Préfecture de police

Direction générale des recherches

2e brigade

3e Division

Banquet des Naturiens

Paris le 29 septembre 1895

Rapport

Hier soir à 7h ½ a eu lieu 11 rue Lepic, au restaurant dit A la Tartine, un banquet organisé par les Naturiens, société d’études tendant au retour à l’état naturel.

Le prix de la carte était fixé à 2fr.

36 personnes ont assisté au banquet.

Gravelle ouvre la série des discours. Comme à son habitude, il donne des explications sur l’état naturel et il manifeste l’espoir qu’une personne désintéressée donnera un jour au groupe, un terrain assez vaste pour y fonder une colonie.

Il remercie les personnes qui ont bien voulu assister au banquet et cède la parole à Bariol.

Ce dernier ne dit que quelques mots.

Il déclare que le banquet a pour but de resserrer les liens qui unissent les Naturiens.

En terminant, il remercie le sieur Bigot pour le grand nombre d’adhérents qu’il a amené au groupe.

Martin dit que bien qu’il y ait entre lui et Gravelle des divergences d’idées, il s’associe pour la circonstance à l’oeuvre de ce dernier.

Marné fait comme Gravelle un discours sur l’état naturel.

Il croit que les ouvriers qui travaillent dans les usines seraient satisfaits de voir pour eux une ère nouvelle.

On passe ensuite à la partie récréative de la soirée. A ce moment 56 personnes sont dans la salle.
Paillot chante la chanson L’Etat naturel.

Mlle Henriette interprète ensuite L’Amiral et une autre chansonnette.

Mlle Ehart récite une poésie.

Zisly lit les vers ci-joints de sa composition.

Renard dit Georges chante La Carmagnole et Bigot La Commune.

La séance est levée à minuit sans incident.

Le commissaire de police.

Archives de la Préfecture de police Ba 158

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