PERCHERON Auguste, Henry, Adolphe

Né le 24 octobre 1837 à Poitiers (Vienne), mort le 21 février 1896 ; célibataire, revendeur d’étoffes ; écrivain public ; chansonnier libertaire.

Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs

Militant depuis 1880, Auguste Percheron fréquenta d’abord les groupes socialistes de femmes : le 2 février 1881, il participa à une réunion du Comité des femmes, 49 rue de Bretagne, lors de sa première séance, pour discuter des Cahiers de la femme. Louise Michel, adhérente au Comité, donna son concours au débat. Puis il participa aux groupes anarchistes et notamment les Libertaires du 20e arrondissement, le Groupe cosmopolite, le Groupe de propagande les Egaux, les Libertaires ardennais, la Ligue des antipatriotes. Il avait lui-même fondé dans le 20e arrondissement, un cercle littéraire anarchiste La Marotte.

Au printemps 1887 il fut l’un des compagnons qui dénonça l’internement abusif de Gustave Leboucher, l’un des fondateurs de la Chambre syndicale des hommes de peine, à l’asile de Saint Anne où il alla le visiter.

Auguste Percheron était dans les années 1890 revendeur d’étoffes et « écrivain public ». Chansonnier libertaire il collaborait entre autres à L’Antipatriote (Paris, 2 numéros, du 12 et 26 juillet 1891) édité par Louis Perrault, à L’Attaque (Paris, 66 numéros du 20 juin 1888 au 26 avril 1890) édité par Ernest Gegout et à Vendémiaire (Vannes, 5 numéros de juillet à septembre 1891) dont le gérant était Henri Cholin.

Il fut l’auteur de la chanson Les briseurs d’images publiée pour la première fois dans Le Père Peinard en 1892. Cette chanson traditionnelle dans les milieux libertaires fut notamment rééditée dans le Libertaire n°11 (janvier 1896) et en 1922 dans l’un des recueils Nos Chansons publiés par La Muse Rouge ; en voici deux strophes :

« Autorité, lois et pouvoir/Dont nous portons les lourdes chaînes/ Craignez pour les luttes prochaines/ Vous serez brisés sans espoir/ Vous nous menez des anciens âges/ Et continuez leurs exploits/ Quand nous ne voulons plus de lois/ Nous sommes les briseurs d’images/
Patrie et famille, des mots/ Qu’ont inventé les égoïstes/ Que nous ont doré les sophistes/ et dont se sont épris les sots/ Nous leur laissons les avantages/ D’une double maternité/ Nous nous aimons l’Humanité/ Nous sommes des briseurs d’images ».

Le 20 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs. Le 21 mars, le commissaire du quartier de Charonne se présenta à son domicile, situé à droite au fond de la cour et composé d’une seule pièce au rez de chaussée. Lors de la perquisition, la police découvrit un numéro illustré du Petit Parisien du 24 décembre 1893, représentant Vaillant à l’Hôtel Dieu et l’Echo de Paris du 18 février 1894 contenant des vers d’Emile Henry. Le 22 mars il fut incarcéré à la prison de Mazas. Le 8 mai il fut mis en liberté provisoire.

Mais le 30 juin, le préfet de police délivra un nouveau mandat de perquisition et d’amener, pour le même motif. Le 1er juillet à 4H15 du matin, le commissaire du quartier du Père Lachaise, se présenta au 21 rue Vilin. Percheron répondit à la police : « Encore une fois ! », faisant allusion à la perquisition précédente. Il fut de nouveau arrêté et conduit à Mazas où il resta de longues semaines au cours desquelles sa santé se dégrada. Son dossier n’indique pas quand il fut libéré.

Le juge Meyer délivra une ordonnance de non lieu le 27 juin 1895. Auguste Percheron décéda le 21 février 1896 à l’âge de 59 ans.

SOURCES :Arch. De Paris D.3 U6 carton 50 — Libertaire, 25 janvier & 27 février 1896. — L’Intransigeant 1er février 1881 — R. Bianco, Un siècle de presse anarchiste…, op. cit.. — Notes de D. Dupuy. — R. Brécy, Autour de la Muse Rouge…, op. cit. — Fichier Bertillon. — Etat-civil Poitiers.