Après les accusations lancées contre le compagnon Druelle, les anarchistes se sont réunis et là, après avoir examiné les « preuves » fournies par les accusateurs, il a été démontré que l’accusation n’était rien moins que prouvée, et l’assemblée a conclu que si Druelle n’était pas un mouchard, il avait le droit de brûler la cervelle à son accusateur.

Dans notre dernier numéro , nous accusions les gens du Cri du peuple d’être des marchands de papier, nous avions cru, naïvement que pour lancer une accusation pareille il fallait qu’ils soient certains de ce qu’ils avançaient.
C’était mal connaître la rage qui doit animer ces ambitieux qui, tous les jours, se voient contrecarrés dans leurs tentatives d’émasculation du parti des travailleurs.

Pour ces gens-là, toutes les armes sont bonnes pour se débarrasser de ceux qui les gênent; car en cherchant à salir Druelle, c’était le parti anarchiste que l’on voulait éclabousser, ils n’ont pas reculé devant la calomnie.

Alors ici, se dresse une question : la prétendue campagne du Cri du peuple contre la police ne serait-elle pas une frime pour donner encore plus de poids à l’accusation que l’on voulait porter contre les anarchistes, de ne renfermer que des mouchards parmi eux et, si réellement, les renseignements qu’ils publient, leur sont fournis par un agent secret, nous sommes en droit de nous demander s’il n’y a pas là une manœuvre policière dont ils sont les dupes ou les complices ? En tout cas, il y a là une situation qui demande à être éclaircie. Il incombe à nos amis de Paris de tirer la situation au net, et de montrer au public de quel côté sont les mouchards.

Le Révolté 21 décembre 1884