Réunion de la Ligue collectiviste-anarchiste de Bruxelles. 4 octobre 1879

Bruxelles, le 4 octobre 1879

Réunion de la Ligue collectiviste à 9 heures du soir au Tanneur.

7 membres sont présents, savoir : Verrycken, Spilleux, Hertschap, Debuyger, Delsaute, Joseph Thiry et un inconnu.

Vu le petit nombre de membres présents, il n’y a pas de séance.

Une conversation s’engage entre plusieurs membres dans l’estaminet au sujet des circulaires à faire imprimer pour le prochain meeting qui est fixé le 27 courant. Dans ce meeting on traitera de la révolution et des moyens à employer pour la provoquer dans le plus bref délai possible.

Spilleux dit en parlant de la révolution que la force armée est essentiellement révolutionnaire à cause des abus de pouvoir qui s’y commettent constamment. Il arrive souvent, dit-il, que la victime d’un abus d’autorité est arrêtée sans motif et mise en prison, où on la bat derrière une porte. D’autres fois on l’étrangle et le lendemain on insère dans les journaux qu’elle s’est suicidée de chagrin.

Debuyger dit que Léon Monier sera probablement poursuivi pour diffamation pour l’affaire Gohyssart-Jumet où il a tenu des propos injurieux sur le compte du sieur Coudray, secrétaire général de la section boraine de l’Internationale.

Notes :

L’Internationale va convoquer les délégués des différents groupes à l’effet d’organiser un grand meeting de protestation contre la loi de 1835.

Brousse est dangereusement malade à Londres.

Tronz reçoit et distribue un nouveau journal allemand intitulé Der Sozialdemokrat qui s’imprime en Suisse. Ce journal est plus violent que Freiheit.

Serrure a donné sa démission de membre du Cercle démocratique parce que Duvergé (démissionnaire) a été autorisé, contrairement à l’usage, à assister encore aux séances et à y prendre la parole.

C’est lui qui donnera jeudi prochain une conférence sur l’existence du Christ.

Les Ketjes du Sablon doivent se réunir vers midi à la Ruche, rue des Minimes.

Chauvière et consorts se réuniront chez Lebrun à 11 heures.

Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique. 4 septembre 1895

Couverture du Néo-naturien

Préfecture de police

Direction générale des recherches

2e brigade

Cabinet

1er bureau

Réunion du groupe les Naturiens

Paris, le 4 septembre 1895

Rapport

Une réunion du groupe Les Naturiens a eu lieu hier soir salle Bouju, 69 rue Blanche.

Cinq personnes y ont assisté.

La séance a été ouverte à 9 heures. Beaulieu a excusé Chavelle, empêché par son travail.

Bariol a émis l’avis que pour amener des adhérents au groupe, l’ont devait aller exposer les théories des Naturiens au comité Marcel Sembat et engager les membres de ce comité à venir au banquet qu’on organise pour le 28 courant.

Henri Zisly a distribué les deux publications ci-jointe : Le Phare de Montmartre et L’Ami des ouvriers.
Bealieu a fait savoir que Napoléon Garowtiz lui avait envoyé une lettre avec prière d’exposer ses théories mais il a déclaré que c’était inutile car on ne savait ce qu’il voulait dire.

On s’est séparé à 10h 45.

Le commissaire de police

Archives de la Préfecture de police Ba 158

Lire le dossier Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique

Pour Spilleux de la Ligue collectiviste anarchiste de Bruxelles, le suffrage universel ne réalisera jamais l’émancipation du prolétariat. 6 janvier 1880

Hier à 9 h ½, à la maison des Tanneurs, Grand Place n°15, la Ligue collectiviste-anarchiste, groupe de Bruxelles, a donné une conférence.

Sujet : Suffrage universel.

Au bureau se trouvait Debuyger président ; Delsaute, membre ; Steens, Verrycken et Govaerts sont dans la salle.

Spilleux, le conférencier, regrette de ne pas être un orateur, cependant il parlera par amour pour la révolution.

Il ne professe pas les idées de Duvergé, le partisan à outrance du suffrage universel.

