GUIGNARD Georges, Auguste [dit Colombier]. Plombier ; anarchiste de Paris et Pantin (Seine-Saint-Denis)

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 1er janvier 1858 à Neuilly ; plombier ; anarchiste de Paris et Pantin (Seine-Saint-Denis).

Georges Guignard figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 26 décembre 1893, il demeurait 4 rue Papin (Paris IIIe arr.) et était considéré comme militant.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°76.540.
Le 15 mars 1894, son domicile était perquisitionné. Il était arrêté pour association de malfaiteurs et remis en liberté le 1er mai.
Il était porté sur une liste d’anarchistes au 16 avril 1894, il demeurait 9 rue Auger à Pantin et vivait en concubinage.

SOURCES :
Archives de la Préfecture de police Ba 1499, 1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Le Parisien 16 mars 1894.

GUERY Paul, Alphonse. Journalier, scieur de pierres ; soupçonné d’anarchisme à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 30 juin 1856 à Laversine (Aisne) ; mort le 8 avril 1904 à Epinay-sur-Orge (Essonne) ; journalier, scieur de pierres ; soupçonné d’anarchisme à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Paul Guéry se maria le 21 octobre 1880 à Paris XVIIe arrondissement avec Maria Lainé, couturière. Il habitait alors à Paris chez ses parents.
Le 12 mars 1894, Paul Guéry était arrêté, pour association de malfaiteurs. Sa notice individuelle était transmise au juge d’instruction le 30 mars. Il était libéré le 6 avril 1894.
Guéry figurait sur une liste d’anarchistes au 14 avril 1894, il habitait 32 rue de l’Hermet à Saint-Ouen.Il était marié et avait quatre enfants.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°328.398.
A la fin de sa vie, il demeurait toujours 32 rue de l’Hermet à Saint-Ouen.

SOURCES :
Archives de la Préfecture de police BA 1499,1500 . — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Archives départementales de l’Essonne. Etat civil.

GUERLINGER Pierre, Jean. Porteur de journaux, marchand des quatre saisons ; anarchiste de Saint Denis (Seine-Saint-Denis)

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 31 mai 1865 à Saint-Avold (Moselle) ; porteur de journaux, marchand des quatre saisons ; anarchiste de Saint Denis (Seine-Saint-Denis).

