Cette.

Les adhérents au groupe La Misère, réunis en séance extraordinaire, ont décidé qu’à l’occasion de l’anniversaire du 18 mars, un punch serait donné en mémoire de leurs frères de travail qui ont été victimes des suites de cette mémorable date.

La Révolution sociale 13 mars 1881

Béziers.

Je crois être l’interprète du groupe de la Plèbe, en vous faisant connaître la décision que, collectivement, nous n’acceptons pas la manifestation du 18 mars, tout en laissant libre chacun de ses membres d’assister ou de ne pas assister à tel ou tel banquet qui lui plaira pour y faire la propagande anarchiste.

Cette décision nous a été dictée par ce motif que, n’admettant pas les idées des hommes de la Commune, nous admettons que cet anniversaire a eu sa raison d’être fêté, tant qu’on n’avait pas fait l’amnistie, comme manifestation pour faire venir de l’exil ou de la Nouvelle-Calédonie nos frères du peuple en souffrance.

Mais depuis l’amnistie voyant que la plus grande partie de ceux qui sont revenus, suivent encore cette politique écoeurante qu’on nomme radicale ou minimunarde, il n’est pas la peine, suivant nous, d’élever un piédestal à ces ambitieux qui, s’ils ont souffert, ne possèdent que le dépit de ne pas être arrivés à leur but : le pouvoir.

Bon courage et longue vie à la Révolution sociale !

Nous avons appris avec bonheur la mort violente du tyran russe : nous souhaitons bon succès aux révolutionnaires de Russie, et surtout qu’ils ne fassent pas comme nous en 1789 et 1792 !

M.

La Révolution sociale 27 mars 1881