Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 6 mars 1872 à Paris (XVIIIe arr.), mort le 2 décembre 1902 à Paris (XIXe arr.) ; journalier, valet de chambre, photographe ; anarchiste parisien.

Gaston Perot avait fait la connaissance de Pasdeloup, candidat socialiste aux élections municipales de 1890, il l’avait suivi, ainsi que d’autres jeunes gens, dans les réunions publiques et depuis cette époque, il fréquentait assidûment les réunions anarchistes et lisait le Père Peinard.
Gaston Perot avait été signalé dans les réunions en 1893, notamment celles de la Ligue des antipatriotes. A l’été 1893 il participa à la campagne abstentionniste menée lors des élections législatives et aux perturbations de divers meetings électoraux.
Le 12 juillet 1893, Perot se retrouvait avec d’autres anarchistes, dans un bar qui se trouvait au coin de la rue Réaumur et de la rue Turbigo. Ils essayaient d’attirer l’attention des consommateurs dans l’espoir de les convertir à l’anarchisme et disaient que s’il y aurait une émeute, le 14 juillet, il faudrait être plus terribles contre les agents et aussi contre la troupe.
Le 23 juillet 1893, Perot avec d’autre anarchistes, décidaient de ne pas manquer une réunion socialiste pendant la période électorale. Ils prévoyaient de s’emparer du bureau des réunions et de distribuer aux assistants de vieux manifestes du Père Peinard.
Selon le rapport de l’indicateur Thanne du 31 juillet 1893, « plusieurs anarchistes, parmi lesquels Millet, Gaston Perot, Richard, voudraient arriver à se procurer de la dynamite, pour imiter Ravachol. Ces trois compagnons, principalement, seraient capables de commettre des attentats, Millet et Pérot surtout. »
Le 1er août 1893, Pérot se trouvait à la permanence anarchiste établie chez Horel, 13 rue Aumaire, mais il n’étant pas assez nombreux, ils ne se rendirent à aucune réunion pour la perturber. Ils prévoyèrent le soir d’aller dans différents quartiers pour inciter les autres anarchistes à venir à la permanence.
Le 5 août 1893, Perot se trouvait avec douze anarchistes, chez un marchand de vins en face de chez Denéchère. Les anarchistes des XIIe et XXe arrondissement, s’y étaient retrouvés afin de se rendre dans les réunions électorales.
Le 10 août 1893, Pérot participait à une réunion chez Chavanne pour discuter de la tactique à adopter pour combattre les candidats. Il était décidé de combattre principalement les candidat parti ouvrier et les autres socialistes.
Le 12 août 1893, Pérot était chez Chavanne où il était décidé que ce dernier se porterait candidat dans la 2e circonscription du XVIIIe arrondissement, pour combattre toutes les candidature, mais surtout celle de l’abbé Garnier. Pouget mettait 3.000 affiches à la disposition de Chavanne.
Le 17 septembre 1893, Pérot participa à une réunion salle Nicaise, 1 rue des Petits Carreaux, sur les fêtes patriotiques franco-russes et l’attitude des anarchistes
Le 26 septembre 1893, Pérot fut présent à une réunion 70 rue d’Angoulême où devait être décidé de la conduite à tenir lors des manifestations en l’honneur des marins russes. Perot proposa que tous les malheureux et vagabonds de Paris fussent convoqués, place de l’Opéra. Il avait proposé avec Lucas de distribuer dans les asiles de nuit une convocation de tous les pauvres et miséreux à se rendre Place de l’Opéra pour « une distribution de soupe gratuite ».
Selon le rapport d’un indicateur du 1er octobre 1893, Perot, Boissier, Bruneau et d’autres « avaient l’intention de former un comité, dans un quartier bourgeois de Paris, afin de recueillir des souscriptions qu’ils appliqueront à leur besoins personnels, au lieu de les consacrer à l’organisation des fêtes. »
Perot figurait sur l’état des anarchistes du 26 décembre 1893, il demeurait 24 rue Véron.
Il fut perquisitionné le 1er janvier 1894, dans le cadre d’une rafle des anarchistes. Il était absent lors de la perquisition à son domicile qui fut infructueuse, chez ses parents, 9 rue du Chaudron.
Arrêté le 4 mars 1894, pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’affaire de la rue des Abbesses (voir Marcel Hervy). Parmi ses papiers, on avait trouvé le brouillon de lettres adressées à la duchesse d’Uzès, dans lesquelles il lui exposait avec force phrases ampoulées, les théories, les tendances et le but de l’anarchie. Il finissait en lui réclamant un peu d’argent pour ses menus besoins.
Il fut libéré le 10 mars 1894.
D’un tempérament maladif et atteint de tuberculose, il était souvent obligé d’aller à l’hôpital et ne pouvait se livrer à aucun travail régulier. Il aidait son père qui était distributeur d’imprimés.
Il fut déclaré « bon pour le service » par le conseil de révision en 1894. Le 16 novembre 1894, il était incorporé au 153e régiment d’infanterie. Il était réformé le 24 novembre 1894, pour tuberculose pulmonaire.
Le 19 décembre 1901, il se maria avec Pauline, Marie François, cartonnière à Paris (XIXe arr.)
Son dossier à la Préfecture de police portait le n° 330.783.
À la fin de sa vie, il demeurait 39 rue Petit.

SOURCES : Archives de la Préfecture de police, Ba 78, 80,1491, 1497, 1498, 1500 . — Archives Nationales F7/12508. — Archives de Paris. Registre matricule 555. D4R1 681. État civil. — Le Radical 3 janvier 1894 .— Le Petit caporal 5 mars 1894 — Notice Perrot Gaston du Dictionnaire des anarchistes .