Pierre Guerlinger était dans les années 1890-1895 membre du groupe anarchiste de Saint-Denis.
En juin 1891, il habitait 7 rue du Quatre-Septembre, il était porteur de journaux. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°13.862. Il était noté sur la liste des anarchistes de Saint-Denis.
Sur mandat de M. Couturier, juge d’instruction, le service de la Sûreté opérait le 18 juin 1891, l’arrestation de deux anarchistes Emile Voyez, âgé de vingt ans, demeurant quai Michelet à Levallois-Perret, et Pierre Guerlinger. Des perquisitions pratiquées à leurs domiciles amenaient la découverte de brochures et de placards révolutionnaires ainsi que de revolvers de fort calibre. Voyez et Guerlinger étaient soupçonnés d’être les auteurs de l’explosion qui avait eu lieu, la semaine précédente, au commissariat de Levallois-Perret. Ils étaient écroués au Dépôt, à la disposition de M. Couturier, juge d’instruction de cette affaire qui semblait avoir été classée sans suite.
Le 4 janvier 1892, à 8 heures l/2 du soir, les sergents de ville, de surveillance rue Compoise, à St Denis, remarquaient deux jeunes gens d’allure suspecte, dont l’un cachait un sac sous son bras ; ces deux jeunes gens se trouvaient à proximité d’une porte cochère sous laquelle le marchand charbonnier Aygalenc déposait ses marchandises.
Les agents continuèrent à marcher sans cesser de les surveiller. A un moment, ils virent l’un d’eux, Guerlinger, entrer sous la porte congère, laissant dehors son compagnon qui faisait le guet.
Bientôt, Guerlinger reparaissait tenant un sac qu’il venait de remplir et le remettant à son complice qui traversa aussitôt la rue en l’emportant.
L’un des agents se montra alors et allant vers lui l’interpella au sujet de son sac qu’il fouilla et dans lequel il vit trois rondins et un fagot.
Pierri, lui déclara avoir acheté le bois à un marchand, dont il ignorait le nom.
L’agent le conduisit au commissariat de police. En en sortant il rencontrait son collègue qui venait d’arrêter Guerlinger. Ce dernier avait opposé une résistance passive sans cependant exercer des violences. Il était en possession d’un revolver chargé, d’un couteau à ressort et d’une pince-monseigneur qu’il avait laissé tomber au moment de son arrestation.
Devant le commissaire de police, Pierri et Guerlinger faisaient des aveux complets ajoutant, comme seule explication, qu’ils avaient pris du bois pour se chauffer quant aux objets trouvés en la possession de Guerlinger, tous deux avaient fourni la|même explication : ils les avaient trouvés sur les glacis du fort de la Briche où ils étaient enveloppés dans un chiffon.
Une perquisition faite, 10 rue de Strasbourg, dans le logement occupé par Guerlinger et où il donnait l’hospitalité à Pierri depuis un mois avait amené la découverte d’une certaine quantité de brochures et manuscrits anarchistes. On avait également saisi un carnet contenant l’indication de la formule d’un mélange qui pouvait être explosif.
Le 6 février 1892, Pierri et Guerlinger comparaissaient devant la 8e chambre sous les inculpations de vol et de port d’arme prohibé.
A l’audience, les prévenus déclarèrent : « Nous prenons notre bien où nous le trouvons. Pourquoi y eu a-t-il qui possèdent tout alors que d’autres n’ont rien ? »
Le tribunal les condamnait à 13 mois de prison chacun, pour trois rondins et un fagot de bois, d’une valeur de 30 centimes. La sévérité du jugement était probablement motivée par leur déclaration anarchiste et par le fait que lorsqu’on les avait arrêtés ils étaient porteurs d’un revolver, d’un couteau à ressort et d’une pince-monseigneur.
Le 26 avril 1893, l’indicateur X n°3 faisait savoir que Guerlinger, Pierri et Segard se réfugiaient à Argenteuil pour échapper à une arrestation en vue du 1er mai.
Pierre Guerlinger figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 26 décembre 1893, il habitait impasse Lesné à Saint-Denis. Il était considéré comme militant et une mention était ajoutée : « condamné pour désertion » mais un Guerlinger Pierre avait été exempté du service militaire lors de la classe 1885, sans que l’on puisse déterminer s’il s’agissait de la même personne.
Le 1er janvier 1894, il avait été laissé en liberté après qu’une perquisition à son domicile14 rue du Fort de l’Est à Saint-Denis, par le commissaire Baube, n’ait rien donné. Le même jour le juge d’instruction Meyer le faisait figurer sur une liste d’anarchistes dont le courrier devait être saisi par l’administration des postes qui le remettait à la police. Cette ordonnance fut levée le 10 janvier et Guerlinger ne figurait plus sur la nouvelle liste. Il était alors sans travail et achetait du poisson aux halles qu’il revendait à Saint-Denis. Interrogé par un journaliste du Radical il fit le récit de cette perquisition : « « J’habite, nous dit Guerlinger, tout près d’ici, au 24 de la rue du Fort-de-l’Est. J’étais couché avec ma femme quand on a tout à coup frappé violemment à la porte.
J’ouvre et un monsieur entra me disant : « Je suis M. Guilhem, commissaire de police de Clichy et je viens perquisitionner chez vous »
— Vous avez de la chance de me trouver, lui ai-je répondu ; mais puisque vous en avez le mandat, faites votre affaire.
Alors, il a tout fouillé, tout mis sens dessus dessous, non sans me menacer, à diverses reprises, de m’emballer ; il a saisi des papiers, des brochures, mes lettres, des journaux, puis il est reparti avec les deux agents qui l’accompagnaient. Vous voyez, ce n’est rien de bien intéressant. »
Le 14 avril 1894, Guerlinger était arrêté par M. Fédée, officier de paix de la 3e brigade de recherches, au moment où il aidait un compagnon à déménager « à la cloche de bois » rue de la Charronnerie à Saint-Denis. Il exerçait la profession de marchand de quatre saisons. Il était très lié avec Elisée Bastard, alors emprisonné à Mazas. Le 16 avril, il était interrogé par le juge d’instruction Meyer.
Le 1er juillet 1894, il était de nouveau perquisitionné, sans résultat. Il fut arrêté, il demeurait alors 39 rue de la Briche. Le 2 juillet, il était mis à la disposition de l’autorité judiciaire, pour association de malfaiteurs.
Sur l’état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1894, Pierre Guerlinger habitait 119 avenue Victor Hugo à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), il était noté « dangereux ».
En décembre 1895, il demeurait 434 avenue de Paris à Saint-Denis.
Sur l’état au 31 décembre 1896, il était noté « recherché », sur l’état de 1901, il était porté « disparu ».

