous avons publié hier. Ils ont comme associés à l’étranger des personnages, tous chefs de groupes dans leurs pays, et qui se distribuent de la façon suivante : En Italie, neuf délégués, tous Italiens. A Londres, cinq délégués, dont un allemand, deux Russes et deux anglais. En Suisse, quatorze délégués, dont dix Suisses, un Allemand, un Russe et six Français. Enfin, l’Anarchie a des correspondants jusqu’en Amérique, à Montevideo et à Boston. Elle en compte deux en Serbie et un en Espagne.
Est-ce tout ? Non. Il y a encore, à Paris, une autre société anarchiste révolutionnaire qui espère servir de lien entre toutes les autres. Celle-ci est peu nombreuse et ne s’est pas encore affirmée. Néanmoins elle est connue. Nous ignorons si la presse intransigeante aura l’audace de nier tous ces faits, dont nous avons les preuves. Elle a tant fait, depuis un an, que nous serions étonné qu’elle n’osât pas les contester. Nous la prévenons seulement que nous avons puisé tous ces détails dans des documents certains, émanant de ses amis, et dans des organes qui les ont déjà livrés à la publicité sans qu’on crût malheureusement devoir y attacher l’importance qu’ils avaient en réalité. La note que le gouvernement a trans mise hier à la presse nous fait espérer qu’en présence de ces menées aussi absurdes que coupables et qui ruineraient la République si elles étaient plus long temps tolérées, l’union est près de se refaire entre les fractions les plus divisées du parti républicain. il n’y a pas de doute en effet que, dans le Parlement de France, il se trouve une majorité pour donner raison au cabinet quel qu’il soit qui posera la question en ces termes : Êtes-vous pour les compagnons de la dynamite ? Êtes-vous pour la République progressiste ? .
Ch. Laurent

Paris 29 octobre 1882

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Préfecture de l’Hérault                                               Montpellier le octobre 1882
Cabinet du Préfet
Personnelle et très confidentielle

Monsieur le Sous-préfet de Béziers,
Le journal  Paris dans son numéro du 29 octobre signale la présence à Béziers et à Bédarieux de correspondants actifs du groupe l’Anarchie.
J’ai l’honneur de vous prier de vérifier immédiatement l’exactitude de ce renseignement et de me faire connaître tout au moins sur quels indices pourraient se porter vos soupçons.
Vous aurez soin de faire, dès maintenant, exercer une surveillance occulte des plus étroites aux différentes personnes que vous supposez être en relation soit avec le groupe précité, soit avec tout autre groupe socialiste-anarchiste.
Il serait bon de vous entendre à ce sujet avec le Receveur des Postes.

Hérault                                                             Béziers le 4 novembre 1882
Sous-préfecture de Béziers
Cabinet du Sous-préfet
Béziers et Bidarieux Groupes anarchistes
Monsieur le Préfet
En réponse à votre lettre du 2 novembre courant concernant les individus du groupe l’Anarchie signalés par le journal Paris dans son numéro du 29 octobre dernier, j’ai l’honneur de vous informer que j’ai immédiatement transmis des ordres très sévères à M. le commissaire central de Béziers et à M. le commissaire de police de Bédarieux, leur demandant, selon vos instructions, d’avoir à s’entendre avec MM. Les Receveurs des Postes de chacune de ces localités.
D’autre part, j’ai signalé à ces mêmes fonctionnaires quatre individus que M. votre prédécesseur m’avait chargé de faire surveiller par lettre des 3 et 12 octobre 1881.
Ces individus sont les nommés :
Claude Servant, du groupe la Plèbe de Béziers
Marty, libraire du groupe à Béziers
Pélissier François du groupe de la Plèbe, rue de la Citadelle à Béziers
Pagès, du groupe anarchiste, demeurant faubourg Saint Louis à Bédarieux.
Toutes les mesures sont prises pour que ces individus soient très activement surveillés. Je vous tiendrai, d’ailleurs, au courant de leurs agissements.
Le Sous-préfet

SOURCES :
Paris 29 octobre 1882 et AD Hérault 1 M 1091

Les anarchistes sétois et leur journal Le Droit naturel en 1882

Ministère de l’intérieur                                          Paris le 27 octobre 1882

