LES ARRESTATIONS D’HIER

Les mandats d’amener

Des mandats d’amener ont été lancés contre les anarchistes signataires de l’appel aux ouvriers sans travail que nous avons publié et qui les convoque à un meeting sur la place de la Bourse, aujourd’hui, à une heure de l’après-midi.

Les douze signataires sont les citoyens Leperchey, menuisier ; Lecourtier, tourneur en cuivre; Millet, représentant de commerce; Thibaut, dit Tresse., joaillier; Duplessy, peintre; G. Testart, artiste peintre; Esnay, cordonnier; Boucher, mécanicien; Garrouste, serrurier; Georges Roussel, imprimeur; Cottin, mécanicien; Lecœur, maçon.

Les cinq premières arrestations

Les mandats d’amener ont été exécutés hier matin par les commissaires de police de quartier et par le sieur Clément, commissaire aux délégations judiciaires. Six arrestations ont pu être opérées. Ce sont celles des citoyens Thibaut, dit Tresse, joaillier ; Esnay, cordonnier ; Garrouste, serrurier ; Georges Roussel, imprimeur ; et Lecoear, maçon. Les autres signataires n’ont pas été trouvés à leur domicile.

Georges Roussel est âgé de dix-sept ans. C’est lui qui, à la réunion de la salle de la Reine Blanche, a proposé l’organisation du meeting.

Roussel et ses compagnons ont été écroués au Dépôt. A part Lecoeur, découvert chez un ami, tous se trouvaient à leur domicile.

C’est par erreur que le Temps et d’autres journaux du soir annoncent l’arrestation des citoyens Cottin et Millet.

Arrestation de Raoux

Un mandat a été délivré aussi contre Raoux, l’orateur bien connu des réunions qui, quoique ne figurant pas parmi les signataires du manifeste, passe pour avoir pris une part active à l’organisation du meeting.

Son arrestation a été opérée mercredi soir sur la voie publique. Il paraissait enchanté d’avoir désigné la place de la Bourse comme lieu de réunion, et au commissariat il se serait écrié avec véhémence que la propagande anarchiste aurait ainsi du retentissement dans l’Europe entière.

Raoux a été également écroué au Dépôt.

Voici quelques détails sur les citoyens arrêtés :

Lecœur, ouvrier maçon, est âgé de vingt ans. Il est, en ce moment, poursuivi pour un discours prononcé en faveur de Louise Michel à la réunion de la Reine-Blanche.

Raoux, ouvrier cordonnier, condamné pour avoir participé à la grève des menuisiers et au meeting des Invalides, est bien connu comme orateur des réunions publiques.

Roussel, impliqué dans le procès de la Reine- Blanche, est un des membres de la « Jeunesse révolutionnaire ».

La lacération des affiches

La police a enlevé un assez, grand nombre d’affiches rouges reproduisant l’appel aux ouvriers sans travail, que nos lecteurs connaissent, et qui avaient été placardées dans les 5e, 11e, 13e et 18e
arrondissements. Les anarchistes ne se contentaient pas de placarder des affiches, ils distribuaient encore le même appel, sur petite feuille blanche, dans les ateliers.

Nous avons mentionné hier l’arrestation du citoyen Figeac qui, dans le 13e arrondissement, a protesté contre la lacération des affiches par les agents. Nous avons aujourd’hui à citer encore l’arrestation d’un autre citoyen — nullement anarchiste comme le précédent — qui protestait également contre l’enlèvement des placards.

NOS RENSEIGNEMENTS

Les initiateurs

Nous avons résumé et publié, à titre de renseignements, toutes les communications qui nous ont été faites — et cela avec la plus stricte impartialité, sans encourager ni blâmer la manifestation, devant laquelle le Cri du Peuple veut et doit rester neutre.

Mais, comme journal d’informations, nous devons dire que nos relations paticulières nous permettent d’affirmer ceci : aucun groupe socialiste ou même anarchiste n’a pris l’initiative de la manifestation. Les anarchistes les plus connus et les plus résolus ont décidé, hier soir, de ne pas se rendre à la con- vocation qui leur a été adressée. Ils ne veulent pas non plus désapprouver publiquement la manifestation parce que, selon eux; ce serait « porter atteinte à l’autonomie des groupes et à la liberté individuelle ». Mais ils s’abstiendront moralement et effectivement.

L’initiative du meeting a été prise uniquement par quelques citoyens isolés qui ont d’ailleurs accepté la part de responsabilité qui leur incombe et qui sont, pour la plupart, arrêtés à l’heure qu’il est.

Démarche pour le Meeting

Nous avons reçu hier à la dernière heure la visite de plusieurs des signataires du manifeste, qui sont venus nous déclarer qu’ils persistaient — malgré l’arrestation de leurs camarades — dans
leur intention de tenir le meeting annoncé et qu’ils engageaient les ouvriers sans travail à prendre part à cette démonstration.

