Née le 28 octobre 1850 à Fumay (Ardennes), mariée le 17 février 1872 à Fumay, avec Gustave Routa, né le 2 octobre 1841 à Revin (Ardennes) maréchal ferrant, neuf enfants. Journalière, ménagère. Anarchiste de Revin.

Marie Adèle Baret avait été condamnée le 27 août 1879 à 6 jours de prison et 25 francs de dommages et intérêts par la tribunal correctionnel de Rocroi (Ardennes) pour injures et diffamation. Le 28 juin 1880, le même tribunal lui infligea 16 francs d’amende pour loterie non autorisée. Le 27 juin 1888, ce fut cette fois pour contrebande qu’elle fut condamnée à 3 jours de prison et 500 francs d’amende et l’année suivante à 6 jours de prison et 500 francs d’amende pour le même motif.
Son mari était abonné au Père Peinard sous le nom Routa-Baret, bien que sa femme ne sache ni lire, ni écrire. Ils demeuraient Petite rue à Revin.
Le 4 octobre 1892, Fortuné Henry était à Revin . Il animait une conférence publique et contradictoire organisée par les anarchistes ardennais, ayant pour but d’expliquer « Ce que veulent les anarchistes ». Marie Adèle Baret assista à la réunion. Alors que le commissaire spécial Valache était pris à partie par Clamart qui le traita de mouchard, elle s’approcha du commissaire et lui dit très haut : « Allons pas de mouchard ici, fous-moi le camp, ce n’est pas ta place ici ». Au moment où Valache essayait de sortir de la salle, Marie Adène Baret aurait aussi crié : « Défoncez le mouchard, cassez-lui la gueule ! ». Mais finalement l’accusation ne retint pas ce propos. Toute la salle hurla à ce moment là, le commissaire fut poursuivi dans l’escalier et jusque dans la rue. Là, se croyant serré de très près par Bouillard, il s’arrêta et cria : « Si tu fais un pas de plus vers moi, je te brûle la gueule avec mon revolver ». La menace fit son effet et il en profita pour s’éloigner.
Pour ces propos, elle fut condamnée le 9 novembre 1892 à 15 jours de prison par le tribunal correctionnel de Rocroi. Lors de l’audience, elle nia ces propos et déclara que le commissaire spécial était un menteur. Le jugement en appel à Nancy, le 8 février 1893, confirma le jugement de Rocroi.
Dans le dossier d’appel, une note très succinte, comparée à celle de ses co-inculpés, la qualifiait de « borgne, petite, grosse », sans évoquer son activité politique.
Le 21 novembre 1893, son logement fut perquisitionné, en même temps que celui d’autres anarchistes de Revin.

SOURCES : Arch. Nat. F7 12506,12507, BB18 6461 — Arch. Dép. de Meurthe et Moselle 2 U 1078 — Arch. Dép. des Ardennes 6 U 755 et 2 E 185 12.