Explosion de dynamite à l’une  des tours du château

Renseignements généraux

Les exploits de la dynamite continuent à Montceau-les-Mines.

Jeudi soir, vers 9 heures, une formidable détonation mettait en émoi le village de Bel-Air. C’était une cartouche de dynamite qu’on avait attachée à la poignée de la porte du sieur Camus, maître-mineur. Heureusement, toute la famille se trouvait en ce moment dans une chambre de derrière. L’explosion a enlevé tout le bas de la porte d’entrée, a brisé une porte en face de la première, coupé les pieds d’une chaise qui se trouvait dans la cuisine et fait un trou de 50 centimètres de diamètre dans un galandage. En outre, trente-deux carreaux de vitre ont été brisés, ainsi qu’une vitre chez un voisin, le sieur Faust, brigadier-garde de la Compagnie des mines.

Depuis qu’on essaie de faire sauter ici les maisons, nous écrit notre correspondant, jamais détonation aussi forte n’avait été entendue.

Nous ajouterons qu’au moment des événements du mois d’août dernier, le sieur Camus avait reçu une lettre de menaces de mort.

Courrier de Saône et Loire 1er avril 1883

CHRONIQUE LOCALE

Renseignements généraux

La dynamite reprend de plus belle à Montceau-les-Mines. Nous signalions samedi l’attentat contre la famille Camus; dans la nuit de samedi à dimanche, vers 8 heures 1/2, une nouvelle explosion est venue jeter le trouble dans la population. On a essayé de faire sauter, à l’aide de la dynamite, la tour du château du Plessis, appartenant à M. le comte de Barbenlane. Cette tour est surmontée d’une statue de la Vierge.

La détonation a été entendue de Blanzy, qui est à plus de trois kilomètres. Le mur extérieur seul a été endommagé.

Un morceau de mèche a été retrouvé sur les lieux. Quant à l’auteur de la tentative, il est, comme toujours, resté inconnu. Cependant on nous assure que, samedi même, dans la journée, le bruit courait dans Montceau qu’on devait faire sauter la chapelle du château du Plessis. On s’étonne qu’aucune mesure de surveillance n’ait été prise.

Courrier de Saône et Loire 4 avril 1883