Direction de la Sûreté générale

Cabinet du directeur

Monsieur le Préfet,

Je suis informé qu’il se fait à Cette* une propagande anarchiste des plus actives dont les auteurs seraient les nommés :

Sibilat Jules, rue Ribot

Hébrard Louis, tailleur de pierres, secrétaire du Cercle du travail, rue Chercheur prolongée

Hébrard Clément, tailleur de pierres, membre du groupe des Choeurs de chênes, chemin Caranssonne

Donnadieu Isidore, employé de commerce, secrétaire du Cercle du travail et du groupe La Révolte

Poujol Achille, employé de commerce (café Bosio) secrétaire du groupe L’Audace

Michel, employé de commerce chez Chauvin, secrétaire de l’Egalité sociale

Verdale Pascal, charretier, rue de l’Hospice, maison Vergé, membre du groupe La Misère

Cassuis, tailleur de pierres, rue St Louis, membre du groupe La Misère

Je vous prie de vouloir bien m’adresser immédiatement des renseignements précis sur ces différents individus et prendre les mesures nécessaires pour qu’une surveillance occulte des plus étroites soit exercée sur chacun d’eux.

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Le Directeur de la Sûreté générale                                  le 31 octobre 1882

Préfecture de l’Hérault Montpellier

Cabinet du Préfet

Direction de la Sûreté générale

Monsieur le Ministre de l’intérieur et des cultes,

Avant hier, M. le commissaire central de Cette m’avait signalé les tentatives faites par le parti anarchiste pour embaucher les quelques hommes(150 environ) qui forment à l’heure actuelle toute la garnison de la ville et qui appartiennent au 27e bataillon de chasseurs à pied.

J’ai voulu me rendre compte par moi-même de la situation et je suis allé incognito, dans la journée d’hier, à Cette.

J’ai profité de ce voyage pour remplir les instructions contenues dans la dépêche personnelle que m’a adressé hier, M. le directeur de la Sûreté générale et j’ai donné des ordres au commissaire central pour faire exercer autour des individus qui sont (?) la plus étroite surveillance.

Il les connaissait, d’ailleurs, déjà et je savais à quoi m’en tenir sur leur attitude et leur (?). Mais aucun d’entre eux ne me paraissait bien redoutable, je n’avais pas cru devoir vous les signaler.

Le premier, Sibilat est un mécanicien qui a été envoyé à Cette pour liquider la faillite de la (coutellerie?) mécanique. C’est un homme d’une intelligence fort ordinaire.
Il avait, il y a quelque temps, manifesté hautement ses intentions d’arborer des drapeaux rouges aux fenêtres du Cercle du travail, dont il est un des principaux membres.

Sur un simple avis du commissaire central, il renonça à son projet. C’est un homme peu dangereux et craintif.

Hébrard Louis, tailleur de pierres, a été délégué à deux ou trois congrès ouvriers, notamment à celui du Havre et à celui de St Etienne. Il n’a assisté à aucun des derniers qui ont été tenus.

Hébrard Clément, Donnadieu, Poujol sont des hommes sans valeur et sans influence mais orgueilleux et qui cherchent avant tout un moyen de se mettre en avant.

Michel qui est actuellement employé de commerce chez Chauvin était précédemment chez un notable commerçant, M. Auriol. Il n’a quitté cette maison que parce qu’il trouvait ailleurs un salaire plus fort. Il a pris plusieurs fois la parole dans des réunions publiques et n’a jamais recueilli que des rires et des huées.

Cassuis est un malheureux qui ne jouit pas de toutes ses facultés et (?) que les anarchistes n’ont pas (?) à leur projet de sa faiblesse d’esprit.

Quant aux nommés Verdale et Lacroix, ils méritent plus d’attention que les précédents.

Verdale, individu peu intelligent mais très exalté a été le gérant d’un organe anarchiste révolutionnaire intitulé le Droit naturel qui a disparu au bout de très peu de temps et dont je vous adresse ci-joint le numéro spécimen.

Lacroix Satan tient un café dit Café du Couveratoire (?) rue Montnouverez (?). C’est dans cet établissement que se réunissent les membres des différents groupes signalés par la dépêche précitée de M. le directeur de la Sûreté générale.