Nous nous bornons à enregistrer cette communication sans l’apprécier.

Déclaration contre le meeting

Le comité permanent pour l’amnistie (5° arrondissement),

Vu l’annonce d’un meeting pour demain vendredi, 7 décembre, sur la place de la Bourse,

Considérant que, dans les circonstances présentes, une telle manifestation, outre qu’elle fournirait un prétexte aux adversaires de l’amnistie des détenus politiques, pourrait donner ouverture aux répressions désirées par les ennemis de la République,

Est d’avis que les , citoyens doivent y réfléchir à deux fois avant de se rendre à une manifestation qui, contre l’intention même des convocateurs, peut tourner au détriment des travailleurs ;

D’autre part, est convaincu que les travailleurs arriveront plus sûrement à l’amélioration de leur sort au moyen de délégués, corporativement élus, avec mission d’exprimer aux pouvoirs publics leurs souffrances, leurs besoins et leurs volontés.

Paris, jeudi 6 décembre 1883.

Les membres présents :

CAMILLE ADAM, AMIOT, AVRONSART, COUDOR, GAUTHEROT, HAMET, LACROIX, ARMAND LÉVY, MAUBLANC, TERRASSON.

Nous ferons remarquer que parmi les signataires se trouvent plusieurs anarchistes.

Le Cri du peuple 8 décembre 1883

LES ARRESTATIONS D’HIER

Les mandats d’amener

Des mandats d’amener ont été lancés contre les anarchistes signataires de l’appel aux ouvriers sans travail que nous avons publié et qui les convoque à un meeting sur la place de la Bourse, aujourd’hui, à une heure de l’après-midi.

Les douze signataires son) les citoyens Leperchey, menuisier ; Lecourtier, tourneur en cuivre; Millet, représentant de commerce; Thibaut, dit Tresse, joaillier; Duplessy, peintre; G. Testart, artiste peintre; Esuay, cordonnier; Boucher, mécanicien; Garrouste, serrurier; Georges Roussel, imprimeur; Cottin, mécanicien ; Lecœur, maçon.

Les cinq premières arrestations

Les mandats d’amener ont été exécutés hier matin par les commissaires de police de quartier et par le sieur Clément, commissaire aux délégations judiciaires. Six arrestations ont pu être opérées. Ce sont celles des citoyens Thibaut, dit Tresse, joaillier ; Esnay, cordonnier;
Garrouste, serrurier ; Georges Roussel, imprimeur ; et Lecœur, « maçon. Les autres signataires n’ont pas été trouvés à leur domicile.

Georges Roussel est âgé de dix-sept ans. C’est lui qui, à la réunion de la salle de la Reine Blanche, a proposé l’organisation du meeting.

Roussel et ses compagnons ont été écroués au Dépôt. A part Lecœur, découvert chez un ami, tous te trouvaient à leur domicile.

C’est par erreur que le Temps et d’autres journaux du soir annoncent l’arrestation des citoyens Cottin et Millet.

Arrestation de Raoux

Un mandat a été délivré aussi contre Raoux, l’orateur bien connu des réunions qui, quoique ne figurant pas parmi les signataires au manifeste, passe pour avoir pris une part active à l’organisation du meeting.

Son arrestation a été opérée mercredi soir sur la voie publique. Il paraissait enchanté d avoir désigné la place de la Bourse comme lieu de réunion et au commissariat il se serait écrié avec véhémence que la propagande anarchiste aurait ainsi du retentissement dans l’Europe entière.

Raoux a été également écroué au Dépôt.

Voici quelques détails sur les citoyens arrêtés:

Lecœur, ouvrier maçon, est âgé de vingt ans. Il est, en ce moment, poursuivi pour un discours prononcé en faveur de Louise Michel à la réunion de la Reine-Blanche.

Raoux, ouvrier cordonnier, condamné pour avoir participé à la grève des menuisiers et au meeting des Invalides, est bien connu comme orateur des réunions publiques.

Roussel, impliqué dans le procès de la Reine Blanche, est un des membres de la « Jeunesse révolutionnaire ».

La lacération des affiches

La police a enlevé un assez grand nombre d’affiches rouges reproduisant l’appel aux ouvriers sans travail, que nos lecteurs connaissent, et qui avaient été placardées dans les 5°, 41°, 138 et 18° arrondissements. Les anarchistes ne se contentaient pas de placarder des affiches, ils distribuaient encore le même appel, sur petite feuille blanche, dans les ateliers.

