Proclamation trouvée près de la statue.

Comité révolutionnaire

Le Comité révolutionnaire français étant d’avis que la période d’études doit être close et qu’il importe dès maintenant de s’affirmer par l’action.

Considérant que la statue de ce bandit qui, il y a dix ans, ensanglanta Paris, est un défi jeté à la Révolution et à l’humanité, décide :

La statue de Thiers doit disparaître.

Cette exécution d’un mort est un avertissement donné aux vivants détenteurs de l’autorité et exploiteurs du Peuple, que leur tour est proche.

Dans quelques jours le Comité révolutionnaire français, fera connaître au Peuple, par un manifeste, ce qu’il veut et l’engagera à se joindre à lui pour accomplir la Révolution.

Dès aujourd’hui, il invite les exploités, les meurts de faim à se préparer à la lutte. Il leur dit, l’organisation du comité est puissante, indestructible, à l’abri de, et leur donne l’assurance qu’il ne faillira pas à sa tâche.

Debout donc les courages !

Vive la Révolution sociale

Le Comité exécutif

Sources : Arch. Préf. de police Ba 138

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Propagande par le fait

On nous prie d’insérer ce qui suit :

Dans sa dernière séance, le Comité révolutionnaire français a décidé que comme avertissement donné à la bourgeoisie, il était urgent d’accomplir un acte significatif. Il a donc arrêté que la statue de l’odieux bourreau, qui était son chef, devait disparaître.

Dans la nuit du 15 au 16 juin, la statue de Thiers, érigée à St-Germain, a été détruite en partie par le fulmi-coton.

Cette exécution n’est que le prélude d’autres événements plus efficaces, que toutes les mesures policières ne sauraient empêcher.

Mort aux exploiteurs ! – Vive la Révolution sociales !

Le Comité exécutif

La Révolution sociale 25 juin 1881

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Paris. Les citoyens soussignés, réunis le samedi 25 juin 1881 à Levallois-Perret, adressent leurs félicitations aux amis inconnus qui viennent de tenter de faire sauter la statue de Thiers, le massacreur du prolétariat.

Ils regrettent qu’ils n’aient pas complètement réussi, et ils espèrent que cet exemple ne sera pas perdu, mais au contraire que, réveillant la torpeur du prolétariat de France, il inspirera l’idée de faire mieux et de tourner les coups de sa colère contre des ennemis plus immédiats et plus dangereux que des statues de bronze.

Vive la Révolution sociale !

Emile Gautier, Durand, Raoux, Bouisson, Debreux, Lapie, Ilien, H. Ferré, Bahin, François Capt, Louis Capt, Charles Capt, Gauthey, Hoffmann, Plançon, Delhomme, Gratsezen, Lemery, Graillat, Jules Perroux, Gérard, Lapa, Bécu, Casabianca, etc.

– Le Cercle des 5e et 13e arrondissements, dans sa séance du 27 juin, a déclaré qu’il porterait à la connaissance de tous qu’il était de son devoir de reconnaître l’étroite solidarité qui l’unissait à l’acte accompli sur la statue du massacreur de la classe ouvrière.

– L’alliance des groupes socialistes révolutionnaires, se déclare solidaire de l’acte de justice exécuté à St Germain sur la statue de l’ignoble fusilleur de la population parisienne.

C’est le début de la propagande par le fait ; l’alliance espère que cet acte sera fécond en conséquences révolutionnaires, et que les amis inconnus qui ont accompli cette œuvre de destruction, ne tarderont pas à donner de nouvelles preuves de leur dévouement à la cause de la Révolution sociale.

  • Narbonne. Le Cercle anarchiste l’Alarme de Narbonne, envoie au comité exécutif ses plus sincères félicitations, et se rend solidaire de l’acte justicier dirigé contre l’égorgeur du peuple. Vive la Révolution sociale !
  • Perpignan. Le groupe anarchiste de Perpignan nous écrit : Nous nous associons de cœur à l’acte révolutionnaire qu’on fait nos frères en faisant sauter la statue de l’assassin universel et nous nous unirons, bras, tête et cœur à eux, le jour que nous désirons, et qui n’est pas loin, où il faudra faire sauter tous ceux de sa suite.

La Révolution sociale 3 juillet 1881

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A la suite d’un divergence de vues qui s’est produite au Cercle d’études sociales du Vie arrondissement à propos de l’acte de justice que des inconnus ont tenté d’accomplir à St Germain en essayant de faire sauter la statue de Thiers le Fusilleur, plusieurs membres du cercle l’ont quitté et ont formé un nouveau groupe sous le nom de Cercle anarchiste du Vie arrondissement.

Dans sa première séance, le nouveau groupe s’est déclaré solidaire de l’acte accompli à Saint-Germain ; il s’est ensuite occupé du Congrès de Londres et a décidé de s’y faire représenter.

Le correspondant de ce nouveau groupe est le citoyen Durand, 3 rue Guisarde.

La Révolution sociale 10 juillet 1881