Du 1er avril 1882

Tribunal de première instance de l’arrondissement de Roanne

Chambre d’instruction

Procès-verbal d’interrogatoire

L’an 1882, le 1er avril, pardevant nous Chevalier-Joly Henri, juge d’instruction près le tribunal de 1ère instance, séant à Roanne, étant en notre chambre, au palais de justice dudit lieu, assisté de Barriquand Claude, Marie, greffier du même tribunal.

Est comparu la personne ci-après nommée Vergiat

A l’interrogatoire de laquelle nous avons procédé ainsi qu’il suit :

Demande à elle faite de ses noms, prénoms, âge, profession, lieu de naissance, demeure, etc.

Elle a répondu :

Je me nomme Vergiat Claude, 33 ans, employé à la Société générale à Roanne.

(début de l’interrogatoire non recopié)

Q. Avez-vous entendu dire que l’attentat dirigé contre M. Bréchard ait été le résultat d’un complot formé par un certain nombre d’ouvriers ?

R. Je ne puis vous rapporter qu’un bruit qui a courru dans le public et consistant à dire qu’un certain nombre d’ouvriers s’étaient réunis la nuit qui a précédé cet attentat et avaient tiré au sort pour désigner celui qui tirerait sur M. Bréchard. Ces propos ont couru et courent encore dans la rue, mais je ne puis préciser quels sont ceux qui l’ont tenu.

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Du 6 avril 1882

Tribunal de première instance de l’arrondissement de Roanne

Chambre d’instruction

Procès-verbal d’interrogatoire

L’an 1882, le 6 avril, pardevant nous Chevalier-Joly Henri, juge d’instruction près le tribunal de 1ère instance, séant à Roanne, étant en notre chambre, au palais de justice dudit lieu, assisté de Barriquand Claude, Marie, greffier du même tribunal.

Est comparu la personne ci-après nommée Darme

A l’interrogatoire de laquelle nous avons procédé ainsi qu’il suit :

Demande à elle faite de ses noms, prénoms, âge, profession, lieu de naissance, demeure, etc.

Elle a répondu :

Je me nomme Darme Joseph, 47 ans, négociant à Roanne.

(début de l’interrogatoire non recopié)

Quant à la question de savoir si cet attentat est le fait de Fournier seul ou s’il est le résultat d’un concert ou d’un complot formé par un certain nombre d’ouvriers, je ne puis dire qu’une chose, c’est qu’il court dans le public un bruit d’après lequel cette tentative d’assassinat serait le résultat d’un complot formé contre les patrons, mais il m’est impossible de rien affirmer à cet égard, ni de citer aucun fait qui puisse faire croire ce bruit ait un fondement quelconque.

Source : 4 U 238 Archives départementales de la Loire

Voir également le témoignage de la mère de Fournier : « Je ne croirai jamais a dit la mère que mon fils a commis ce crime par sa volonté. Le bruit court dans le quartier, qu’il appartenait à une société, que l’on a tiré au sort hier matin, pour désigner celui qui ferait le coup ; car avant hier, il était gai, tandis qu’hier matin, il était triste. » Rapport du commissaire de Roanne

« Ainsi tombent les racontars qui circulaient, hier, dans le public, au sujet d’une prétendue association dont Fournier n’aurait été que l’instrument désigné par le sort. »

Le Journal de Roanne 26 mars 1882

Lire le dossier : Pierre Fournier de Roanne, premier propagandiste par le fait. 24 mars 1882