Ce groupe constitué vers le milieu de l’année 1886, se compose de l’ancienne rédaction du journal du même nom Terre et liberté.

Avec le concours de Louise Michel, des compagnons Odin, Tortelier, Crié, Tevenin, il organisa plusieurs meetings ou réunions dans lesquels furent exposées les théories anarchistes les plus violentes. On y répudiait la patrie, le service militaire et le jeune anarchiste Jahn s’y préludait aux succès oratoires qui l’on fait plus tard interner en Belgique.

Au commencement d’avril 1887, le groupe Terre et liberté participa au tirage et la propagation d’une brochure sur la dynamite qui met à même les révolutionnaires les plus étrangers avec les manipulations chimiques, de se livrer à la fabrication des explosifs.

Composé d’éléments fort restreints, ce groupe commença bientôt à péricliter, en septembre dernier à la suite de dissentiments causés par le changement de conduite du journal La Révolte dont les tendances anarchistes s’affaiblissaient. Le prince Kropotkine et Elisée Reclus perdirent alors leur prestige aux yeux des membres de Terre et liberté et ceux-ci profitant des événements qui se produisirent vers la fin de novembre 1887, cherchèrent à consolider leur groupe en faisant une tentative de rapprochement avec certains blanquistes dissidents du Comité central (du XXe et du IIIe arrondissement) mais ils ne purent s’entendre avec le groupe du XIIIe arrondissement opposé à toute abstention en matière d’élection.

Actuellement les réunions du groupe Terre et liberté, quoique très peu suivies, se tiennent à la salle Rousseau, 131 rue du Faubourg St Martin ; un certain nombre d’anarchistes étrangers au groupe y assistent de temps à autre.

Source : Archives de la Préfecture de police de Paris Ba 75