J’ai donné des ordres pour qu’une surveillance spéciale soit exercée sur Verdale et Lacroix, ainsi que sur le café tenu par ce dernier.

Enfin, M ; le ministre, il est deux individus que je crois beaucoup plus redoutables que ceux dont je viens de vous entretenir.

L’un est un nommé Couturier, fabricant de futailles, l’autre un tailleur de pierres, nommé (?) que j’ai eu l’honneur de vous signaler dans un rapport adressé hier, sous le timbre Cabinet du Ministre.

L’un et l’autre sont, j’en ai la preuve, des agents actifs et remuants du parti anarchiste.

Le dernier notamment qui a reçu, jusqu’à ces derniers temps, de nombreuses correspondances, me semble particulièrement dangereux.

J’ai lieu de penser que c’est le correspondant actif du groupe l’Anarchie, signalé par le journal Paris du dimanche 29 octobre courant.

J’espère être tenu au courant de la correspondance de ces deux individus. Il y aurait un grand intérêt à la saisir à un moment donné. Je n’ai pas voulu prendre cette mesure avant de vous en référer et je vous serais reconnaissant de vouloir bien me donner par télégramme des instructions à ce sujet.

Au commencement de ce rapport, je vous ai parlé des tentatives d’embauchage de la troupe qui m’avaient été signalées.

Je n’en ai pas été surpris sachant que le dépôt du 27 bataillon de chasseur était composé, pour la presque totalité d’hommes appartenant à la région et dans lesquels il serait impossible de compter au cas où un mouvement viendrait à se produire mais que je me suis immédiatement occupé de remédier à une situation qui pouvait avoir les conséquences les plus graves.

Je me suis mis en rapport avec le général en chef (illisible)

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Ministère de l’Intérieur                                            Paris le 7 novembre 1882

Direction de la Sûreté générale

1er bureau

Monsieur le Préfet,

Par votre rapport du 31 octobre dernier, vous m’avez communiqué le premier numéro du journal Le Droit naturel, organe anarchiste révolutionnaire de la région du Midi, publié à Cette.

Je vous serai obligé de vouloir bien me faire connaître si cette feuille a continué ses publications, et, dans le cas de l’affirmative, de m’en envoyer le plus tôt possible la collection complète.

Le Directeur de la Sûreté générale

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Préfecture de l’Hérault                                               Montpellier le 9 novembre 1882

Cabinet du Préfet

Objet : Direction de la Sûreté générale

Monsieur le Ministre de l’intérieur et des cultes

Par votre dépêche du 7 novembre, vous voulez bien me demander si le journal le Droit naturel, organe anarchiste révolutionnaire de la région du Midi a continué sa publication.

Permettez-moi de vous rappeler les termes d’un des paragraphes de mon rapport du 31 octobre dernier auquel fait allusion votre dépêche précitée :

« Verdale, individu peu intelligent mais très exalté a été le gérant d’un organe anarchiste révolutionnaire intitulé le Droit naturel, journal qui a disparu au bout de très peu de temps ».

Le Droit naturel n’a eu en effet que deux ou trois numéros, au mois d’avril dernier. Il n’a plus reparu depuis cette époque.

SOURCE : AD Hérault 1 M 1091

*Renommée Sète

VON GUNTEN Auguste

Né le 28 juin 1870 (ou 1876 ?) à Sigriswil (Berne) – Graveur – Militant anarchiste à Besançon (Doubs) et La Chaux de Fonds (Suisse).

En mars 1893, Von Gunten faisait paraître dans le Père Peinard cet entrefilet : « Les compagnons sont avertis de ne plus correspondre avec Von Gunten à La Chaux-de-Fonds« .
Militant anarchiste suisse, Auguste Von Gunten était également au début des années 1890 l’animateur d’un groupe à Besançon (Doubs) dont étaient également membres les Reuge (père et fils), Dulché et Termelet. Son expulsion et celle des Reuge le 6 octobre 1893 mit fin semble-t-il à l’existence de ce groupe. .

