Cette, le 19 mars 1882

Ma chère V. Rouchy

Encore une déception ! Au moment d’aller retirer le journal, une dépêche nous arrive de l’imprimeur, nous disant : « qu’il est impossible d’imprimer le journal ».
Nous allons tenter une nouvelle démarche à Lyon, après quoi nous nous verrons obligé de laisser dormir cette question, à moins que nous puissions réussir à Béziers.
Informez en nos amis de Paris.
Tout à vous
Hébrard Louis

*******************************

2Me Congrès régional ouvrier socialiste du Midi Liberté, solidarité, justice !
Commission d’organisation                                     Cette, le 11 avril 1882
Cette 1881
Correspondance Citoyenne Victorine Rouchy

J’ai reçu votre lettre samedi dernier et suis étonné de ne pas avoir reçu la brochure dont vous m’annoncez l’envoi.
J’arrive de Béziers, où j’ai passé les deux jours de fête de Pâques et n’ai pu, à mon grand regret, voir le compagnon Buisson.
Mes amis de là-bas sont aussi dans le calme, on ne fait rien généralement.
Fournière qui a été faire une conférence, à peine si 80 personnes avaient répondu aux affiches collées à profusion sur tous les murs de la ville. Contrairement à Cette, personne n’a daigné le réfuter et cela parce que les anarchistes n’y s’étaient rendus. Je vous promet qu’il n’a pas été du tout content des Cettois, qui ne l’ont pas ménagé.
Le journal Le Droit naturel s’imprime à Lyon et paraîtra dimanche prochain. Je pense que cette fois, se sera sans remise.
En conséquence, veuillez être assez bonne pour voir nos bons amis de Paris et de nous confectionner quelques articles pour le prochain numéro (2e). Nous les prions aussi de les faire un peu piquant, car nous ne craignons pas l’assaisonnement, nous devons profiter du semblant de tolérance intéressée de nos gouvernants pour répandre l’esprit de révolte dans la population ouvrière du Midi et d’ailleurs.
Je vous enverrai 100 exemplaires du 1er numéro et vous voudrez bien en faire la distribution. Incontestablement les articles de ce numéro ne seront pas trop de saison, la copie étant faite antérieurement, mais nous espérons, avec le concours généreux de nos amis de Paris, faire en sorte que le second numéro sera plus goûté et sera plus analogue à la situation actuelle.
Une poignée de main fraternelle à tous.
Tout à vous.
Hébrard Louis

PS. J’apprends indirectement que la femme Sibilat vient d’avorter d’un garçon qui était mort déjà depuis trois jours. On m’assure que la mère va assez bien. Je vous le donne sous toute réserve ne l’ayant pas encore vu depuis mon départ pour Béziers.

Hébrard Louis

SOURCE : IISH d’Amsterdam G. Brocher Papers. 120