Bien que ce dernier soit un des droits naturels de l’homme, il ne réalisera jamais la question du prolétariat. Si même on l’obtenait, les députés que nous pourrions envoyer à la chambre seraient la risée des députés de la bourgeoisie ; témoin ce qui se passe en France et en Allemagne, pays où fleurit le suffrage universel. Dans le premier, il amène au pouvoir les hommes qui ont fait le 16 mai, dans le second, ceux qui ont voté les lois contre le socialisme et l’élection de Bordeaux, Blanqui sur 24.000 électeurs, 3.000 se sont présentés au scrutin. Le parti bourgeois, qui dans la situation actuelle, tient les rênes du gouvernement est mauvais ; un gouvernement ouvrier serait une amère dérision. On a essayé de ce dernier avec les principes de Proudhon, de Fourier, des Phalanstériens, etc… Tous les partisans de ces idées, en se déclarant de prime abord anti-électoralistes en sont toujours revenus à la formation d’un état, d’un gouvernement. Ceux donc qui se disent anarchistes, doivent être les ennemis de toute espèce de gouvernement. Il lit à ce sujet plusieurs pages d’Arthur Arnould, un des membres de la Commune.

Pour se résumer, il prétend qu’il n’y a que les principes collectivistes et anarchistes qui puissent résoudre la question sociale. Il faut donc faire de la propagande en ce sens.

….

Delsaute, entre temps bredouille quelques paroles préconisant l’anarchie et déclare qu’il a dit.

La parole est donnée au citoyen Verycken qui professe entièrement les opinions du citoyen Spilleux. Il se rit du mandat impératif de l’ami Stuyck (?). Il n’en veut pour preuve que ce qui s’est passé en Allemagne avec le député socialiste Hasselman. Celui-ci est aussi arrivé à la tribune allemande, croyant avoir derrière lui une masse armée qu’il pourrait soulever à son gré, cette masse lui a tourné le dos et quelques jours après le Reichtag votait les lois contre le socialisme.

Le citoyen Seconde demande s’il doit parler en flamand ou en français. Le président lui laissant le choix, l’orateur adopte le flamand.

A ce moment, l’auditoire qui au début de la séance se composait de 12 hommes et deux femmes, réunit environ 30 personnes.

Elles disparaissent quand Seconde monte à la tribune.

Me trouvant à peu près seul auditeur, je me suis retiré. Hertschap restait dans la salle.

Une conférence aura lieu aujourd’hui, rue de la Verdure 18.

Bruxelles le 6 janvier 1880.

Source : Archives de la ville de Bruxelles POL 177. XX. 3 Meetings en faveur du suffrage universel 1877-1880

Lire le dossier Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux

Egide Spilleux membre de l’Internationale et de la Ligue anarchiste de Bruxelles. Rapports de la Préfecture de police de Paris.

Rapport 8 janvier 1878 : La section bruxelloise de l’Internationale s’est réunie en séance, hier lundi, au local du Cygne, Grand Place, une vingtaine de membres y assistaient sous la présidence de Brismée. Il fut procédé à la nomination d’un nouveau membre : Spilleux, demeurant rue des Palais, 327, fut admis sans observation.

Rapport 14 mai 1878 Spilleux présent, s’oppose avec De Paepe à l’admission de Pellegrin Joseph, disant qu’il avait joué à l’Affranchissement un vilain rôle et qu’il avait été exclu. Le rejet est mis aux voix et accepté. Il donne lecture du projet de statuts pour la section. Il propose à l’assemblée de choisir un secrétaire correspondant, ainsi que quelques membres chargés de chercher un nouveau local. Signé 12

Rapport 28 mai 1878, Spilleux propose l’exclusion de l’Internationale des membres de la Chambre du travail qui ont demandé un crédit pour aller à l’exposition internationale de Paris. De Paepe proteste contre les accusations. Spilleux dit : « il faut exclure ceux qui comme Bertrand osent dire : c’est en mon nom personnel que j’ai engagé la Chambre du travail à adresser une pétition au gouvernement surtout quand ils savent qu’elle ne peut aboutir à rien ». Il propose un vote de blâme à ceux de l’Internationale qui font partie de la Chambre du travail et qui se sont ralliés au pétitionnement dont il est question. Voté par 6 membres mais demande plus d’information est votée à l’unanimité.

