Borinage.

Une longue et intéressante discussion a eu lieu à la dernière séance de la Fédération socialiste boraine ; cette discussion n’a pas donné de résultats définitifs, et elle sera reprise dimanche à Cuesmes.

Nos amis de Cuesmes m’ont assuré qu’on était fort peu content dans leur section de la manière jésuitique dont la Voix de l’ouvrier avait rendu compte du meeting de Cuesmes. On m’assure pourtant que le secrétaire de la section de Cuesmes avait écrit au sieur Bertrand et lui avait envoyé le compte rendu (réel) du meeting. Il faut croire que M. Bertrand n’aura pas tenu compte de cette lettre.

N. Morvin

Nous avons plus que jamais besoin de l’union des révolutionnaires socialistes, car la tyrannie de nos maîtres augmente chaque jour.

C’est un nommé A.R., congédié il y a un an de la Fosse Saint-Félix et rentré depuis peu de jours à la fosse Sainte-Hortense, qui s’empresse de faire diminuer les journées des ouvriers : c’est à peine si l’on gagne 2 francs par jour dans cette fosse.

C’est un nommé C., au charbonnage de Pâturages et Wasmes, qui s’arrange de manière à ce que de pauvres malheureux ne gagnent plus que 1, 50 francs et quelquefois même 1,30 fr. par jour.

Est-ce que cela peut durer ainsi ? Que signifient les petites réformes, le suffrage universel et toutes les farces que nous débite la Chambre du travail en présence de nos misères et de nos souffrances ?

Unissons-nous, révolutionnaires de tous pays ; oublions nos petites chicanes ; il ne faut pas penser à sa personne, quand il y a tant de malheureux qui crèvent de faim ; unissons-nous, organisons-nous et faisons au plus vite la Révolution sociale.

Barque

La Voix de l’ouvrier a déclaré dans un article non signé que les correspondants belges de la Révolution sociale étaient des drôles.

Nous avons tout lieu de supposer que cet article a été écrit en partie par le sieur Bertrand et en partie par le sieur Duverger ; celui-ci s’est empressé de présenter l’article à un de nos amis comme émanant non de lui mais du rédacteur ordinaire de la Voix de l’ouvrier.

N’est-ce pas là une manœuvre de jésuite ?

Quand au sieur Bertrand, il est la véritable cause des divisions qui se sont produites entre les socialistes belges. Je tiens à déclarer ici, surtout à cause de nos amis borains, que j’ai pu constater moi-même que toutes les tentatives de conciliation échouaient devant l’entêtement de M. Bertrand.

J’étais décidé à ne plus m’occuper que des questions de principes, mais en présence de l’obstination de cet ancien traître de l’Internationale, je considère toutes les personnalités que je pourrais faire à son égard comme un devoir à remplir vis-à-vis de tous les socialistes dignes de ce nom.

Reivax ( Xavier Stuyck)

La Révolution sociale n°6 23 janvier 1881

Lire le dossier : Les anarchistes en Belgique avant les émeutes de 1886