Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 31 mai 1857 à Lesterps (Charente), mort le 20 janvier 1903 à Nanterre (Hauts-de-Seine) ; garçon des postes, journalier, pâtissier ; anarchiste parisien.

Julien Jaffard, dont le père était typographe au journal Le Gaulois, avait travaillé à partir de 1883 comme garçon de bureau à l’administration des Postes et télégraphes. Il en avait été renvoyé en 1889 pour « intempérance et inexactitude ».
Le 31 mars 1892, lors d’une conférence rue Victor Cousin présidée par le député Trelat, il avait été arrêté pour avoir crié « A bas Trelat ! Vive l’anarchie ! Vive Ravachol ! ».
Deux gardiens de la paix avaient tenté de l’interpeller, mais d’une violente bourrade, il repoussa les agents et s’enfuit à toutes jambes. Rejoint par les gardiens de la paix, il fut, après une longue lutte, terrassé et solidement garrotté. Au poste, interrogé par M. Lejeune,commissaire de police, il avait déclaré au commissaire :
Vous allez faire de Ravachol un martyr, mais nous le vengerons, et tous ceux qui auront coopéré a son arrestation seront sacrifiés. Vive l’anarchie !
On avait trouvé sur lui, des écrits anarchistes, des convocations à des réunions du groupe Le droit à la vie, un revolver chargé et un couteau. Il avait été envoyé au Dépôt.
Le 13 février 1893, il demeurait 13 rue de Bièvre, son nom figurait sur l’état des anarchistes au 26 décembre 1893.
Le 9 mars 1894, il avait été condamné à 7 jours de prison pour « mendicité ».
Le 30 juin 1894, le préfet de police délivrait un mandat de perquisition et d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs (art 265 et 266 de la loi du 18 décembre 1893).
Le 1er juillet 1894, il fut l’objet d’une perquisition à son domicile, 2bis rue Saint Médard, qui ne donna aucun résultat. À cette époque il subsistait en distribuant des prospectus sur la voie publique, traînant des « voitures réclames » et il faisant des corvées de toutes sortes. Il vivait maritalement avec Louise Grenaud, 42 ans. Il fut envoyé au Dépôt.
Le 7 juillet, il était interrogé par le juge d’instruction Anquetil et déclara : « Je n’ai aucun rapport avec les anarchistes, je ne vais dans aucune réunion. Je ne suis pas très heureux depuis quelques temps. J’ai un frère à l’imprimerie du Gaulois, il me donne quelques secours. J’ai quelquefois des attaques d’épilepsie ce qui me gène pour travailler. » Son frère, interrogé par la police, reconnut lui donner souvent à manger, mais jamais d’argent « parce qu’il dépensait tout ». Selon un rapport de police Jaffard était « réputé comme un alcoolique, dont les facultés mentales seraient affaiblies par suite d’excès ».
Il fut incarcéré à Mazas et remis en liberté le 19 juillet.
Jaffard figurait sur l’état des anarchistes au 31 décembre 1894. Son adresse était 56 rue Mouffetard.
Le 29 juin 1895, le juge d’instruction Meyer rendit une ordonnance de non lieu, dans l’affaire d’association de malfaiteurs.

SOURCES :

Archives de la Préfecture de police Ba 78, 1500. — Archives de Paris D3 U6 50. — Archives des Hauts-de-Seine. Etat civil. — L’Intransigeant 2 avril 1892. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Notice Julien Jaffard du Dictionnaire biographique des militants anarchistes.