Rapport 25 juin 1878 Spilleux demande que Bertrand soit expulsé, De Paepe soutient Bertrand.

Rapport du 13 août 1878 Wagenaer et Spilleux votent l’interdiction de l’entrée à l’Internationale de tout individu appartenant à un autre groupe ou prêtant sa plume à un journal non socialiste.

Rapport 24 septembre 1878 Spilleux est nommé président de la séance. Spilleux et Wagenaer disent que le secrétaire devrait fournir à chaque assemblée les résultats des séances antérieures et les documents que réclamerait l’assemblée. Steens et Spilleux proposent l’achat d’un carnet sur lequel le secrétaire inscrirait les principales résolutions prises en séance dont il donnerait l’extrait sur une décision de l’assemblée. Cette proposition est adoptée.

Wagenaer, Spilleux, Steens et Paterson disent que les ouvriers pour lesquels il existe une association de résistance doivent faire partie de celle-ci avant de pouvoir être admis dans une section de l’Internationale.

Rapport de juillet 1879 : Spilleux dit que la grève ne sert à rien et comme preuve il cite la grève que les maçons de Londres ont soutenu pendant 9 mois en dépensant 4 millions.

Ligue collectiviste anarchiste. Réunion du 10 janvier 1880. Spilleux donne sa démission de membre du Comité d’organisation. Eugène Govaerts est choisi pour le remplacer.

Rapport 24 janvier 1880 ; Ligue anarchiste 19 janvier 1880 a eu lieu aux Tanneurs, Grand place, une réunion de la Ligue anarchiste. Spilleux pense que l’existence du Drapeau rouge n’est pas assurée: « au mois de février, nous aurons en caisse environ 100 fr. ce qui équivaut à la publication de 2 numéros. Si comme je le présume, on ne recueille pas d’abonnements, on fera des dettes. A ce moment, je vous déclare que je vous donne ma démission. Le seul moyen d’assurer la vie à notre nouveau journal est d’imposer à chacun des membres de la Ligue, une cotisation de 0,50 cent. Par semaine. A ceci viendront s’ajouter la vente du journal, les souscriptions permanentes, les abonnements et nous pourront avec toutes ces ressources publier un numéro par mois.

Rapport 26 février 1880. Réunion de l’Internationale le 19 février à la maison des Tanneurs. Spilleux est présent.

Source : Archives de la Préfecture de police de Paris Ba 436. L’Internationale en Belgique.

Lire le dossier Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux

Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux. Dossiers de la police belge (4)

708

Spilleux Egide

Spilleux qui l’année dernière avait donné sa démission de membre de l’Internationale s’est fait réadmettre. Lorsqu’il y a un an, dit-il, je donnais ma démission, alléguant pour motif que l’Internationale qui devait faire trembler les trônes et lutter contre la puissance occulte de la Compagnie de Jésus, était supplantée par la parti socialiste belge, cette démission passait inaperçue.

On y met, parait-il, plus de formalité avec Depaepe. Il y a plus de 8 mois que ce vilain monsieur, ce traître, ce jésuite devait être exclu de nos rangs. Il est trop lâche pour se défendre des accusations portées contre lui.

Spilleux propose l’exclusion de de Depaepe de l’Internationale pour trahison. Cette proposition es adoptée. (voir rapp. du 12 avril 1880 cl. Internationale)

Spilleux fait remarquer que le gouvernement fait une économie de 80.000 fr. en supprimant les mouchards politiques. D’un autre côté il réduit à un centime le prix des cartes postales. C’est un moyen très ingénieux faciliter les relations entre les révolutionnaires qui correspondent toujours par cartes.