Nous avons mentionné hier l’arrestation du citoyen Figeac qui, dans le 13e arrondissement, a protesté contre la lacération des affiches par les agents. Nous avons aujourd’hui à citer encore l’arrestation d’un autre citoyen — nullement anarchiste comme le précédent — qui
protes

NOS RENSEIGNEMENTS

Les initiateurs

Nous avons résumé et publié, à titre de renseignements, toutes les communications qui nous ont été faites — et cela
avec la plus stricte impartialité, sans encourager ni blâmer la manifestation, devant laquelle le Cri du Peuple veut et doit rester neutre.

Mais, comme journal d’informations, nous devons dire que nos relations particulières nous permettent d’affirmer ceci : aucun groupe socialiste ou même anarchiste n’a pris l’initiative de la manifestation. Les anarchistes les plus connus et les plus résolus ont décidé, hier soir, de ne pas se rendre à la convocation qui leur a été adressée. Ils ne veulent pas non plus désapprouver publiquement la manifestation parce que, selon eux, ce serait « porter atteinte à l’autonomie des groupes et à la liberté individuelle ». Mais ils s’abstiendront moralement et effectivement.

L’initiative du meeting a été prise uniquement par quelques citoyens isolés qui ont d’ailleurs accepté la part de responsabilité qui leur incombe et qui sont; pour la plupart, arrêtes à l’heure qu’il est.

Démarche pour le Meeting

Nous avons reçu hier à la dernière heure la visite de plusieurs des signataires du manifeste, qui sont venus nous déclarer qu’ils persistaient — malgré l’arrestation de leurs camarades — dans leur intention de tenir le meeting annoncé et qu’ils engageaient les ouvriers sans travail à prendre part à cette démonstration.

Nous nous bornons à enregistrer cette communication sans l’apprécier.

Déclaration contre le meeting

Le comité permanent pour l’amnistie (5° arrondissement),

Vu l’annonce d’un meeting pour demain vendredi, 7 décembre, sur la place de la Bourse,

Considérant que, dans les circonstances présentes, une telle manifestation, outre qu’elle fournirait un prétexte aux adversaires de l’amnistie des détenus politiques, pourrait donner ouverture aux répressions désirées par les ennemis de la République,

Est d’avis que les citoyens doivent y réfléchir à deux fois avant de se rendre à une manifestation qui, contre l’intention même des convocateurs, peut tourner au détriment des travailleurs ;

D’autre part, est convaincu que les travailleurs arriveront plus sûrement à l’amélioration de leur sort au moyen de délégués corporativement élus, avec mission d’exprimer aux pouvoirs publics leurs souffrances, leurs besoins et leurs volontés.

Paris, jeudi 6 décembre 1883.

Les membres présents :

CAMILLE ADAM, AMIOT, AVRONSART, COUDOR, GAUTHEROT, HAMET, LACROIX, ARMAND LÉVY, MAUBLANC, TERRASSON.

Nous ferons remarquer que parmi les signataires se trouvent plusieurs anarchistes.

ARRESTATIONS ILLÉGALES

La police a arraché hier toutes les affiches apposées sur les murs de Paris et invitant les ouvriers sans travail à se rendre place de la Bourse. En outre, les signataires de l’appel anarchiste que nous avons reproduit hier dans les colonnes du Cri du Peuple ont été arrêtés.

Il y a là une violation flagrante de la loi, contre laquelle nous protestons, avec d’autant plus d’énergie que le parquet a entouré cet acte arbitraire d’un semblant de légalité.

Pour lacérer ces affiches et emprisonner les signataires, le gouvernement s’est fondé sur l’article 6 de la loi du 7 juin 1848,
ainsi conçu :

Les provocations à un attroupement armé ou non armé, faites par voie de discours proférés publiquement, et d’écrits ou imprimés affichés ou distribués, sont aussi punis de diverses peines.

Or, l’article 6 de la loi du 7 juin a été formellement abrogé par l’article 68 de la loi du 29 juillet 1881.

En effet :

La loi du 29 juillet, qui connaît seule des délits de parole ou de presse, a parfaitement prévu le cas de provocation aux attroupements, comme à tous autres crimes ou délits quelconques.

Si le contenu des affiches lacérées, ou les paroles prononcées par les orateurs dans les réunions publiques, où ils ont engagé les ouvriers à se rendre au meeting organisé par eux, peuvent être considérés comme, une provocation à un attroupement, c’est un délit prévu par l’article 23 de la loi -précitée, et ainsi conçu :

Seront punis comme complices d’une action qualifiée crime ou délit, ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés
dans les lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, vendus ou distribués…, soit par des placards ou par des affiches exposés aux regards du public, auront directement provoqué l’auteur ou les auteurs à commettre ladite action.

C’est bien l’acte de « provocation »,reproché par le parquet aux signataires des affiches anarchistes, qui est spécifié clairement, sans aucune équivoque possible, dans l’énumération de cet article 23.

D’ailleurs, si on avait, des doutes sur ce point, on n’aurait qu’à se rapporter à la discussion soulevée par l’article 68 de la loi de 1881.