SOURCES :
Saint-Denis la ville rouge 1890-1939 par Jean-Paul Brunet, Hachette littérature 1980. — Arc. Nat. F7/12508 , BB 186454 . — Archives de la Préfecture de police BA 77, 78, 1500 . — L’Echo de Paris 19 juin 1891. — La Loi du 7 février 1892. — Le Siècle du 7 février 1892. — XIXe Siècle 8 février 1892. — Le Radical 4 janvier 1894. — Le Journal 15 avril 1894. — Journal des débats 17 avril 1894. — Archives de Paris. Registres matricules classe 1885, 1er bureau, liste principale. D3R1 97. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Notice Pierre, Jean Guerlinger du Dictionnaire des militants anarchistes.

GUENANT Louis, Désiré. Employé de commerce, comptable ; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 10 avril 1862 à Paris (XVIIIe arr.) ; employé de commerce, comptable ; anarchiste parisien.

Louis Guénand, employé de commerce, se maria le 7 juillet 1883 à Paris (Xe arr.) avec Marie, Françoise Morin, cuisinière. En 1894, il avait 5 enfants. Il était comptable chez MM. Kayser et Haas, 65, boulevard Beaumarchais.
Le 23 avril 1893, Louis Guénard figurait sur les relevés d’adresse de la 2e brigade de recherches de la Préfecture de police. Il demeurait 12 rue des Panoyaux (Paris XXe arr.).
Il était sur l’état récapitulatif des anarchistes au 26 décembre 1893.
Le 2 mars 1894, il était arrêté pour association de malfaiteurs. Son domicile était perquisitionné par le commissaire Mourgues. Mis à la disposition du procureur de la république, il était libéré le 7 mars.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°3.188.

SOURCES :
Archives de la Préfecture de police Ba 310, 1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — La Croix 3 mars 1894. — Le Figaro 3 mars 1894. — Archives de Paris. Etat civil.

Notice concernant Henri Mercier, anarchiste d’Angers

Notice

Mercier Henri, âgé de 34 ans, célibataire, né à Chaudefonds (Maine-et-Loire) le 24 mars 1860 est arrivé à Angers en 1888.

Cet individu qui exerce la profession de cordonnier, vit en concubinage avec une nommée Rettroré Célistine, originaire de Nantes, de cette union illégitime, sont nés plusieurs enfants, dont un seul est encore vivant, il n’a d’autres moyens d’existence que son travail, mais s’occupe assez assidûment.

Mercier est un anarchiste très dangereux, faisant une propagande effrénée et assistant à toutes les réunions ouvrières où il ne manque pas d’émettre ses opinions, il était le correspondant du journal Le Père Peinard et autres feuilles de ce genre. Lors de la grève des ouvriers textiles, au mois d’avril 1893, il se rendait fréquemment à la Bourse du travail, pour exciter au chômage, mais malheureusement ses théories n’ont pu être contrôlées, l’accès de cet établissement étant interdit à la police.

