Né le 6 avril 1886 à Paris (17ème), décédé le 17 décembre 1932 à Bourges (Cher), dessinateur industriel, peintre en bâtiment, artiste peintre, musicien, marié, sans enfant. Anarchiste parisien.

Le 31 décembre 1903, il fut condamné par le tribunal correctionnel de Caen à 50 francs d’amende pour blessures par imprudence et le 23 juin 1904, par cette même juridiction et par défaut, à 50 francs d’amende, pour dégradation d’objets d’utilité publique.
Le 13 septembre 1919, il épousa à Paris (18ème) Emilienne Grosjean, née le 10 avril 1883 à Epernay (Marne), mère de l’anarchiste Eugène Godchaux. Elle était employée au Ministère des finances.
Il fit partie de la classe 1905, avec le matricule 136.
Engagé volontaire pour 4 ans le 6 janvier 1906, au 5e régiment d’infanterie et versé dans la musique, Le Tourneur fut libéré le 6 janvier 1910.
Il s’engagea de nouveau pour 5 ans le 12 juillet 1912 au 23e régiment d’infanterie coloniale et fut mis en congé et démobilisé le 22 septembre 1919.
Il s’installa alors au n°13 du passage Ramey où il y demeura jusqu’en décembre 1924.
Le Tourneur fréquenta le milieu libertaire à partir de mars 1923.
Le 13 mars 1923, au cours d’une réunion du comité d’initiative de l’Union anarchiste, il accepta les fonctions de gérant du journal Le Flambeau, organe libertaire de l’Afrique du Nord, publié et édité en Algérie, en remplacement de Lopez résidant à Alger.
Dès le 13 avril 1923, il collabora au Libertaire. Dans ses premiers articles, il commenta l’assassinat de Marius Plateau et écrivit que le véritable assassin était « l’honorable Léon Daudet ».
Dans le Libertaire du 20 juillet 1923, il fit le compte rendu du procès des anarchistes Loréal et Lentengre devant la cour d’appel et prétendit que le verdict était dicté par les camelots du roi.
Lors du congrès de l’Union Anarchiste (UA) tenu à Paris les 12-13 août 1923, Letourneur avait été nommé au conseil de rédaction du Libertaire quotidien mais il ne remplit jamais ses fonctions et depuis lors sa présence ne fut plus constatée dans le milieu libertaire.
A partir de juillet 1926, il demeurait 7 passage Ramey où il avait fait construire un petit atelier de peinture dans la cour de l’immeuble. Comme musicien, il effectuait quelques cachets dans les bals.
Il se disait artiste dramatique mais exerçait en réalité la profession de peintre en bâtiment.
Le 19 février 1927, Le Tourneur figurait encore sur la liste des anarchistes, transmise deux fois par mois au Cabinet du préfet de police.

SOURCES :
Préfecture de police Ba 1657 — Archives de Paris, Registres matricules de recrutement D4R1 1385 — Etude de presse : le Libertaire quotidien, 4 décembre 1923-26 mars 1925 par Josianne Garnotel, Mémoire. Paris I, 1970. 135 p. — Notes Rolf Dupuy