De cette façon, dit Spilleux, un seul livre déposé à la poste suffira pour prendre note de nos correspondances et par le fait même les mouchards politiques deviennent inutiles. (voir rapp. du 15 mai 1880 cl. Internationale)

Spilleux donne lecture d’un petit discours préparé pour la circonstance et qu’il fait insérer dans le journal Les Droits du peuple, sous la rubrique « Meetings choisis »

Ce discours a pour but de tourner en ridicule la dernière réunion de Navalorama. (voir réunion au Tanneur le 6 juin 1880)

Spilleux qui se propose de partir pour Paris dit : si j’étais sûr que nous serions arrêtés à une quarantaine. Je retarderais mon voyage jusque jeudi (voir farde spéciale au sujet de la manifestation du 8 juin 1880)

Spilleux a fait partie de la manifestation du 8 juin 1880 (voir farde spéciale manifestation du 8juin 1880)

Spilleux partira lundi pour Paris, il n’a aucune place en vue, mais il compte y faire de la propagande avec les 150 fr. qu’il emporte.

Il est recommandé à Bazin sur lequel il a écrit un article dans le journal la Fédération à Marseille où il dit que l’on doit se méfier de lui. Bazin a dit à Dupaix que quand Spilleux sera à Paris il lui cassera les reins (voir rapp. du 8 juin cl. Politique divers)

Membre de la société d’économie sociale Le Prolétariat.

A assisté au conseil fédéral des Rationalistes le 24 avril 1877.

Présent aux réunions socialistes de l’affaire Janson, le 1er et 5 mai 1877.

Délégué de l’Affranchissement à la réunion des sociétés rationalistes. Secrétaire de ces dernières sociétés.

Membre de la section bruxelloise de l’Internationale, admis en séance du 7 janvier 1878.

Source : Archives de la ville de Bruxelles. POL Dossiers individuels. POL 708

Lire le dossier complet Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux

Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique. 28 août 1895

Couverture du Néo-naturien

Préfecture de police

Direction générale des recherches

2e brigade

Cabinet

1er bureau

Réunion du groupe les Naturiens, salle Bouju 69 rue Blanche

Paris, le 28 août 1895

Rapport

Hier soir a eu lieu salle Bouju, 69 rue Blache, une réunion du groupe dit Les Naturiens.

Sept personnes y ont assisté.

La séance est ouverte à 9h30. Bariol lit le procès-verbal de la dernière séance et rappelle que le groupe a décidé d’organiser pour le 28 septembre un banquet à 2 fr. par tête et qu’on peut souscrire dès à présent.

Il prie Gravelle d’illustrer le menu de naturiens prenant leurs ébats et termine en disant qu’il a invité pour ledit banquet, une personne qui revient de Saïgon et qui parlera de la civilisation de ces pays éloignés.

Gravelle annonce qu’il a fait grève pendant quelques jours puis est rentré au Monde nouveau. Il avait demande de l’augmentation.

Beaulieu, parlant de la lettre envoyée au baron de Rotschild, dit qu’elle n’a pas dû être confectionnée par un ouvrier mais par quelqu’un sachant manipuler les explosifs.

« Il vaut mieux que ce soit lui que moi, déclare-t-il. »

Gravelle ajoute que M. de Rotschild n’est pas un savant qu’il n’a encore rien fait jusqu’à présent que de fonder un dispensaire comme font tous les épiciers enrichis et de donner 25.000 francs par an aux pauvres.

Zisly dit Demerhac, lit un article du Petit Parisien sur un hameau de Bretagne dont les quelques habitants ne « seraient pas encore astreints aux nécessités de la civilisation actuelle et vivraient en naturiens. »

Gravelle dit que deux sociétés du genre de celle qu’il veut fonder sont actuellement en formation, une du côté de Bordeaux et l’autre en Suisse. Ces sociétés, dit-il, ne veulent pas de la culture et pratiqueront simplement l’élevage.

La séance est levée à 10h45.

Le commissaire de police.

Archives de la Préfecture de police Ba 158

Lire le dossier Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique

Les Naturiens, des anarchistes précurseurs de l’écologie politique. 21 août 1895

Couverture du Néo-naturien

Préfecture de police

Direction générale des recherches

2e brigade

Cabinet

1er bureau

Réunion du groupe les Naturiens

21 août 1895

Rapport

Hier soir a eu lieu salle Rigaud, 69 rue Blanche, une réunion du groupe Les Naturiens.

