Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 6 janvier 1877 à Paris (XXe arr.) ; mort le 1er août 1898 ; vernisseur, cocher, homme de peine ; anarchiste parisien.

Le 27 décembre 1893, Eugène Hettig (souvent orthographié Hettisch ou parfois Hettich), qui en novembre-décembre avait demeuré dans un garni 11-13 rue des Vignoles (Paris XXe arr.), avait été signalé comme militant anarchiste, tout comme Guillaume Springer, Henri Smogglie et Nicolas Kieffer qui avaient résidé à la même adresse entre août et décembre. Selon la police ils auraient été tous en contact avec Jacques Mérigeau qui venait d’être arrêté suite à l’attentat de Vaillant.
Il demeurait alors chez ses parents au 29 rue d’Avron. Le 16 mars, en vertu d’un mandat d’amener pour « association de malfaiteurs », il fut arrêté et l’objet d’une perquisition infructueuse. Il nia être anarchiste, répudiant les théories de ce parti et affirma ne pas connaître d’anarchistes, notamment Mérigeau, ou alors à son insu.
Il bénéficia d’un non lieu en juin suivant mais fut dès lors soumis à une surveillance journalière de la police du 16 mai au 31 juillet 1894. Par la suite, la surveillance pour vérifier son adresse devint mensuelle.
Le 1er septembre 1894 il fut interpellé pour « scandales et insultes sur la voie publique » avant d’être relâché quelques heures plus tard.
Il figurait sur les état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1894 et 1896.
Le 9 janvier 1895, il s’était présenté au recrutement pour passer la visite médicale et contracter un engagement. Il fut refusé pour « varices ».
Le 25 mars 1896, un rapport de la 3e brigade de recherches de la Préfecture de police signalait que son frère, ancien employé de chemin de fer qui travaillait alors chez un ébéniste, avait été dénoncé par la femme d’un ouvrier travaillant dans le même atelier, comme pouvant avoir les mêmes idées que son frère et comme voyageant gratuitement sur les lignes de la Ceinture grâce à une casquette d’ordonnance de la compagnie qu’il avait conservée.
Le 5 juin 1896 Eugène Hettig fut admis à l’hôpital Saint Antoine dont il sortit le 4 juillet suivant. Le 18 septembre 1897 il fut de nouveau admis à l’hôpital Tenon avant de retourner chez ses parents le 6 octobre. Pendant son séjour à l’hôpital il avait été dénoncé par un autre malade pour avoir fait « l’apologie de l’anarchie » et avoir qualifié de « martyrs » Vaillant et Emile Henry. Durant son séjour à l’hôpital, il lisait le Libertaire et selon son dénonciateur aurait été porteur de deux coups de poing américain.
Hettig fut ajourné au conseil de révision de 1897.
Le 20 juin 1898 il fut de nouveau admis à l’hôpital Tenon où il mourut le 1er août. Eugène Hettig fut surveillé mensuellement jusqu’à sa mort, sans qu’un motif ou des faits particuliers puissent justifier un tel contrôle, la 3e brigade de recherches se contentant de noter son adresse.
Il était encore sur l’état récapitulatif des anarchistes de 1901, avec sa date de décès. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°72.122 et le nom Hettisch.

SOURCES :
Notice Eugène Hettisch du Dictionnaire des militants anarchistes — Archives de la Préfecture de police Ba 1120, 1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine — Archives de Paris. Registre matricule 4285,1er bureau, classe 1897.