Entrée des guesdistes dans la Fédération nationale.

La fraction des guesdistes est représentée à Lyon par cinq ou six groupes dont les militants sont les nommés Brugnot et Farjat.

Farjat étant membre de la commission exécutive du Congrès a conçu le projet d’organiser une Fédération guesdiste.

Dans ce but, il s’est mis en relations avec les principaux militants de cette fraction, savoir : à Paris, avec Guesde et Lafargue ; dans le Midi avec Paule Minck, dans le Centre avec Dormoy et dans le Nord, Bordeaux, etc., avec plusieurs autre guesdites.

Il est à peu près convenu que le prochain Congrès aura lieu à Montluçon, où habite le nommé Dormoy qui sera chargé de faire nommer une Commission pour organiser ledit Congrès.

Le nommé Farjat irait lui-même, au nom de la Commission exécutive de Lyon, à Montluçon, et toutes les villes où se trouvent des groupes guesdistes seraient invités à envoyer des délégués.

On formerait ainsi définitivement la Fédération dont la majorité serait guesdiste, c’est à dire révolutionnaire.

Guesde, Dormoy et Paule Minck ont déjà répondu au nommé Chavrier, secrétaire de la Commission exécutive qu’ils allaient faire tout leur possible pour que le nouveau Congrès aboutisse selon leurs vues.

Les guesdistes craignent, comme les élections municipales de Paris viennent de donner une grande force à la fraction possibiliste, que les principaux orateurs de cette fraction viennent à s’emparer en province des syndicats, comme ils l’ont déjà fait en Algérie où l’un des leurs, le nommé Allemane, a organisé une Fédération algérienne.

Aussi les guesdistes veulent-ils prendre les devants et organiser au moyen du Congrès de Montluçon, les syndicats en province.

En définitive ils veulent que le socialisme, s’il vient à s’implanter en province, tourne au profit des candidatures guesdistes.

Le commissaire spécial.

20 mai 1887

Archives départementales du Rhône 10 M 340