LA POLICE POLITIQUE

Le Cri du Peuple a convoqué, pour l’examen des documents concernant les agents secrets de la deuxième brigade politique, les citoyens dont les noms suivent, choisis dans tous les groupes du parti révolutionnaire :

Anarchistes communistes

Constant Martin.

Comité révolutionnaire central

Emile Eudes
E. Granger
A. Goullé.

Fédération des travailleurs socialistes

J. Joffrin

John Labusquière

B. Malon.

Agglomération parisienne

C. Blanck
S. Dereure
Gabriel Deville
Jules Lépine

Alliance socialiste

Lucien Barrois

V. Gelez

Anarchistes

Chaumat

H. Ferré

Tony Graillat

DÉCLARATION DU JURY

Les soussignés, convoqués par le CRI DU PEUPLE déclarent à l’unanimité, après les pièces fournies et les témoignages entendus, que le nommé DRUELLE est un agent secret de la deuxième brigade de recherches.

BARROTS. — H. FERRE. -V. GELEZ.— GABRIEL DEVILLE. — TONY GRAILLAT. — B. MALON. — GRANGER.- J. JOFFRIN. — O. BLANCK. — E. EUDES. — JULES LÉPINE. — S. DEREURE. — A. GOULLÉ. — CONSTANT MARTIN. — JOHN LABUSOUIÈRE.

Le jury continue son enquête sur les agents secrets.

Au moment où nous allions mettre sous presse, Druelle, accompagné d’un certain nombre de ses camarades, est venu protester contre les accusations portées contre lui. Il a été convenu que demain, Druelle, accompagné de quatre ou cinq citoyens, se présentera devant le jury.

L’Agent SABIN-DRUELLE

Attaché à la Préfecture de police depuis le 30 décembre 1883 ; — a pris le nom du saint de ce jour (Sabin) ; — ne va pas à la Préfecture de police ; — communique par correspondance avec le sieur Girard, officier de paix, et lui adresse ses rapports à son domicile personnel, 5, rue d’Arcole.

Reçoit les ordres de Girard et touche ses appointements par l’intermédiaire d’Ansaldo, secrétaire de Girard qui lui donne ses rendez-vous dans des cafés.
— A dénoncé faussement le citoyen Lapierre, comme se livrant à la fabrication de bombes explosibles, — cette dénonciation a entraîné une enquête sur le citoyen Lapierre. L’enquête faite par l’agent Pastel n’a pas abouti.

A dénoncé le citoyen Ely, dit le Polonais ; a transmis à la Préfecture de police, le soir même de la manifestation du 28 mai, au Père-Lachaise, l’original de l’adresse des révolutionnaires anglais, qu’il avait lue sur la, fosse commune, et touché de ce chef une gratification de 150 francs.

A fourni à la Préfecture le timbre du groupe les Forçats de Lille, et des renseignements sur ce groupe ; — s’est fait rembourser par la Préfecture les fonds par lui gaspillés de la caisse des secours aux familles des détenus politiques.

A donné à la Préfecture l’historique du groupe du quinzième arrondissement, et fourni un dossier sur le citoyen Hémery Dufoug.

Reçoit de la Préfecture de police 300 francs par mois, plus les gratifications.

Le Cri du peuple 29 novembre 1884