Née le 22 octobre 1874 à Paris XIe, rue du Chemin-Vert, modèle, sculpteure.

Son père était ouvrier en parapluie et sa mère couturière.
Modèle à Montmartre, Mina Schrader (qui se faisait aussi appeler Mina de Nyzot, Mina Schrader de Nysold, Mina Schrader de Wegt de Nizeau) occupait un logement au 11 de la rue Berthe. Elle fut l’une des dames d’honneur de Mlle Royer, modèle, dite Sarah Brown, qui s’était rendue célèbre en se rendant au bal des Quat’-z-Arts presque nue, vêtue d’une simple résille de velours noir à mailles très larges.

Le 26 mars 1894, une perquisition était effectuée chez Mlle Schrader et la police n’emporta qu’une dizaine de billets, signés d’artistes avec lesquels elle travaillait dont le plus connu fut Rodin. Comme elle refusait de signer le procès-verbal de perquisition, l’un des agents la pris par le bras pour l’embarquer au poste, elle ne se laissa pas faire et le policier se retrouva avec le peignoir dans les mains et elle dans le plus simple appareil.

Elle fut gardée 5 jours au dépôt, la police la mesura et la prit en photo. Elle se retrouva sur l’album de Bertillon des 417 anarchistes et fut inculpée d’association de malfaiteurs. Elle était en relations avec Henri Gauche* et Henri Beaulieu*.
En 1894, parut Passade de Willy où Minna Schreder servit de modèle à l’héroïne principale, Monna Dupont de Nyewldt, maîtresse de nombreux artistes et écrivains. G.- Albert Aurier et Remy de Gourmont furent de ses conquêtes.
Elle aurait été internée pour avoir tiré des coups de revolver sur le député et industriel Lazare Weiller.

En 1897, paraissait Maîtresse d’esthètes, signé Willy mais écrit par Jean de Tinan. Minna Schrader se nommait cette fois Ysolde Vouillard : « Wagnérienne, ésotérique, néo-platonicienne, occultiste, androgyne, primitive, baudelairienne, morbide, nitzschienne, même lorsqu’elle éternue ». Le livre contait son aventure avec le sculpteur Fix-Masseau.

Elle fit paraître en 1900, A la recherche de Dieu et les lois de l’électricité sous le nom de Wilhelmine Schrader de Nyzot.

Il est possible de se demander si Minna Schrader ne fut pas « le policier en jupon » qu’évoqua Liard-Courtois dans ses mémoires ? Ce dernier la rencontra lors d’une conférence à Tours, mais dans cette ville personne ne la connaissait. Il la décrivit comme une femme jeune, jolie et élégante, elle lui posa des questions sur la philosophie anarchiste « qui était loin de lui être étrangère ». Liard-Courtois eut une liaison pendant huit jours avec elle, il s’aperçut qu’elle connaissait presque tous les orateurs anarchistes, les endroits où ils avaient parlé, ce qu’ils avaient dit. Il apprit qu’elle travaillait pour la « Boîte » et combien elle était payée.

La retenue de Minna Schrader pendant cinq jours au dépôt et son inculpation pour association de malfaiteurs pourraient faire penser à un moyen de l’inciter à collaborer, mais cette hypothèse devrait être vérifiée car Liard-Courtois ne donne pas son nom.

SOURCES : Gil Blas, 27 et 30 mars 1894, Le Figaro, 13 novembre 1900, Gallica. — Une photo de Mina Schrader, esthète et anarchiste sur Livrenblog : http://livrenblog.blogspot.fr/2008/05/une-photo-de-mina-schrader-esthte-et.html. — La police donne un visage à l’anarchie, Rhinocéros féroce. — Souvenirs du bagne par Liard-Courtois, Les passés simples 2005, p. 71 et 72 — Etat civil en ligne, Paris —Note Marianne Enckell.

ICONOGRAPHIE : Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.