A chaque fois que des étrangers sont venus à Angers, tels que Riemer et Tennevin, ils étaient reçus à leur arrivée par Mercier, chef de file de la propagande anarchiste, cependant se sentant l’objet d’une surveillance constante, il a quitté cette localité au mois de septembre dernier, pour aller habiter ici voir les compagnons.

Pendant son séjour à Angers, Mercier a constamment manifesté des opinions anarchistes et fréquentait principalement les nommés Chevry, Bernard, Hériché, Moru, Maillard, Philippe, Camus, Ménard, etc… sa conduite privée, quoique s’enivrant quelques fois, n’était pas trop mauvaise et lorsque Meunier fit son apparition, il a dû manger chez lui à différentes reprises.

Angers le 12 mars 1894

Le commissaire central.

2 U 2-142 Archives départementales du Maine-et-Loire

Lire le dossier : Les anarchistes à Angers : premières victimes des lois scélérates

GUEULLE Auguste, François [dit SAINT DENIS]. Malletier ; anarchiste parisien

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 15 mars 1822 à Beauvais (Oise) ; mort le 25 novembre 1900 à Paris (XXe arr.) ; malletier ; anarchiste parisien.

François Gueulle était né enfant naturel, de père inconnu.
Il se maria le 19 décembre 1857 à Paris, avec Augustine Claire Gilson.
Depuis avril 1892, Saint Denis habitait 39 rue Vilin (XXe arr.).
Le 4 mars 1893, il assistait à la réunion de la salle du Commerce, organisée par les anarchistes du XXe arrondissement. Cette réunion avait réuni 500 personnes dont 150 anarchistes. L’ordre du jour était le suivant : « La misère et ses conséquences. Suppression des bureaux de placement. Les grands financiers du Panama. »
Le 2 juillet 1893, il se trouvait parmi les 50 compagnons participant à la soirée amicale, salle Georget, 31 rue Aumaire. Cette soirée avait pour but de recueillir des fonds pour organiser une soirée de commémoration de l’exécution de Ravachol.
Le 1er octobre 1893, Saint Denis assistait au meeting de la salle du Commerce, organisé par La Ligue des Antipatriotes.
Le 25 novembre 1893, il était présent au meeting anarchiste de la salle du Commerce regroupant 700 personnes.
Il figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 26 décembre 1893 (il était considéré comme militant).
Arrêté le 7 mars 1894, son domicile était perquisitionné par le commissaire Tirache du quartier du Père Lachaise. Il était transféré au Dépôt puis mis à la disposition des autorités judiciaires et inculpé d’association de malfaiteurs. Il fut libéré le 9 mars 1894.
Sa notice individuelle était transmise au juge d’instruction Meyer le 18 mars 1894. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°297.493.
Saint Denis était également sur l’état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1894 et au 31 décembre 1896.
A la fin de sa vie il demeurait passage Julien Lacroix.

SOURCES :
Archives de la Préfecture de police Ba 78, 1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Le Journal 8 mars 1894. — Archives départementales de l’Oise. Etat civil de Beauvais 3E57/92.

Déposition de Octave Hamard, fabricant de chaussures à Angers, qui a occupé Henri Mercier pendant 8 ans

Déposition de Hamard, fabricant de chaussures à Angers, qui a occupé Mercier pendant 8 ans

Le 19 mars 1894.

Je me nomme Hamard Octave, âgé de 47 ans, fabriquant de chaussures, demeurant à Angers, 46 rue des Lyonnais.

Je ne suis ni parent, ni allié, ni au service des inculpés.

Q. Veuillez nous faire connaître dans quelles conditions, vous avez employé le sieur Mercier du 20 septembre 1888 au 23 juillet 1893 ?

R. J’ai en effet eu Mercier chez moi pendant 8 ans. Il a d’abord été ouvrier monteur, puis il a été chargé de distribuer l’ouvrage aux autres ouvriers. Il devait gagner de 5 fr. 5 fr. 50 par jour.