Il fut condamné le 19 janvier 1894 à La Chaux-de-Fonds à 4 mois de prison et 1.000fr. d’amende – assorti de 200 jours de prison en cas de non paiement – pour avoir diffusé le manifeste anarchiste La guerre des pauvres contre les riches. Avaient également été condamnés à la même peine Bitterlin, Monnin,Reuge et Janner. En 1895, en raison de ses idées anarchistes, il fut exclu du Cercle ouvrier de La Chaux-de-Fonds.

SOURCES : Arch. Dép. Côte d’Or, 20M242. — Arch. Nat. F7/12504 — L’Avenir, Genève, 28 janvier 1894 — Journal de Genève, 24 janvier 1894 — Le Père Peinard 26 mars 1893 — Chantier biographique des anarchistes en Suisse. — État signalétique des anarchistes étrangers expulsés de France, n°6, août 1894.

MARCOT Ernest

Né le 24 août 1870 à Beaucourt (Territoire de Belfort). Vendeur du Père Peinard, vendeur de légumes et poissons. Militant anarchiste à Beaucourt.

Ernest Marcot, fils d’un cafetier et buraliste, était au début des années 1890 l’animateur du groupe anarchiste de Beaucourt .
En 1893, il était vendeur à la criée du Père Peinard. Le journal anarchiste raconte les premiers pas de son diffuseur : «  Il a fallu, – pas mèche de faire autrement ! – autoriser le copain Marcot à vendre le Père Peinard. Les salauds voudraient bien lui foutre dans les abattis un arrêté cipal : mais, y a pas plan ! Ils sont prêts à toutes les crapuleries pourvu qu’elles soient permises par la mère Loi ; malheureusement pour eux leur sacré Loi a oublié de permettre cette crapulerie-là. Ce que les jean-foutres sont à cran d’être obligés de mettre les pouces et de laisser gueuler le caneton ! ». L’article était vraisemblablement envoyé par Jolissaint.
La vente du journal ne se passait pas sans problèmes, comme le racontait le Père Peinard : « Quand ils ont vu le Père Peinard partir en guerre contre eux, ils ont foutu tous leurs larbins en campagne. Et dam, comme ils sont au sac, ils ne manquent pas d’aboyeurs.
Leur premier coup a été de s’en prendre au copain vendeur : depuis trois semaines, y a pas de mistoufles que pandores et roussins n’aient pas tenté.
Ca a d’abord été des procès-verbaux, pour avoir crié le caneton ; puis, pour avoir collé une affiche de réunion avec timbre sur le bagne Jappy.
Un autre jour, on lui saisit 40 kilos de poisson qu’il avait acheté pour revendre, sous prétexte que n’ayant pas de patente, ça lui était défendu. On le lui a rendu le lendemain, tout était pourri !
« 
Il adressa un plainte au procureur de la république contre le brigadier de gendarmerie de Beaucourt pour l’avoir appelé dans un procès-verbal « Marcot dit Ravachol »
Marcot fut aperçu en compagnie de Von Gunten qui résidait à la Chaux-de-Fonds et était venu à Besançon où un arrêté d’expulsion avait été pris contre lui.
Marcot aurait cessé de vendre le Père Peinard après l’expulsion de Jolissaint le 12 octobre 1893, militant qui animait avec lui le groupe anarchiste.
Suite à une perquisition en janvier ou février 1894, il avait promis de ne plus s’occuper d’anarchie et avait repris son métier de vendeur de légumes.

SOURCES : Arc. Nat. F7/12508, BB18 6449 — Le Père Peinard du 1er octobre, 15 octobre 1893.

JOLISSAINT Charles Albert

Né en 1851 à Beaucourt (Territoire de Belfort), maître menuisier. Militant anarchiste à Beaucourt

