Tribunal de 1ère instance du département de la Seine.

L’an 1917, le 13 novembre devant nous G. Demangeat, juge d’instruction au tribunal de première instance du département de la Seine, en notre cabinet, au palais de justice, à Paris, assisté de Raphanel, commis-greffier assermenté,

Est comparu le témoin ci-après nommé, auquel nous avons donné connaissance des faits sur lesquels il est appelé à déposer.

Appelé hors la présence de l’inculpé, après avoir représenté la citation à lui donnée, prêté serment de dire la vérité, rien que la vérité et enquis par nous de ses nom, prénoms, âge, profession et demeure, s’il est domestique, parent ou allié des parties et à quel degré, le témoin nous a répondu et fait sa déposition ainsi qu’il suit :

Foury Eugène, 37 ans, coiffeur, 20 impasse des Couronnes.

Le 23 septembre dernier dans l’après-midi, vers 2h, je me promenais sur la zone des fortifications où étaient installées des baraques foraines avec des jeux, loteries et autres. Il y avait foule à cet endroit.

A un moment donné, j’ai entendu des femmes dire : « Il y a là un individu qui court après les petites filles ». J’ai voulu alors me rendre compte moi-même de ce qui se passait et je me suis approché tout près de l’individu qui était ainsi signalé.

Devant une petite (?) sur laquelle se trouvait une loterie, j’ai vu l’individu qui est bien celui dont vous me montrez la photographie, se placer derrière une petite fille de 10 à 12 ans et de la main droite lui palper les fesses.

Cet enfant a fait un écart sur le côté à ce moment là et l’inculpé s’est retiré. Il est allé ensuite auprès d’autres baraques où se trouvaient des enfants, mais là je n’ai pas pu le voir continuer son manège.

Quelques instants après, devant une autre baraque où se trouvait une foule assez compacte, j’ai vu une femme le gifler et lui dire : « Dégoûtant ! Si c’est pas honteux de mettre votre main entre les jambes des petites filles. » L’homme a alors pris la fuite ; en même temps que d’autres personnes, j’ai couru après et des agents (?) l’ont mis en état d’arrestation, puis conduit au commissariat de police où j’ai été confronté avec lui et l’ai parfaitement reconnu.

Au commissariat, il a dit : « Si ça me plait de donner de l’argent aux petites filles, cela ne regarde personne. »

Lecture faite, a persisté et signé.

Archives de Paris D.2 U6 dossier 199

Lire l’ensemble du dossier : Sébastien Faure et la pédophilie