PERNIN Francis dit François

Né le 11 janvier 1860 au Creusot (Saône et Loire). Marié puis vivant maritalement. Forgeron à Saint Ouen (Seine Saint Denis).

Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs

 

Pernin avait épousé Sidonie Abel en 1885 à Dunkerque.

Le 19 février 1891, lors du tirage au sort à Saint Denis, avec plusieurs compagnons anarchistes, François Pernin avait bruyamment manifesté aux cris de « A bas la patrie ! Vive l’anarchie !« , au passage des conscrits. Il était également porteur de brochures anarchistes, ce qui lui valut d’être poursuivi le 23 mars suivant avec Arthur Voyez, Nestor Ferrière, Charles Galau, Michel Bastard, François Collion et Henry Decamps. Tous furent acquittés à l’exception de Decamps condamné à 15 jours de prison.

Comme de très nombreux compagnons, tant à Paris qu’en banlieue et en province, il fut arrêté à Saint-Ouen le 22 avril 1892, préventivement à la manifestation du 1er mai. Inculpé pour « association de malfaiteurs », il fut relâché le 11 mai.

Il fut inscrit au fichier Bertillon en juillet 1894.

En 1894, il était en instance de divorce et vivait avec Marie Wolck. Il était ouvrier forgeron et demeurait 55 rue Arago à Saint-Ouen. Il fréquentait les compagnons de St Ouen, de St Denis et de Clichy. Il était lié à Gustave Mathieu.

Le 30 juin 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à son encontre. Le 1er juillet à 5h30 du matin, le chef de la 1ère brigade de recherches de la Préfecture de police se présenta chez Pernin qui occupait une chambre au 1er étage avec sa maîtresse et les deux enfants de celle-ci. La perquisition fut infructueuse. Il fut arrêté et conduit à Mazas le 4 juillet. Le 5 juillet, des conseilleurs municipaux et habitants de St Ouen adressèrent au juge d’instruction, une pétition indiquant que Pernin ne s’occupait plus d’anarchie. Il fut remis en liberté le 19 juillet. La procédure se conclut par un non lieu le 29 juin 1895.

SOURCES :

Le Père Peinard, 22 et 29 mars 1891, 8 mai 1892 — Fichier Bertillon — Arch. de Paris D.3 U6 carton 50

PERCHERON Auguste, Henry, Adolphe

Né le 24 octobre 1837 à Poitiers (Vienne), mort le 21 février 1896 ; célibataire, revendeur d’étoffes ; écrivain public ; chansonnier libertaire.

Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs

Militant depuis 1880, Auguste Percheron fréquenta d’abord les groupes socialistes de femmes : le 2 février 1881, il participa à une réunion du Comité des femmes, 49 rue de Bretagne, lors de sa première séance, pour discuter des Cahiers de la femme. Louise Michel, adhérente au Comité, donna son concours au débat. Puis il participa aux groupes anarchistes et notamment les Libertaires du 20e arrondissement, le Groupe cosmopolite, le Groupe de propagande les Egaux, les Libertaires ardennais, la Ligue des antipatriotes. Il avait lui-même fondé dans le 20e arrondissement, un cercle littéraire anarchiste La Marotte.

Au printemps 1887 il fut l’un des compagnons qui dénonça l’internement abusif de Gustave Leboucher, l’un des fondateurs de la Chambre syndicale des hommes de peine, à l’asile de Saint Anne où il alla le visiter.

Auguste Percheron était dans les années 1890 revendeur d’étoffes et « écrivain public ». Chansonnier libertaire il collaborait entre autres à L’Antipatriote (Paris, 2 numéros, du 12 et 26 juillet 1891) édité par Louis Perrault, à L’Attaque (Paris, 66 numéros du 20 juin 1888 au 26 avril 1890) édité par Ernest Gegout et à Vendémiaire (Vannes, 5 numéros de juillet à septembre 1891) dont le gérant était Henri Cholin.

Il fut l’auteur de la chanson Les briseurs d’images publiée pour la première fois dans Le Père Peinard en 1892. Cette chanson traditionnelle dans les milieux libertaires fut notamment rééditée dans le Libertaire n°11 (janvier 1896) et en 1922 dans l’un des recueils Nos Chansons publiés par La Muse Rouge ; en voici deux strophes :

« Autorité, lois et pouvoir/Dont nous portons les lourdes chaînes/ Craignez pour les luttes prochaines/ Vous serez brisés sans espoir/ Vous nous menez des anciens âges/ Et continuez leurs exploits/ Quand nous ne voulons plus de lois/ Nous sommes les briseurs d’images/
Patrie et famille, des mots/ Qu’ont inventé les égoïstes/ Que nous ont doré les sophistes/ et dont se sont épris les sots/ Nous leur laissons les avantages/ D’une double maternité/ Nous nous aimons l’Humanité/ Nous sommes des briseurs d’images ».

Le 20 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs. Le 21 mars, le commissaire du quartier de Charonne se présenta à son domicile, situé à droite au fond de la cour et composé d’une seule pièce au rez de chaussée. Lors de la perquisition, la police découvrit un numéro illustré du Petit Parisien du 24 décembre 1893, représentant Vaillant à l’Hôtel Dieu et l’Echo de Paris du 18 février 1894 contenant des vers d’Emile Henry. Le 22 mars il fut incarcéré à la prison de Mazas. Le 8 mai il fut mis en liberté provisoire.

Mais le 30 juin, le préfet de police délivra un nouveau mandat de perquisition et d’amener, pour le même motif. Le 1er juillet à 4H15 du matin, le commissaire du quartier du Père Lachaise, se présenta au 21 rue Vilin. Percheron répondit à la police : « Encore une fois ! », faisant allusion à la perquisition précédente. Il fut de nouveau arrêté et conduit à Mazas où il resta de longues semaines au cours desquelles sa santé se dégrada. Son dossier n’indique pas quand il fut libéré.

Le juge Meyer délivra une ordonnance de non lieu le 27 juin 1895. Auguste Percheron décéda le 21 février 1896 à l’âge de 59 ans.

SOURCES :Arch. De Paris D.3 U6 carton 50 — Libertaire, 25 janvier & 27 février 1896. — L’Intransigeant 1er février 1881 — R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste…, op. cit.. — Notes de D. Dupuy. — R. Brécy, Autour de la Muse Rouge…, op. cit. — Fichier Bertillon. — Etat-civil Poitiers.