De parents suisses, ayant une certaine aisance qu’il dissipa en procès, abandonné par sa femme qu’il maltraitait, condamné en correctionnelle pour violence, accusé, mais sans preuve en 1885, d’avoir incendié sa maison.
Jolissaint fut vraisemblablement l’auteur de plusieurs articles parus dans le Père Peinard : « Amour ! amour ! – Patrons en rogne – Les jappeurs de Jappy
En compagnie d’Ernest Marcot, vendeur du Père Peinard, il regroupa autour de lui d’autres anarchistes comme Bouillon vétérinaire, Aristide Jodry et des ouvriers socialistes tels Ottenat Henri, ajusteur, Hofer Justin ou Dermineur Auguste comptable, Nicot qui tenait l’hôtel de Bourgogne, Charles Vergon, ancien visiteur aux usines Jappy, débitant et conseiller municipal, Paul Edmond Hubner dit Sabot, garçon boucher, Armand Bandelier, Pierre Edmond Mégnin et Paul Alfred Milbergue.
Mais l’article du Père Peinard « Les jappeurs de Jappy » lui fut certainement fatal, en s’attaquant à de puissants employeurs : « Les exploiteurs Jappy sont en passe de devenir enragés. Ils ne se figuraient pas qu’on put jamais foutre leurs salopises en lumière….Eh bien, cré pétard, les Jappy auront beau mobiliser tous leurs lèche-fesses, ils ne m’empêcheront pas de gueuler qu’un chat est un chat et eux des exploiteurs« .
Les gérants de la maison Jappy portaient plainte auprès du procureur de la république mais celui-ci ne donnait pas suite estimant que la loi du 29 juillet 1881 n’assurait pas une répression sérieuse de semblable délits. Mais un autre moyen plus expéditif était employé : Jolissaint, de nationalité suisse, fut expulsé par arrêté du préfet du Haut-Rhin du 12 octobre 1893 et cette expulsion porta un coup fatal au groupe anarchiste en formation à Beaucourt.

SOURCE : Arc. Nat. BB18 6449. — Le Père Peinard 1er octobre, 8 octobre, 15 octobre 1893 — Les débuts du mouvement ouvrier dans la région de Belfort-Montbéliard, 1870-1914 par Daniel Vasseur

CHENET Marius

Né le 15 juin 1838 à Saint-Étienne (Loire). Demeurait à Saint Étienne, Paris puis Douvaine (Haute-Savoie). Indicateur de police.

Marius Chenet habitait Saint-Étienne 7, rue de la Montat jusqu’en 1869, mécanicien, il y servait d’indicateur de police.
Secrétaire-correspondant de la section stéphanoise de l’Internationale fondée en octobre 1869 par A. Richard, il fut remplacé par P. Dupin.
Dans un rapport, Testut qualifia Marius Chenet d’« agent du commissaire central de Saint-Étienne » ; et le passementier Louis Martin, de Lyon, membre de l’Internationale, écrivait en mars 1870 à Varlin, au nom de la Société de prévoyance et de solidarité des ouvriers passementiers de Lyon : « Cessez toute correspondance avec Chenet. Nous avons toutes les preuves en main qu’il est vendu à la police. »
Sous la Commune, il était capitaine des fédérés. Arrêté en 1871, écroué à Versailles, il s’évada le 8 novembre 1871 et se réfugia à Genève où il résida jusqu’à l’amnistie ( un jugement par contumace du conseil de guerre de Versailles en date du 9 mars 1872 l’avait condamné à la peine de mort).
Il s’installa ensuite à Douvaine (Haute-Savoie) vers 1878 et s’y maria.
En 1888, il était inscrit au groupe anarchiste « Bordat » et servait d’indicateur à la police. Il était l’un des principaux actionnaires de l’imprimerie jurassienne de Genève et entra en relation avec tous les groupes anarchistes étrangers.
Il se serait mêlé au mouvement nihiliste.
Il faisait imprimer des brochures et des manifestes qu’il envoyait en France où la police prévenue en opérait la saisie.
Le procureur général de Chambéry le qualifiait de « capable de tout, agent provocateur, dénonçant ses compagnons anarchistes, il offre tous ses services moyennant finances ».
Vers 1890, il aurait été en relations avec les anarchistes de Genève : Steiger, Herzig, Héritier et autres.
Puis il rentra à Douvaine.
En 1892 on le retrouvait à Saint Julien (Haute Savoie) qu’il quitta à la suite d’une rixe vers 1893, pour revenir à Douvaine. Il disparaissait parfois de son domicile pendant deux ou trois mois et on ne lui connaissait aucun moyen d’existence.

SOURCES : Arc. Nat. BB18 6449 — Arch. PPo., Ba/439, pièce 5050

QUESNEL, Gustave, Auguste dit Fulgence « DUTHEIL »

Né le 23 janvier 1854 à Saint Hilaire de Harouet (Manche) ; employé de commerce ; militant anarchiste de Dijon (Cote d’Or), Perpignan (Pyrénées-Orientales), Nîmes (Gard).