L’assistance se composait de 12 personnes.

La séance est ouverte à 9h ½, par Bariol qui rappelle qu’à la dernière réunion, il a été décidé qu’un banquet aurait lieu au mois de septembre prochain et que le prix serait de 3 fr. par tête. Il invite les personnes qui le peuvent à verser de suite cette somme.

Deux assistants versent le prix de la carte, les autres promettent qu’ils souscriront à la réunion de mardi prochain.

Surtout, dit Bariol, je recommande que tout le monde se présente dans une tenue irréprochable, en vêtements noirs et cravate blanche.

Je vous fais cette recommandation parce que l’établissement de la Tartine, 11 rue Lepic, ayant été mal fréquenté, le patron actuel voudrait le relever et je tiendrais à ce que nous montrions un exemple de tenue correcte.

Plusieurs assistants font remarquer à l’orateur que c’est sortir de l’état naturel que de porter des vêtements noirs et une cravate blanche.

Beaulieu distribue le journal La Nouvelle humanité, dont ci-joint un exemplaire, qu’il a fait avec Zisly et Mayence et dont le dessin est de Gravelle.

Il dit qu’il en sera déposé un exemplaire à la Préfecture de police et au parquet.

Il ajoute que ce journal paraîtra une fois par mois et que son but est de critiquer les actes du gouvernement.

Bariol déclare qu’il n’a pas encore envoyé aux maires la circulaire qu’il était chargé de leur adresser et qu’il attend qu’on lui fournisse les bandes et les timbres.

Gravelle dit qu’il fera le nécessaire.

Un assistant fait remarquer qu’il serait plus simple d’écrire aux propriétaires de grands terrains non cultivés en leur expliquant le but du groupe que de s’adresser aux municipalités auprès desquelles on n’obtiendra probablement pas satisfaction. Il est approuvé.

La dame Noël Bertier interpellée par Gravelle sur ce qu’elle pense de l’état naturel, déclare qu’elle ne veut pas retourner en arrière, à l’état sauvage et que pour elle, il vaut mieux aller de l’avant.

Je suis libertaire, dit-elle, j’aime les choses nouvelles et je veux détruire les vieux préjugés. Je viens de faire un ouvrage à ce sujet et je vous le montrerai.

Bariol annonce qu’il a lu dans le journal socialiste troyen, organe guesdiste, un article dans lequel Coppée traite Gravelle de maboul.

Un assistant engage Gravelle à répondre à Coppée, par un article dans l’Echo de Paris et s’offre à le porter.

Gravelle répond : « Cela me conduirait dans une polémique qui pourrait être trop longue. Enfin je verrai. »

Pinet lui remet le journal Le Rappel, dans lequel il y a une étude sur la civilisation, au sujet des Indiens de l’Amérique.

La séance est levée à 11h ½

Le commissaire de police.

Archives de la Préfecture de police Ba 158

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Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux. Dossiers de la police belge (3)

708

Spilleux Egide

Spilleux prétend que le suffrage universel n’est qu’un palliatif, où il existe, dit-il, il ne produit aucun résultat favorable au travailleur. Il proclame la liberté de la presse, de réunion, etc…et Brousse dans la presse, Most au parlement, qui ont voulu prendre le parti du peuple, ont été expulsés de leur pays et de la Belgique. Si même on obtenait le suffrage universel, dit Spilleux, le peuple risquerait toujours d’envoyer au parlement des mouchards de Libknecht qui s’est immédiatement fait l’âme damnée de la bourgeoisie.Interpellé par Bakounine, au congrès de Bâle, au sujet de cette trahison, il a promis de se justifier par la voie des journaux, il n’en a rien fait jusqu’à présent, au contraire, il a continué sa polémique réactionnaire dans le journal d’Emile de Girardin.