Mercier était certainement un ouvrier très intelligent. Il se tenait bien à son travail, il faisait tout son devoir et ne disait jamais rien à personne.

Il ne s’enivrait pas. Je connaissais bien ses idées anarchistes, s’il n’avait pas été aussi assidu au travail qu’il l’était, je ne l’aurais certainement pas gardé.

Je dois ajouter que dans l’intérieur de la fabrique, je suis certain qu’il n’a jamais fait de propagande.

Je crois même qu’au moment de la grève des ouvriers cordonniers, il n’a pas été l’un des instigateurs de la grève. J’en suis même sûr, ce n’est pas dans ses idées.

J’ai encore comme contremaître chez moi, son frère qui, comme lui, se conduit très bien.

Je ne crois pas que ce dernier ait des idées aussi arrêtées que son frère. Les deux fils de ce Mercier qui sont donc les neveux de l’anarchiste, ont travaillé chez moi, mais ils n’y travaillent plus. Ils marchent sur les traces de leur oncle et il y en avait même un qui écrivait, je crois, dans le Père Peinard.

Lecture faite, le témoin signe avec nous et le greffier.

2 U 2-142 Archives départementales du Maine-et-Loire

Lire le dossier : Les anarchistes à Angers : premières victimes des lois scélérates

GRUGEAU Alfred, Alphonse. Cordonnier ; anarchiste parisien

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 19 août 1864 à Tours (Indre-et-Loire), mort le 1er juillet 1922 à Paris (XIe arr.) ; cordonnier ; anarchiste parisien.

Son nom était souvent mal orthographié dans les rapports de la Préfecture de police.
Alfred Grugeau faisait partie des anarchistes arrêtés lors de la descente de police opérée par le commissaire Orsati et M. Fédée, officier de paix de la 3e brigade de recherches, chez le successeur de Duprat (voir à ce sujet Edouard Degernier ) le 7 mars 1894. Sur les conditions de cette rafle assez violente et concernant les conditions juridiques de l’opération (voir Auguste Bordes)
Une perquisition fut effectuée à son domicile 4-6 rue du Plateau, sans résultat. Conduit au Dépôt, il fut photographié le 9 mars et remis aux autorités judiciaires qui l’inculpèrent d’association de malfaiteurs dans le cadre de l’affaire Pioger.
Il faisait parti des arrêtés n’ayant pas de dossier à la Préfecture de police au moment de son arrestation. Son dossier fut crée à cette occasion et portait le n°333.530. Il fut remis en liberté le 11 mars 1894. Un non lieu général était délivré dans cette affaire le 27 juin 1895.
Grugeau figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1894. Sur l’état des anarchistes au 31 décembre 1896, il demeurait 26 rue Duris. Il figurait sur l’état de 1901.
A la fin de sa vie il demeurait 4 impasse Questre.
Son acte de décès indiquait, par erreur, qu’il serait né en 1868.

SOURCES : Archives de la Préfecture de police Ba 1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Archives de Paris D.3 U6 carton 50.

7e interrogatoire d’Henri Mercier par le juge d’instruction d’Angers le 17 mars 1894

Je me nomme Mercier Henri, déjà interrogé.

Q. Dès le mois d’avril 1892, vous avez été signalé comme un anarchiste dangereux. Vous avez à cette époque, dans la réunion publique du 23 avril , tenu des propos de la dernière violence. Notamment celui-ci : « Je suis prêt à me révolter et je pousse mes camarades à la révolte. »

R. C’est complètement faux, je n’ai pas dit cela…

Q. Dans la même réunion du 23 avril, vous avez, à plusieurs reprises, proposé la candidature de Ravachol ?

R. C’était une fumisterie.

Q. Et vous vous êtes retiré de cette réunion, en criant à plusieurs reprises : « Vive l’anarchie »

R. Je ne l’ai crié qu’une seule fois, en réponse à des individus qui criaient : « Vive la République » et qui ne sont pas républicains.

