Le laboratoire de fabrication d’explosifs se trouvait 67 qui de Scize.

Les anarchistes lyonnais. Notre correspondant de Lyon nous télégraphie

Hier est venue devant le tribunal correctionnel l’affaire de l’anarchiste Cadeau*, arrêté à l’occasion de la manifestation du 1er mai et au domicile duquel on trouva toute une série de substances et d’engins destinés à la fabrication des produits explosibles. On se souvient que Cadeau fut blessé, quelques jours avant son arrestation, par une explosion survenue au cours d’une manipulation il est complètement remis et affecte la plus grande assurance.

Il résulte aussi des dépositions que Cadeau était un fervent boulangiste avant de passer à l’anarchie.

M. Ferrand, expert-chimiste, a donné des détails techniques sur les produits saisis il a établi que la nature de ces produits et des engins dont Cadeau se servait prouvait, contrairement à ce que prétendait celui-ci pour sa défense, qu’il n’agissait pas dans un simple but d’études scientifiques.
Cadeau a présenté lui-même sa défense; il a lu un long factum, conçu en termes ampoulés, dans lequel il a fait l’éloge de l’anarchie. Il prétend que les poudres saisies chez lui étaient tout au plus bonnes à confectionner des flammes du Bengale. Sa péroraison a été accueillie par deux ou trois bravos sortis du fond de la salle les interrupteurs ont été immédiatement expulsés.

Sur les réquisitions de M. Grellet-Dumazeau, substitut, le tribunal condamne Cadeau à deux ans de prison et deux ans d’interdiction de séjour.

Le Temps 13 juin 1890

L’anarchiste Cadeau. — Nouvelle expertise La 4e chambre de la cour d’appel de Lyon a rendu son arrêt dans l’affaire de l’anarchiste Cadeau. On se souvient que Cadeau fut arrêté quelques jours avant le 1er mai et qu’une perquisition opérée à son domicile amena la découverte de divers produits chimiques et d’appareils que M. Ferrand expert chimiste, déclara ne pouvoir servir qu’à la fabrication d’engins explosibles.

Cadeau, condamné par le tribunal correctionnel à deux ans de prison, fit appel ; a l’affaire vint pour la première fois, il y a quinze jours, devant la cour, qui crut devoir faire procéder à une seconde expertise et désigna à ce sujet M. le capitaine d’artillerie Kientz, attaché à la direction de l’arsenal militaire de Lyon.

Le nouvel expert a, dans ma remarquable rapport, confirmé les dires de M. Ferrand. Si les tubes et les divers ustensiles trouvés au domicile de la fille Caron, maîtresse de l’inculpé, ne sont pas; bien dangereux, il n’en est pas de même des poudres et des poudres et des produits chimiques. Plusieurs de ces derniers possèdent une grande force explosive et auraient pu causer d’immenses dégâts. La cour, après un court réquisitoire de M. Auzières, avocat général, a écarté le délit de détention d’engins explosibles, retenu celui de fabrication de poudres fulminantes et confirmé la condamnation prononcée par le tribunal. — B. A.

La Presse 1er août 1890

*Il s’agit en fait de François Cadeaux