Le suffrage universel avec mandat impératif ne nous avance pas, dit Spilleux, car la bourgeoisie seule aura les moyens de se procurer des armes, tandis que nous n’aurons que des bâtons. Je ne veux d’aucun gouvernement quel qu’il soit : ni république, ni monarchie. Les idées communistes, centralisatrices de l’autoritaire Chauvière et sa bande ne lui sourient pas plus.

L’anarchie seule résoudra la question sociale et il consacrera sa vie à en partager les principes. (voir rapp. du 5 janvier 1880 Conversation tenue chez X)

Spilleux a donné sa démission de membre du comité d’administration E. Govaerts est choisi pour le remplacer (voir rapp. du 10 janvier 1880. Ligue collectiviste anarchiste)

Spilleux parlant de Huart Séraphin Jean-Baptiste, dit que dès qu’il aurait la certitude que Huart est un mouchard, il le tuerait d’un coup de revolver (voir rapp. du 14 janvier 1880. Conseil régional fédéral)

Spilleux dit que le seul moyen d’assurer la vie du journal Le Drapeau rouge est d’imposer à chacun des membres de la ligue une cotisation de 50 centimes par membre et par semaine. A ceci viendront s’ajouter la vente du journal, les souscriptions permanentes, les abonnements (?) (comme dans le Cri du peuple) et avec toutes ces ressources nous pourrons, dit Spilleux, publier un numéro par mois. (voir rapp. du 20 janvier 1880. Ligue des anarchistes)

Spilleux dit que dans un moment de trouble, du dans une réunion privée, s’il avait un policier dans l’œil, il ne se gênerait pas pour lui faire une saignée ; car lorsqu’ils nous tiennent, dit-il (les policiers) ils ne nous épargnent pas. (voir rapp. du 27 mars 1880 cl. Politique divers (?))

Spilleux retrouve l’origine et les principaux événements de la Révolution du 18 mars 1871. Il fait l’apologie de la Commune et la montre (?) mais déshonorée, succombant sous le nombre et par la trahison des mouchards versaillais. Le jour de la revanche est proche, s’écria l’orateur ; j’engage les citoyens possesseurs de fusils à ne pas s’en désarmer. (voir rapp. 22 mars 1880. Les Cosmopolitans, la fête du 18 mars)

Source : Archives de la ville de Bruxelles. POL Dossiers individuels. POL 708

Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux

Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux. Dossiers de la police belge (2)

Spilleux secrétaire général du Drapeau rouge.

708

Spilleux Egide

Dit que la grève ne sert à rien et comme preuve il cite la grève que les maçons de Londres ont soutenu pendant 9 mois en dépensant 4 millions.

(Voir rapp. X du 24 juillet 1879 réunion des Internationalistes à la Colline)

Spilleux assiste le 31 juillet 1879 à la séance du Cercle Chauvière, à la Colline, il dit : « Citoyens, je suis le plus grand ennemi de la propriété individuelle et tous mes efforts tendront à la faire devenir collective, la terre n’étant créé par personne n’appartient, donc pas de propriété légale possible (la propriété c’est le vol). Nous devons toujours discuter afin de faire des ayants droits comme les grands capitaliste qui s’accaparent de tout à notre détriment. Je combats l’économie, car en la pratiquant nous tendons tous à devenir plus tard des assassins. »

Sur une interpellation de Hertschap, Spilleux répond qu’il ne faut pas encourager la paresse, mais il y en a tant qui sont incapables de produire, ceux-là, quand vous aurez une maison, fut-elle même le fruit de votre travail, le jour de la révolution, je la laisserai ou de votre tête au choix. (voir rapp. X du 31 juillet 1879 Cercle Chauvière à la Colline)

Spilleux est admis comme membre au Cercle démocratique des brasseurs n°1 à la séance du 13 août 1879. (voir rapport X du 18?) classé réunion du Cercle démocratique

Spilleux fait partie d’un nouveau groupe révolutionnaire qui tiendra des réunions les samedis au Tanneur. (voir rapp. Du 15 septembre 1879. Réunion des Solidaires)

