Le 5 février 1890, le groupe Les anarchistes de Montmartre se réunissait chez Delaporte, 19 rue de Clignancourt. Jamin aurait voulu discuter sur l’opportunité du manifeste des chambres syndicales et groupes ouvriers de Paris, mais vu le petit nombre d’assistants, la discussion fut renvoyée à une séance ultérieure.

Le 19 février 1890, le groupe Les libertaires du XVIIIe organisait une réunion publique au Café de l’exposition, 26 boulevard Rochechouart sur le thème de l’amour libre. Une soixantaine de personnes dont 20 femmes étaient présentes. Lucien Weil préconisa l’amour libre, combattit les préjugés des unions légales qui entravaient la liberté de l’homme et de la femme.

Cabot et plusieurs anarchistes combattirent ces idées qu’ils jugeaient malsaines contre Martinet et Fanny qui les approuvaient, celle-ci toutefois demandait une garantie pour les femmes.

Le même jour, Jamin assistait à la réunion du groupe Les anarchistes de Montmartre. Il blâma les compagnons qui soutenaient le groupe de l’amour libre, lequel était appelé à faire beaucoup plus de mal que de bien au parti.

Le 20 mars 1890, avait lieu, 36 rue de Clignancourt, une réunion du groupe Les libertaires du 18e arrondissement.

Jamin voulait discuter de la Conférence internationale concernant le règlement du travail dans les établissements industriels et dans les mines se tenait à Berlin du 15 au 29 mars 1890 mais Charveron lui fit observer que les anarchistes n’avaient pas à s’occuper de ce que pouvaient faire les bourgeois qui se rendaient à Berlin :« Ce dont nous avons à nous occuper, c’est de faire la révolution le plus tôt possible pour exterminer toute cette bande de grugeurs qui nous exploite ».

Toutefois Malato devait se charger de traiter de la Conférence de Berlin, le dimanche suivant.

Le 28 avril 1890, Pouget, Constant Martin, Bernard, Choua et Jamin s’étaient donné rendez-vous chez Duprat, marchand de vins, restaurateur, pour prendre certaines décisions au sujet de la manifestation du 1er mai.

Pouget et Constant Martin firent remarquer que la plupart des socialistes influents faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour retenir les délégations sur le terrain pacifique. Jamin, Choua et Bernard répondirent : « Nous n’avons pas à nous inquiéter si tel ou tel groupe marchera ou ne marchera pas. Il faut que la manifestation réussisse, voilà le but ; et si elle réussit ce ne sera que grâce au courage et à la ténacité des masses exploitées, qui lasses de souffrir, descendront ce jour-là dans la rue pour protester contre le joug qui les opprime et pour agir si elles le peuvent. C’est donc sur cette foule de révoltés que nous devrons nous appuyer. Notre devoir sera de l’exciter à l’action sur les grands établissements : banques, magasins, cafés, etc… Si cette action se produit, semer la terreur dans la capitale en marquant notre passage par l’incendie ».

En 1890, Jamin édita un manuel, L’Enseignement professionnel du menuisier, sous forme de fascicules vendus par abonnement. Le bulletin de souscription portait, en exergue, une citation d’Elisée Reclus. Léon Jamin habitait alors au 21, rue Lamarck, à Paris 18e. Ce manuel a été régulièrement réédité.

En 1893 il était toujours signalé dans les réunions.

Après la période des attentats, il donna quelques articles au Libertaire de Sébastien Faure.

En 1906, il publia une brochure, La lutte pour les huit heures, à l’imprimerie La Libératrice, et en 1912 un roman largement autobiographique, Petit-Pierre, histoire et souvenirs d’un apprenti. Dans une longue lettre à Victorine Brocher, d’août 1909, il le qualifie de « livre d’éducation civique et professionnel ». Il préparait alors un deuxième ouvrage, sur le féminisme, qu’il lui demandait de bien vouloir préfacer ; mais il ne semble pas que ce livre ait été publié.

En septembre 1912, le groupe « Les Amis-de la Vérité », poursuivait la réhabilitation du capitaine Marix, décidé à intervenir contre toutes les iniquités et toutes les injustices, indiqua à ceux qui désiraient être exactement renseignés sur l’affaire Marix, qu’ils pouvaient s’adresser à M. Léon Jamin, ancien conseiller prud’homme de la Seine, 56, rue de la Chine, à Paris, l’un des secrétaires du groupe, qui enverrait, sur demande et gratuitement, tous renseignements.

Le 23 novembre 1912, le groupe « Les Amis de la Vérité » demanda aux journal Les Temps nouveaux d’insérer une lettre que l’ex-capitaine d’artillerie Marix adressée à ses anciens compagnons d’armes, pour protester contre la condamnation inique qui n’avait pu le frapper que par suite de manœuvres policières et d’entorses à la loi, à la jurisprudence. Mais le journal refusa de la publier :
« Sous le régime que nous subissons, tout est possible ; le préfet de police, en effet, est le maître incontesté de la société bourgeoise. Mais ma conviction n’étant pas faite dans le cas Marix, je ne puis qu’enregistrer sa protestation, en engageant les camarades qui veulent se faire une opinion de s’adresser au secrétaire du Groupe, Léon Jamin 4, rue Thibaud ».

SOURCES : Le Gaulois des 11 et 12 mars 1883 —Les Temps nouveaux 1912 Gallica — Bulletin de souscription pour L’Enseignement professionnel du menuisier — René Bianco, « Cent ans de presse… », op. cit.. — Josef Peukert Papers ; Gustave Brocher Papers ; Amsterdam IISG. — Gallica. Notice Maitron par Par Guillaume Davranche, Marianne Enckell http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article155903 — Le Cri du peuple Gallica — Archives Préfecture de police BA 73 , Ba 76, BA 78 et 1507 — Le Gaulois, 12 mars 1883— R. Bianco « Un siècle de presse anarchiste… », op. Cit. — Notice dans le Dictionnaire des militants anarchistes https://militants-anarchistes.info/spip.php?article12142

ŒUVRE : L’Enseignement professionnel du menuisier, Paris, Bibliothèque de l’enseignement professionnel, 1894-1896, 3 vol. ; La lutte pour les huit heures, Paris, Imprimerie La Libératice, 1906 ; Les Profils du XIe au XVIIIe siècle, ouvrage orné de plus de cent planches, par Jamin, chez l’auteur, 21, rue Jean-de-Beauvais. 1899 ;Petit-Pierre, histoire et souvenirs d’un apprenti, Paris, Niclaus, 1912. Gallica

Document :

Lettres de Léon Jamin à Victorine Rouchy : Léon Jamin . s.d., 1909, 1915. 2 lettres, 1 carte de visite

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