Sûreté                                                                            Le 5 avril 1892

Surveillance sur le nommé Ravachol

Rapport

Nous avons l’honneur de rendre compte à Monsieur le commissaire, chef de service, que pendant la surveillance exercée sur Ravachol de 7 heures du matin à midi, il n’y a rien eu de particulier à signaler.

Le sus-nommé a été à la promenade de 10h à midi, heure à laquelle nous avons été remplacé par nos collègues.

Ravachol paraît très gai, il mange d’un fort bon appétit, nous parle toujours, d’essayer de nous rallier à ses idées anarchistes.

Richer, Maigre, Senart

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Sûreté                                                                         Paris le 5 avril 1892

Surveillance sur le nommé Ravachol

Rapport

Nous avons l’honneur de faire connaître que la surveillance exercée ce jour de midi à 7 heures du soir sur le nommé Ravachol, détenu à la Conciergerie, il en résulte que ce dernier a reçu à trois heures du soir une lettre de son avocat, Me Lagasse et à laquelle il a répondu immédiatement.

Me Lagasse demandait à son client quelques notes utiles à sa défense.

Ravachol a paru très gaie toute la soirée il a chanté un couplet d’une chanson anarchiste.

Nous avons été relevés de surveillance par nos collègues Charlet, Lécureuil, Lesmer.

Dechet, Gallet, Richbourg

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Sûreté Paris le 5 avril 1892

Rapport

Pendant la surveillance exercée à la Conciergerie auprès du nommé Ravachol, de 7 heures du soir à minuit, il ne s’est produit aucun fait particulier.

Cet individu nous a seulement prié de bien vouloir lui apporter le journal La Révolte.

Nous lui avons répondu que cela nous était défendu.

Il nous a communiqué la lettre de Monsieur Lagasse son avocat, qui le remerciait de l’avoir choisi comme défenseur, lui demandant des (illisible) et où était la brochure donnant le détail de la plaidoirie au sujet du nommé Decamps.

Ravachol nous a déclaré lui avoir donné d’une manière succinte les phases de son existence, quelques renseignements sur son crime de l’Ermitage, ajoutant que s’il avait agi ainsi, que c ‘était poussé par la faim et le besoin pressant de se procurer de l’argent.

Pour la brochure de la plaidoirie Decamp, il a prié l’avocat de s’adresser au journal La Révolte.

L’inculpé a aussi reçu une lettre de Savone, partie de cette ville le 4 courant (lettre non affranchie). Cette lettre se composait d’un morceau de journal italien donnant le détail de son arrestation et ayant pour titre L’anarchiste, la terreur de Paris. Il y avait écrit au crayon rouge sur la marge ce mot Bravi.

Il nous a donné quelques détails sur l’interrogation faite par M. Atthalin, juge d’instruction, en nous disant : « Faut-il que Chaumartin soit faible pour avoir été dire que j’avais violé une sépulture ; c’était celle d’une baronne ». Il s’est couché vers 9 heures et a dormi d’un sommeil calme.

Les inspecteurs

Charlet, Lécureuil, Laemmer

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Sûreté 5 avril 1892

Rapport

Pendant la surveillance exercée auprès du nommé Ravachol à la Conciergerie de minuit à 7 heures du matin, ce dernier n’a donné lieu à aucune observation.

Il a reposé pendant tout le temps de la surveillance et ne s’est levé qu’au moment de l’arrivée de nos collègues.

Les inspecteurs

Lécureuil, Bauxis, Laemmer

SOURCES : Arch. Préf. de pol. JA 8