Internationale. Congrès de Gand. Bruxelles le 22 mars 77

Le comité des travailleurs, Internationale de Gand a décidé que le 8e Congrès international aura lieu le 1er et 2 avril prochain à Gand.

Ils ont fait appel aux différents comités belges et étrangers.

Le docteur Depaepe, les nommés Brismée, Pélerin, Fliahaut (?), et une députation de proscrits français y assisterons.

Une réception sera faite aux délégués étrangers à la gare, une tombola est organisée aux fins de venir en aide aux travailleurs.

Internationale 9 avril 1877

La section bruxelloise de l’Internationale s’est réunie le 9 avril 1877, à 10h. du soir, au Cygne. 19 membres étaient présents. La séance a été présidée par Standaert.

Paterson lut un procès-verbal. Brismée demanda quel est l’ordre du jour ; Paterson répondit que la question en suspend était celle de savoir quelle est l’attitude à prendre vis à vis du mouvement qui se produit concernant l’Union ouvrière belge et le Congrès que l’on (L’Internationale) tiendra à Jemappes, les jours de Pentecôte. Brismée demande quelles sont les questions portées à l’ordre du jour de ce Congrès. On ne sut que répondre, alors Standaert fit ressortir l’effondrement prochain de l’Internationale qui n’existe, en quelque sorte, plus que de nom ; comme il existe une dette de 1.700 frs. Due à l’impression du journal « L’Internationale », il propose que la dissolution se fasse honorablement ; le Congrès de Jemappes doit inviter tous les membres encore adhérents, à verser une quote-part aux fins de liquider la dette contractée. Brismée proteste contre ce discours. On doit trouver les moyens de relever la société, en exclure les membres qui oublient leur mission ; ensuite, si l’on envoie un ou deux délégués au Congrès, il est inutile de continuer cette discussion. La question principale à traiter au Congrès, est celle de l’attitude que devra prendre l’Internationale vis à vis de l’Union ouvrière. Goetschalck dit que ce sont les membres de la section bruxelloise qui sont cause de la décadence de la société ; ils ont cherché noise au conseil régional d’Anvers, alors que celui-ci n’a fait que son devoir. Les sections devaient se réunir à Gand pendant le Congrès de l’Union ouvrière, et l’on n’a pu y donner suite parce que les bruxellois ne s’en étaient pas occupés. Ces paroles ayant été prononcées en flamand, Brismée déclare n’y rien comprendre ; Paterson sur demande de Bertrand, allait les traduire, lorsque Steens irrité du discours de Goetschalck, reproche à celui-ci de vouloir défendre le conseil régional, parce qu’il est anversois ; on a vu les membres de l’Internationale se mettre à l’œuvre pour faire crouler l’association et ces membres étaient affiliés à la Chambre du travail. Or, ce sont les Internationalistes bruxellois qui ont pénétré leur dessin. Revenant à la lettre adressée à Bertrand, en réponse à celle envoyée et dont on ne possède pas la copie, l’orateur dit qu’elle ne répond nullement aux vœux des bruxellois qui désiraient tenir un congrès extraordinaire avant celui de l’Union ouvrière. Le Conseil régional n’avait pas le droit de s’y opposer et devait en informer les sections ; donc, il est en défaut. Goetschalck répond vivement et maintient ses allégations. Enfin Steens et Brismée se lèvent et disent que Goetschalck n’a pas à incriminer la section bruxelloise. Bertrand déclare que la section, comme les corporations, avait été invitée à participer au Congrès, qu’il avait remis la circulaire reçue à cette fin, ainsi que le compte-rendu du 10 décembre, les statuts et le programme socialiste, à Paterson. Celui-ci entre dans quelques détails au sujet de la correspondance échangée avec Coenen d’Anvers, et dit qu’au lieu de recevoir une réponse à la deuxième lettre, ce dernier venu lui rendre une visite. Paterson demande s’il doit rendre compte. Brismée et Steens disent qu’il leur fallait un écrit. Il y a eu des tripotages entre les membres de la Chambre du travail et d’autres de l’internationale, dit Steens ; il est du devoir de ceux qui remplissent des fonctions, telle que celle de secrétaire de l’Union ouvrière, de resigner la pareille qu’il remplit dans l’Internationale.

Sur ces paroles et pour terminer ces discussions, Bertrand donne sa démission de secrétaire-correspondant de la section bruxelloise.

Verrycken prononce quelques paroles, protestant contre la manière d’agir du Conseil régional d’Anvers. De Paepe parlant de la section bruxelloise dit qu’elle aurait dû s’occuper davantage de propagande, et les ouvriers n’auraient pas éprouvé le besoin de faire une nouvelle organisation. Il est du devoir de l’Internationale de se rallier au mouvement de l’Union ouvrière, vu que ce n’est qu’une transformation. Sur son invitation Paterson entra dans quelques détails sur les motifs qui lui avaient dicté la résolution de ne pas convoquer la section bruxelloise aux fins de la faire représenter au congrès ouvrier de Gand, étant persuadé des résultats négatifs que l’on obtiendrait. Il est soutenu par Brismée et Steens, mais ceux-ci protestent contre les membres de l’Internationale qui ont fait le mouvement sans consulter les sections. De Paepe propose que l’on mette au vote la question de savoir si la section adhère à l’Union ouvrière. Il est persuadé ajoute-t-il, qu’elle le fera. Brismée désire qu’elle soit mise à l’ordre du jour et discutée dans huit jours, avec les deux autres questions qui ont occupé le commencement de la séance. Cette demande est adoptée.

De Paepe rappelle qu’un congrès des socialistes de toutes nuances aura lieu dans le courant de l’année. Comme il sera universel, on pourra savoir quel est vraiment le parti auquel on appartient et quelle sera la conduite que l’on devra tenir. Brismée ajoute à l’ordre du jour, d’accord avec Verrycken, le point de connaître l’endroit où se tiendra un congrès socialiste belge. Alors Paterson offrit sa démission de secrétaire de la section, l’étant dans la Chambre du travail. De Paepe se récria et proposa de discuter dans la séance prochaine, la démission des deux secrétaires. On devra examiner, dit-il, s’ils ne peuvent garder leurs fonctions dans les deux sociétés. Personne ne s’y opposa et la séance fut levée à 11h1/2 h.

Source : Archives de la ville de Bruxelles POL 195