Cet article 68, qui abroge tous les édits, lois, décrets, etc., relatifs à l’affichage, aux délits de presse et de parole, formait primitivement les articles 1 et 2 du projet de loi sur la presse.

L’article 2 exceptait de l’abrogation certains articles de lois antérieures à la
loi de 1881, entre autres: l’article 6 de la loi du 7 juin 1848, celui dont le parquet s’est armé pour emprisonner les anarchistes.

Eh bien ! Cet article 2 fut retiré par la commission elle-même, et voici en quels termes précis s’exprimait à ce sujet le rapporteur de la commission, M, Lisbonne :

D’après le projet mis en délibération, deux articles vous étaient d’abord proposés, l’article 1er et l’article 2 ; l’article 1er ,édictant
l’abrogation, l’article 2 énumérant des exceptions à l’abrogation elle-même… Nous ne pouvions procéder de cette façon… Il fallait
abroger d’une façon absolue, radicale, sans rien excepter ni réserver… Telle est l’expression du principe d’abrogation. Ce principe
est absolu ; il ne fait grâce à rien. (Chambre des députés, séance du 5 février 1881. Discours de M. Lisbonne, rapporteur de la loi sur la presse.)

En résumé :

Le délit de « provocation à un attroupement armé ou non armé, faite par voie de discours proférés publiquement, et, d’écrits affichés » relevé par le parquet de la Seine contre les sept anarchistes arrêtés hier, est prévu par l’article 23 et puni par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881, dont l’article 68 a abrogé l’article 6 de la loi du 7 juin 1848.

Dès lors l’arrestation de ces cinq citoyens, en vertu de l’article 6, qui a désormais disparu de nos codes, est une illégalité.

Dans cette affaire comme dans une foule d’autres, relatives à des délits de presse et de parole, la magistrature s’apprête à éluder la loi de 1881.

C’est le retour à la législation antérieure à 1881, qu’on poursuit depuis deux ans — systématiquement, sans que
personne, à la Chambre, aucun de ceux qui ont voté la loi sur la presse, rappelle au respect de cette loi la magistrature
qui la viole.

Et l’on parle de suffrage universel, de revendications pacifiques, on flétrit l’emploi de la force, l’appel à la violence !

Nous n’avons pas ici à disculper, louer ou blâmer les organisateurs du meeting d’aujourd’hui, dont nous ne partageons pas, au reste, tous les principes. Mais en présence des cyniques moyens auxquels le gouvernement a recours contre ses adversaires, il est bon de prendre acte des illégalités commises, contre lesquelles nous protestons pacifiquement, légalement, en attendant que nous puissions entrer dans la voie que nous ont ouverte les partisans de la légalité eux-mêmes.

G. Tenouar.

Le Cri du peuple 9 décembre 1883

ÉCHOS RÉVOLUTIONNAIRES

Le citoyen Duplessy, l’un des promoteurs de la manifestation de vendredi, est toujours en liberté, comme le citoyen Leperchey.

Tous deux attendent avec tranquillité que les sbires de Camescasse aient découvert leur résidence actuelle.

Des onze personnes arrêtées, place de la Bourse, deux seulement seront renvoyées en police correctionnelle,

Ce sont MM. Eloi Martin et Marius de Vavray, prévenus, le premier de provocation à un attroupement, et le second, d’outrages aux agents. Ils comparaîtront vendredi prochain à l’audience de la 8° chambre.

Tous les autres ont été relâchés.

La mère du citoyen Roussel, ce jeune homme de 17 ans arrêté, comme on s’en souvient, la veille du meeting, nous écrit qu’un agent s’est présenté chez elle à plusieurs reprises, de la part du juge d’instruction, pour l’informer que son fils lui serait rendu au plus tard lundi..

C’était tromper la confiance de la pauvre femme. Roussel est toujours à Mazas. Mais les policiers se moquent bien du désespoir d’une mère !

Nous avons annoncé que les citoyens Cottin et Millet, tous deux convocateurs du meeting anarchiste, avaient été arrêtés samedi soir. Les agents de la sûreté étaient à leur recherche depuis plusieurs jours. C’est
au coin du boulevard Richard-Lenoir et de la rue d’Angoulême qu’ils ont exécuté les mandats d’amener concernant ces deux citoyens.

Ceux-ci ont été écroués au Dépôt, cellules 121 et 122.

Tous les signataires du manifeste seront poursuivis pour. provocation à un attroupement non armé sur la voie publique, délit prévu et puni par les articles 23 et 24 de la loi du 29 juillet 1881.

Une souscription a été ouverte pour venir en aide aux citoyens organisateurs de la manifestation.

Aujourd’hui même, les fonds déjà recueillis seront mis à leur disposition.

Le Cri du peuple 13 décembre 1883