Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Né le 1er mai 1867 à La Comté (Pas-de-Calais), mort le 30 décembre 1911 à Paris (XIIe arr.) ; garçon de café ; anarchiste parisien.

Lucien Bécu était un enfant naturel, reconnu par sa mère, Justine Mortellet, sans profession, âgée de 19 ans. Il fut reconnu et légitimé lors du mariage de sa mère avec Henri, François Bécu le 9 novembre 1872.
Le 18 juillet 1887, les membres de la « Société des Egaux, révolutionnaires anti-propriétaires » avaient agité tout Montmartre, en déménageant à la cloche de bois une locataire de la maison numéro 38 rue des Abbesses. Une voiture à bras était amenée, une bande de déménageurs se précipitait à travers l’escalier et, en dépit du concierge, enlevait les meubles, saisis par autorité de justice, de la locataire. Le concierge, plus ou moins battu dans la bagarre, appelait la police. On rattrapait les meubles et, du coup, on fourrait tout ce monde au poste.
Le 18 août 1887, comparaissaient devant le tribunal correctionnel, sous la prévention de tentative de détournement d’objets saisis, ou de complicité de ce délit, et, par surcroît, pour quelques uns, de coups et blessures sur la personne du concierge et des agents, d’abord la dame Delacour, puis Jules Leroux, Lucien Bécu,Jean Couchot, Louis Thérion, Mathias Laumesfelt, Laurent Ansiaux, Pierre Dufour, journaliers, tailleurs, coloristes, et artiste-peintre, profession du dernier nommé.
Après plaidoiries de avocats, le tribunal acquitta Pierre Dufour, Leroux, Bécu, Thérion, Laumeselt, Ansiaux, la preuve n’étant pas établie contre eux qu’ils aient eu connaissance de leur coopération à un enlèvement de meubles saisis.
La dame Delacour fut condamnée à un mois de prison ; Jean Couchot s’était entendu condamner à quatre mois de la même peine. « Merci pour l’anarchie  ! » murmura celui-ci.
Le 9 septembre 1887, pour avoir tiré au revolver sur des réactionnaires qui les avaient attaqué à la sortie d’une réunion le 11 juin précédent à Choisy le Roi, il fut condamné par la cour d’appel de Paris (8e chambre) à 1 mois de prison tandis que son camarade Voghera était condamné à 8 jours de prison et 50 francs d’amende. Il fut détenu début mars 1888 après avoir été arrêté chez le compagnon Duprat rue du Raincy.
En octobre 1888, il fut suspecté par la police d’avoir été envoyé dans le bassin houiller de Verviers (Liège) par les compagnons de l’alimentation parisienne (Espagnac, Soudey…) pour s’y procurer des explosifs en vue d’attentats contre les bureaux de placement. Le mois suivant il fut soupçonné d’être lié à plusieurs attentats commis contre des bureaux de placement, mais, selon la police était reparti en Belgique.
Le 12 novembre 1888, il était incorporé comme soldat au 110è de Ligne à Dunkerque, jusqu’au 24 septembre 1891.
Le 25 septembre 1891, il demeurait 44 rue Palikas.
Au début des années 1890 il demeurait 111 rue Montmartre avec sa compagne Jeanne Montaran (ou Montarou  ?) femme de ménage.
En avril 1892, Bécu était membre du groupe International, se réunissant tous les dimanches dans l’après-midi, salle Horel, rue Aumaire.
Il figurait sur l’état des anarchistes dressé le 26 décembre 1893.
Lors des rafles du 1er janvier 1894, la perquisition à son domicile ne donna aucun résultat.
Le 22 février 1894, à onze heures, Bécu avait été ramené chez lui, en voiture, où le commissaire de police du quartier et deux agents de la sûreté avaient procédé à une perquisition qui avait duré près d’une demi-heure. Il habitait depuis six mois, 111, rue Montmartre, une chambre, au sixième, sur la cour ; qu’il avait en sous-location. Il payait un loyer de 300 francs par an, et vivait avec une jeune femme qui faisait des ménages. Ils avaient deux enfants.
Il fut de nouveau arrêté le 5 mars 1894, pour association de malfaiteurs, il avait été photographié et mesuré au service de l’identité judiciaire. Le 28 mars, sur réquisition du juge d’instruction Meyer, son courrier était saisi par l’administration des postes qui le remettait à la police. Son dossier à la Préfecture de police portait le n°296.147.
Il figurait sur l’état des anarchistes au 31 décembre 1894. il habitait 219 rue St Martin et on le trouvait aussi sur celui au 31 décembre 1896 et celui de 1901.
Lucien Bécu changeait assez souvent d’adresse  : le 31 octobre 1895, 150 rue St Denis  ; le 5 juillet 1897, 11 rue Tiquetonne  ; le 19 mai 1899, 42 rue Lepic  ; le 21 mars 1901, 4 Cité du Midi  ; le 25 janvier 1902, 8 rue Biscornet (XIIe)
En 1900 la police signalait qu’il ne fréquentait plus que par intermittence les réunions.
Bécu fut réformé par la commission spéciale de Paris le 18 mars 1905, pour amaigrissement.

SOURCES  : La Révolte 17 septembre 1887, année 1888 — Archives de la Préfecture de police BA 138, 1498, 1500 — Arch. Nat. BB 186454 — Le XIXe Siècle 19 août 1887 — La Justice 23 février 1894 — Archives départementales du Pas-de-Calais 3 E 232/8  ; classe 1887 1 R 8072 — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56  : les anarchistes de la Seine — Notice Bécu Lucien du Dictionnaire des militants anarchistes.