Guise. — A propos des petites notes, que nous avons publiées, dans nos derniers numéros, sur le Familistère de Guise, le Devoir, organe de M. Godin, pour nous répondre ne trouve autre chose à dire que « les anarchistes son des fous, des désorganisateurs et qu’ils font le travail de la police ». Répondre à un fait par une accusation, ce n’est pas répondre. Essayer de salir les autres, ce n’est pas se laver soi-même.

El puis, vraiment, nous admirons l’outrecuidance de ces messieurs. A les entendre, ces gaillards-là, ils sont le peuple, ils sont la solution de la question sociale, ils sont tout. Toucher à leurs personnes, c’est faire œuvre de réactionnaire ; dévoiler leurs petits tripotages, c’est compromettre le socialisme, parce qu’ils se sont parés de l’étiquette de socialistes et qu’ils ont étiqueté leur machine à exploiter du nom de «socialisme expérimental », ils deviennent tabous.

Nous en sommes fâchés pour vous, messieurs les bonzes ; mais nous avons perdu le respect des fétiches et des étiquettes. C’est justement parce que vous prétendez nous apporter la solution de la question sociale que nous voulons savoir ce que cachent vos promesses et vos belles paroles. Nous serons d’autant plus impitoyables que vous prétendez vous rapprocher de nous.

Les bourgeois cléricaux, bonapartistes, royalistes ou républicains nous exploitent, ils sont dans leur rôle. Avec eux il n’y a pas d’équivoques, ce sont nos ennemis; tout le monde le sait. Mais, voulant abolir leur exploitation, nous serions bien bêtes de laisser subsister celle des bourgeois qui veulent la couvrir du masque du socialisme. Vous pouvez vous couvrir de n’importe quelle étiquette, cela ne nous empêchera pas de vous donner des étrivières.

Le Révolté 26 juin 1886

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