Spilleux dit en parlant de la Révolution que la force armée est essentiellement révolutionnaire à cause des abus de pouvoir qui s’y commettent constamment. Il arrive souvent, dit-il, que la victime d’un abus d’autorité est arrêtée sans motif et mise en prison, où on la bat derrière une porte. D’autres fois on l’étrangle et le lendemain on insère dans les journaux qu’elle s’est suicidée de chagrin (voir rapp. du 4 octobre 1879, Ligue collectiviste au Tanneur*)

Spilleux a dit samedi soir que Dewit sera décoré comme Mariès (?) pour avoir combattu l’Internationale. (voir rapp. du 12 octobre 1879, (?) à la Croix de fer)

Spilleux dit que son journal la Vessie (?) est sous presse et qu’il paraîtra dimanche (voir rapp. du 12 25 octobre 1879 . Réunion des anarchistes)

Spilleux a écrit à Steens de la Hollande (voir rapp. Cercle démocratique du 6 septembre 1879)

Spilleux sera rédacteur d’un nouveau journal intitulé L’Anarchie ou le Révolté (voir rapp. 15 novembre 1879 Internationale*)

Spilleux est attaché à la rédaction** d’un nouveau journal intitulé Le Drapeau rouge. (voir rapp. du 29 novembre 1879 séance des anarchistes)

Spilleux propose d’attaquer les façons d’agir les façons jésuitiques de Depaepe qui prétend toujours qu’il faut commencer par le suffrage universel tandis que d’un autre côté, il s’entend avec Chauvière qui est blanquiste, c’est à dire partisan des sociétés secrètes. (voir rapp. du 13 décembre 1879. Ligue des anarchistes au Tanneur)

Spilleux dit que la condamnation des auteurs des tentatives qui ont été faites au moyen de dynamite sera la même que s’ils avaient réussi leur coup. Attendez, continue Spilleux, que moi je monte un coup et vous verrez si je tremblerai pour faire sauter, non pas une tête de poupée comme celle de Léopold, mais toutes ces têtes d’aristos qui s’endorment sur les bancs de la Chambre et du Sénat et de tous ceux qui sont cause que nous devons en arriver là. (voir rapp. du 28 octobre 1879. Réunion des anarchistes)

Spilleux qui ferait de la propagande pour le futur journal Le Drapeau rouge a demandé à E… de lui procurer des traductions de journaux allemands. Dans une lettre reçue du comité de Londres, il est dit que l’on compte sur la marche en avant des opérations du parti socialiste.

Spilleux serait soutenu du comité de Londres qui l’invite à venir conférer (?) en cette ville (voir notes du Leverein du 5 janvier 1880)

Spilleux dit que le suffrage universel est un des droits de l’homme mais qu’il ne réalisera jamais la question du prolétariat, et si même on obtenait le suffrage universel, les députés qu’on enverrait à la Chambre seraient la ruée des députés de la bourgeoisie ; témoin ce qui se passe en France et en Allemagne, pays où fleurit le suffrage universel.

Dans le premier, il amène au pouvoir les hommes qui ont fait le 16 mai, dans le second, ceux qui ont voté les lois contre le socialisme. Ceux donc qui se disent anarchistes, doivent être les ennemis de tout espèce de gouvernement. Spilleux lit à ce sujet plusieurs pages d’Arthur Arnould, membre de la Commune. Pour se résumer, il prétend qu’il n’y a rien que les principes collectivistes et anarchistes qui peuvent résoudre la question sociale. Il faut donc, dit-il, faire de la propagande dans ce sens (voir rapp. du 6 janvier 1880 cl. suffrage universel)

*Classé Cercle des anarchistes bruxellois (1879-1883) POL 178 bis (XVI Cercles anarchistes de Bruxelles)

** secrétaire général voir rapport complet dans Cercle des anarchistes bruxellois (1879-1883) POL 178 bis (XVI Cercles anarchistes de Bruxelles)

Source : Archives de la ville de Bruxelles. POL Dossiers individuels. POL 708

Lire le dossier complet Contre enquête sur le cas de Serraux-Spilleux accusé d’être un agent du préfet de police Louis Andrieux