Né le 23 octobre 1860 à Montaigu (Vendée) – Serrurier – Nantes (Loire Atlantique). Anarchiste itinérant dans la région Ouest.

Dans le courant du mois d’octobre 1892, plusieurs réunions furent organisées à St Nazaire et à Trignac (Loire Atlantique), pour permettre aux délégués ouvriers, qui s’étaient rendus au Congrès de Marseille, de rendre compte de leur mandat.
A la réunion publique du 23 octobre, tenue à Montoir (Loire Atlantique), un jardinier qui se donnait le nom de Souvarine, demanda la parole. Il en profita pour prononcer un discours des plus violents, préconisant la propagande par le fait, excitant ses auditeurs au vol et à l’assassinat : « Ceux qui travaillent ont le droit de vol et de révolte, même par le crime. On doit prendre les subsistances où elles se trouvent. Il n’y a pas de vol ; les voleurs sont les riches et non nous. ». Souvarine n’était autre que Borda.
Le 1er novembre 1892, il était arrêté sous l’inculpation d’avoir prononcé des discours provoquant au pillage et au meurtre.
Emprisonné à Nantes à l’automne 1892, Eugène Borda avait été condamné le 22 novembre 1892 à 6 mois de prison pour « vagabondage ». Il fit devant le tribunal un assez long exposé des doctrines anarchistes et déclara que son arrestation était illégale. Il fut acquitté en appel à Rennes, fin 1892.
Suite à une lettre qu’il avait adressée au Procureur après son acquittement, il fut arrêté à Angers et condamné deux fois : dans cette ville, puis à Nantes le 7 mars 1893 à 4 mois de prison. Emprisonné début 1893 pour « insultes à magistrat » il était à la maison centrale de Fontevrault.
La cour d’assises de Loire-Inférieure le condamna le 18 mars 1893, à deux ans de prison et 3.000 francs d’amende pour les propos tenus le 23 octobre 1892 à Montoir.
Il avait subi une dizaine de condamnations pour vol, rébellion et vagabondage.
Il parcourait habituellement les départements de l’Ouest et se rendait quelques fois à Paris.
Eugène Borda figurait dans les années 1900 sur une liste des anarchistes du Maine et Loire où il était signalé comme ayant « une certaine influence parmi les anarchistes ».

SOURCES : AD Maine et Loire 4M6/40 — Notes de Laurent Beaumont — Le Père Peinard, année 1892, 26 février 1893 — Arc. Nat. F7/12504, F7/12507, BB18/6449 — L’Union bretonne 18, 23 novembre 1892, du 19 mars 1893. — La Sociale 1er septembre 1895 — BOUHEY Vivien. Les anarchistes contre la République de 1880 à 1914. Annexe 52 : les anarchistes de la Loire-Inférieure.