Gendarmerie

Compagnie de Liège

Lieutenance de Seraing

La Ligue des métallurgistes a tenu un meeting sous la présidence de son secrétaire, le nommé Smet, le 24 courant de 3 h ½ à 5h ¼, à la salle Douroy à Seraing.

Smet y a parlé et a fait connaître que la grève générale était imminente, qu’il l’appelait de tous ses vœux et que les ouvriers devaient comprendre par là que grève générale voulait dire : révolution. Il dit que l’on ne doit pas craindre l’armée, qu’il était convaincu que la plupart des soldats ne tireraient plus sur leurs frères ; « nous n’avons plus devant nous, dit-il, que la gendarmerie et la police, chez qui nous rencontrerons encore de l’énergie, mais qu’importe, cela ne doit pas nous arrêter ; il est inutile d’attendre plus longtemps ».

Le nommé Moreau de Bruxelles, n’est pas de cet avis, il explique à l’auditoire ce qu’est une grève générale, et dit que l’on doit auparavant être préparé et avoir des ressources en suffisance, dans ce but il engage les ouvriers à s’associer, se coaliser et surtout faire la propagande parmi les miliciens afin de les faire entrer dans les ligues, qu’en s’y prenant dès maintenant, pour 1889, ils auront l’armée à eux ; ce sera seulement alors, le moment de faire la grève générale.

Un anarchiste de Verviers, le nommé Wigsman, et un autre également de cette ville, dont le nom n’a pu être connu, préconisent, comme Smet, la grève générale immédiate ; à leur avis, il est inutile d’attendre que les ouvriers se soient crées des ressources pour la faire, les bourgeois ont leurs magasins remplis de marchandises, on n’a qu’à s’en emparer de force.

Ils veulent la révolution, à bref délai, la suppression de tous les pouvoirs et de tout maître ; pas de suffrage universel, disent-ils, puisque tout autorité doit disparaître.

250 personnes environ dont aucun militaire, assistaient à cette réunion où l’ordre a régné tout le temps.

25 avril 1887

Source : Archives de l’Etat à Liège. Archives de la province de Liège. Sûreté publique, XV A 53