Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 5 mars 1853 à Paris (IXe arr.) ; graveur sur bijoux ; marchand de curiosités ; soupçonné d’anarchisme à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Joseph Gama faisait partie de la classe 1873, il avait tiré au sort à Paris (VIIIe arr.) le n°128. Il fut exempté du service militaire, ayant un frère sous les drapeaux.
Le 9 octobre 1886, il avait été condamné à trois mois de prison pour complicité de vol.
Le 4 juillet 1894, M. Rocher, commissaire de police à Levallois-Perret, faisait une perquisition dans un garni, 21 rue Valentin, signalé comme étant le refuge habituel de prostituées et de souteneurs. Il arrêtait, indépendamment de douze souteneurs et de trois prostituées, Joseph Gama qu’ils trouvèrent couché avec Marie Legrand, connue comme se livrant à la prostitution. Gama qui était anarchiste, avait été signalé à la police comme n’ayant aucun moyen d’existence et vivant de l’activité de Marie Legrand. Il fut arrêté et conduit au commissariat pour y être interrogé. Il déclara qu’il vendait des curiosités pour son compte et qu’il n’avait aucun stock, travaillant à la commission et que son activité lui rapportait 5 fr. par jour, en moyenne. Depuis 7 ans, il achetait des objets d’occasion dans les ventes et les revendais sur les marchés. Il expliqua que Marie Legrand ne se prostituait plus depuis un an et qu’il la connaissait depuis plusieurs années, quant à elle, elle déclara ne plus se livrer à cette activité depuis 15 jours. Il nia être anarchiste. Il fut envoyé au Dépôt et présenté au juge d’instruction le 6 juillet, qui l’inculpa d’association de malfaiteurs et vagabondage spécial (proxénétisme).
Joseph Gama et Marie Legrand habitaient au 21 rue Valentin depuis le 31 mars jusqu’au 4 juillet 1894. Selon sa logeuse, ils ne travaillaient pas, elle les voyait partir le soir et rentrer tard dans la nuit. Pour elle, il s’agissait d’un souteneur et d’une fille publique.
Son précédent logeur 19 rue de Courcelles à Levallois-Perret où il était resté du 15 juin 1892 au 3 décembre 1893, ne l’avait jamais vu travailler, quant à Marie Legrand, selon les voisins, elle racolait les passants le soir et semblait exercer son activité à Paris et pas sur Levallois-Perret. Convoquée par le juge d’instruction, elle ne se rendit pas à la convocation et fut vainement recherchée par la police.
Selon un rapport de police, Joseph Gama fréquentait les anarchistes Léveillé, Boucher, Bocquet et Chatillon, ces deux derniers arrêtés en même temps que lui au 21 rue Valentin. L’instruction n’ayant pu relever de charges suffisantes, il fut libéré le 13 août 1894. Le 30 juillet 1895, le juge d’instruction Meyer délivra une ordonnance de non lieu.

SOURCES :
Journal des débats 5 juillet 1894 — Archives de Paris D.3 U6 dossier 51