Q. Vous avez fait parti du Comité central de la Ligue anarchiste dont le siège était à Paris, 13 rue de Maistre. Votre adresse a été donnée : M. Mercier, 6 rue Dacier à Angers ?

R. Je n’ai jamais eu connaissance de ce comité là. Ainsi que je l’ai déjà dit, je n’ai jamais fait partie d’aucun groupe.

Le renseignement qui a été fourni à ce sujet, sur mon compte est inexact.

Q. Dans la réunion du 15 octobre dernier tenue à Angers, sur l’initiative du sieur Philippe, dans le but évident de constituer un groupe anarchiste, vous avez à plusieurs reprises, pris la parole dans des termes qui doivent être considérés comme une provocation directe au meurtre. Vous avez dit, notamment : « espérons que nous nous servirons des marmites pour autre chose »

Vous avez dit également : « Les ouvriers devraient mettre la main sur les machines, chacun choisir dans le tas, il faut une révolution avec un chambardement à la clef ».

R. Je n’ai jamais tenu ces deux propos. Ils ne seraient pas d’accord avec mes idées. On m’attribue des propos qui sont peut-être tenus par d’autres.

Q. Vous avez encore dit, dans un autre passage : « Le capital amassé dans les caisses du patron est de l’argent volé. Ouvriers intelligents, vous devriez faire comprendre cela à vos camarades. Le moyen est tout indiqué : « tuer les patrons » (Il répète cela trois fois) et prendre leur matériel.

« Pourquoi en grève, ne met-on pas le feu dans la fabrique ? »

R. Si ces propos étaient exacts, comment n’aurais-je pas été poursuivi ? J’affirme catégoriquement que je n’ai pas dit tout cela. Il faudrait être fou pour tenir des propos comme cela, devant un commissaire. Je suis assez intelligent pour savoir ce que je dois dire et rien que cela.

Q. Vous avez également dans cette réunion annoncé que « tous les dimanches, à la même heure, vous feriez une conférence anarchiste dans le même local et qu’on entrerait au moyen de cartes ?

R. S’il a été fait une convocation de ce genre, elle a été faite par le propriétaire du local et non par moi.

Je persiste à affirmer que je suis, il est vrai un théoricien de l’anarchie, mais nullement partisan de la propagande par le fait.

Lecture faite, l’inculpé signe avec nous et le greffier.

2 U 2-142 Archives départementales du Maine-et-Loire

Lire le dossier : Les anarchistes à Angers : premières victimes des lois scélérates

GREGOIRE Alphonse, Marie. Fondeur en fer, mécanicien; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 6 août 1866 à Saint-Jean-de-Boiseau (Loire-Atlantique) ; fondeur en fer, mécanicien; anarchiste parisien.

Alphonse Grégoire figurait sur une liste d’anarchistes établie le 30 janvier 1893. Il habitait 20 rue d’Allemagne. Il venait chercher sa correspondance chez sa cousine. Il était considéré comme un militant exalté et exerçait le métier de fondeur en fer.
Il figurait sur l’état récapitulatif des anarchistes au 26 décembre 1893, son adresse était inconnue.
Au 14 avril 1894, il demeurait 44 rue Gauthey et était célibataire. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°253.666.
Il était arrêté le 1er juillet 1894, dans une rafle concernant 154 anarchistes. Son domicile, 45 rue Lafayette était perquisitionné ce qui permit la saisie de journaux, de chansons et d’un sac contenant des débris de métaux.
Il était transféré au Dépôt pour y être photographié par le service de l’identité judiciaire le 2 juillet. Mis à la disposition des autorités judiciaires dans le cadre de l’inculpation pour association de malfaiteurs, le juge d’instruction demandait des renseignements sur lui à la Préfecture de police. Ces renseignements étaient transmis le 6 juillet.

SOURCES :
Archives de la Préfecture de police Ba 310,1499,1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Archives départementales de Loire-Atlantique. Etat civil.