Louis Duprat, l’un des membres du groupe l’Aigulle. Album Bertillon septembre 1894. CIRA de Lausanne.

Le groupe l’Aiguille a été fondé au mois de juin 1882 par Wilhem (ou Vilhem), Duprat et Couchot du syndicat des tailleurs. A l’origine, il ne devait admettre que des ouvriers de cette corporation et il s’intitulait : Groupe des tailleurs communistes anarchistes.

Mais ce groupe ne tarda pas à cesser d’être simplement corporatif pour devenir exclusivement politique et il reçut dans son sein des individus de professions diverses.

Son but est « d’arriver dans le plus bref délai à la Révolution qui doit donner le partage des biens, l’égalité sociale, l’abolition de tout cumul, de tout gouvernement ou commune et la remise aux ouvriers des instruments de travail ».

Au début, il avait pour secrétaire Louise Michel.

Les membres du groupe l’Aiguille se sont fait remarquer à toutes les manifestations qui ont eu lieu depuis sa fondation en 1882, ils ont protesté contre l’expulsion de divers étrangers et, l’année suivante, ils ont organisé des réunions-conférences au profit des accusés de Montceau-les-Mines.

Ce groupe s’est activement associé à toutes les opérations de la Commission des ouvriers sans travail qu’il a secondé pour l’organisation de plusieurs meetings en plein air ; c’est même salle Renaudin, où se trouvaient alors habituellement ses réunions qu’ont été arrêtés les promoteurs du meeting du 9 février 1885, place de l’Opéra.

Au mois de mars suivant, le groupe l’Aiguille annonçait qu’il était « prêt pour l’action ». L’Aiguille préconise de toutes ses forces les grèves violentes comme un des meilleurs moyens d’agitation. C’est à son instigation que se produisit la grève générale des ouvriers tailleurs qui a duré d’avril à juillet 1885.

Ses principaux membres sont Wilhem (ou Vilhem) , Duprat, Couchot, Pennelier, Diamisis, Mège, Raoux, Jeallot, Pouget, Le Bolloch, etc…

Ils se réunissaient dans les différentes salles fréquentées par les révolutionnaires, notamment 58 (38?) rue Réaumur, 2 rue Vivienne, 81 (?) rue St Honoré, etc…

Source : Archives de la Préfecture de police de Paris Ba 75