Gustave Quesnel (parfois orthographié Quenelle), était le fils d’un ancien juge de paix bonapartiste de la Manche qui continuait à lui faire une pension de 150 francs par mois. Il vivait avec une femme mariée qu’il avait « enlevée » vers 1893 à Toulouse.
Il avait été condamné à plusieurs reprises dans la Seine, au Havre, Béziers et Perpignan à diverses courtes peines pour « outrages, ivresses, coups et blessures ».

En 1893, il était allé à Barcelone avant de revenir en France et d’être localisé à Perpignan – où à l’automne 1893 il aurait été poursuivi et condamné pour « coups à un enfant ». À Perpignan, il fréquentait les anarchistes et vendait dans la rue le Père Peinard. Dans les Pyrénées-Orientales, il s’était présenté aux élections législatives successivement dans la 1ère et la 2e circonscription de Perpignan et avait fait une conférence qu’il termina par le cri : « Vive l’anarchie ! »-.
Il arriva à Nîmes le 5 décembre 1893, où il se mit en rapport avec les principaux anarchistes, fréquentait les buvettes mais ne se livrait à aucun travail. Il se présentait à tous les commissariats de police de la ville, sous prétexte de donner des renseignements sur les anarchistes mais « plus vraisemblablement pour connaître le personnel de la police » selon le procureur de Nîmes.
Il avait été perquisitionné et poursuivi le 26 février 1894 à Lyon pour « association de malfaiteurs » et utilisation de faux papiers mais avait été acquitté.
Il aurait collaboré au Peuple, journal socialiste quotidien de Lyon . Aurait-il été l ’auteur de deux articles sur l’attentat de Vaillant à la chambre des députés ? L’un des deux articles fut signé « L. Dutreuil » alors que le pseudo de Quesnel était Dutheil. Le procureur n’engagea pas de poursuites : «  il est trop évident qu’aucune disposition de la loi sur la liberté de la presse ne peut atteindre l’apologie à laquelle se livre complaisamment le journal lyonnais ».

Installé à Dijon, Gustave Quesnel avait été l’objet d’une perquisition en juin 1894 dans laquelle avaient été saisis diverses brochures et journaux anarchistes dont des exemplaires de La Mistoufe, Il Pensiero, La Révolte, de la correspondance et des chansons.

Arrêté dans un café avec François Monod pour s’être réjoui de l’assassinat du président Sadi Carnot par Caserio, il fut poursuivi avec Monod et Victor Gaillard et fut condamné le 10 août 1894 à Dijon à 3 ans de prison pour « affiliation à une société anarchiste » et « apologie de faits qualifiés de crime » tandis que Monod était condamné à 5 ans de travaux forcés et à la relégation.
Pouget et de Pressensé, firent le récit de cette affaire et du rôle joué par Quesnel : « Ce jour-là, le fripier était installé dans un café à femmes où l’avait conduit un louche personnage, Quesnel. On buvait. Quesnel déblatérait, ponctuant son verbiage de grands gestes, et, haussant de plus en plus le ton, il approuvait les actes de l’un, blâmait ceux de tel autre, faisant des prédictions sinistres, ne s’arrêtant que pour s’humecter le gosier. Monod, bouche bée, écoutait le braillard avec béatitude. Après deux longues heures de station dans cet établissement, les deux amis se quittèrent. Arrivé chez lui, Monod trouva un agent qui lui enjoignit de se rendre chez le commissaire du quartier. Là, on lui annonça sa mise en état d’arrestation pour « apologie de faits qualifiés crimes ». Le pauvre naïf jura qu’il n’avait rien dit : on ne tint aucun compte de ses protestations : il fut incarcéré. Quesnel était arrêté le soir même. Voilà, dans leur exactitude, les faits qui ont jeté Monod au bagne ; on les retrouve dans l’acte d’accusation, avec le grossissement coutumier :

Le 25 juin dernier, vers huit heures du matin, au moment où la nouvelle de l’assassinat du président de la République se répandait a Dijon… Monod et Quesnel se trouvaient au café Faivre. Ils ne dissimulaient pas leur joie et disaient vouloir fêter, par de copieuses libations, l’attentat qui venait d’être commis. Quesnel, élevant la voix, se mit à crier : « Carnot est crevé ! Il est bien. Il n’a pas assez souffert avant de crever ! Or devrait en faire autant à tous ceux qui lui succéderont. — Tu as raison. répliqua Monod. et pour le prouver nous allons nous saouler aujourd’hui. » A ces mots, il leva son verre, puis se mit à déblatérer contre la propriété et contre l’armée et, se retournant vers deux soldats assis à une table voisine : « Vos officiers sont des lâches, des crêve-de-faim et des crapules. les soldats ne devraient pas leur obéir et, en cas de guerre, se révolter contre eux et refuser de marcher. ». »
Pour Pouget et de Pressensé, l’affaire est entendue, Quesnel est un agent provocateur de la Sûreté : « Quelle fut exactement sa besogne dans ce procès ?
Son défenseur va nous édifier ; au cours de sa plaidoirie, Me Jacquier prononça les graves paroles suivantes, que son client ne désavoua, ni sur le moment, ni plus tard :
Vous dites, monsieur l’avocat général, que mon client est un dangereux anarchiste. Mais regardez donc à telle cote du dossier, vous y trouverez une note de M. Agneli, commissaire de police à Lyon, affirmant avoir donné de l’argent à Quesnel pour l’avoir aidé à arrêter un compagnon et avoir entamé des relations avec lui pour le faire entrer dans la police de sûreté politique. Quesnel n’a point refusé ces offres ; il a demandé à consulter sa famille. Mais celle-ci riche à 250.000 francs, jugeant sans doute peu honorable la profession d’agent de la sûreté, l’a engagé à refuser.
 »

Interné à Clairvaux dont, après une remise de peine, Quesnel fut libéré le 26 juin 1896, il alla à Troyes où il fut immédiatement emprisonné pour « ivresse » et avait dit selon un mouchard –ancien compagnon de régiment – vouloir aller à Calais pour s’embarquer à destination de Londres afin d’en revenir avec « des idées plus saines », voulant rompre avec le parti anarchiste, mais après avoir remboursé les 500 ou 600 fr que les anarchistes lui avaient prêté. Toujours selon le mouchard, il devait aller de Troyes à Paris pour y aller au Libertaire et rencontrer Fortuné Henry, le frère d’Emile. Puis il avait l’intention de rencontrer à Londres Kropotkine, Pouget et Paul Reclus notamment pour leur signifier son abandon de l’anarchisme, puis de rentrer en France dans sa famille à Saint-Hilaire de Harouet (Manche).
Quesnel était il un indicateur ? L’offre qui lui fut faite par le commissaire de police de Lyon n’avait pas été refusée, quant à l’information il ne « désavoua pas ni sur le moment, ni plus tard ». (cf. Le Père Peinard).

SOURCES : AD Aube 1M 649 — AD Cote d’Or 2U 1518 . — Le Père Peinard, 6 mars 1898 — Arch. Nat. F7/12504 , F7/12508, BB18 6449 — Les Lois Scélérates de 1893-1894, par Francis de Pressensé et Émile Pouget

AFFILE Pierre Marie

Né à Missillac (Loire-Atlantique) le 17 août 1864, manœuvre demeurant Passage à niveau à St Nazaire. Anarchiste.

Affilé avait été condamné par le tribunal de St Nazaire pour ivresse et bris de clôture en 1891.
Animateur de la grève des ouvriers du port en 1893. Il avait été condamné à 6 mois de prison pour outrages et coups à agents.
Il fut condamné par le conseil de guerre de Blida, pour désertion.
Il figurait dans les dossiers individuels des anarchistes pour 1894 de la Loire-Inférieure et dans la liste des 28 anarchistes signalés par le procureur général au ministre de la justice le 18 décembre 1893.

SOURCES : Arch. Nat. BB18 6449 — A. D. de Loire-Inférieure 1 M 584-586 — BOUHEY Vivien. Les anarchistes contre la République de 1880 à 1914. Annexe 52 : les anarchistes de la Loire-Inférieure.