Née en 1860 à Philippeville (Algérie), brodeuse, fille de brasserie,conférencière, féministe, anarchiste, éventuelle complice d’Emile Henry pour l’attentat de la rue des Bons-Enfants.

Son père était capitaine de gendarmerie, un de ses frères étudiait à Saint-Cyr. Elle fut le souffre-douleur de sa mère qui la confia à l’âge de 11 ans à des religieuses de Nice. Durant 9 ans de pensionnat, elle subit des coups et n’apprit qu’à faire des ourlets et des boutonnières. Elle s’échappa du couvent et s’enfuit à Marseille. Les gendarmes la ramenèrent à sa famille qui l’interna dans un autre pensionnat.
A 20 ans, elle s’échappa de nouveau et s’enfuit en Corse. En 1887, elle était à Paris où elle commença à fréquenter les anarchistes, les féministes et les bars et brasseries du Quartier-Latin où elle chantait le soir des compositions anarchistes : La Ravachole ou la Carmagnole. Elle fréquentait les peintres et les sculpteurs . Dans la journée, elle se livrait à des travaux de crochet pour le compte d’un grand magasin de nouveautés de la Rive gauche.
Elle eut pour amie Mme Astié de Valsayre, fondatrice de La Ligue de l’affranchissement des femmes. Celle-ci l’invita à prendre la parole le 23 avril 1893 dans une réunion électorale, tenue au Moulin de la Vierge, 102 rue de Vanves. Marie Puget défendit l’égalité de la femme, au point de vue économique. A la sortie, en regagnant son domicile, elle fut agressée par deux hommes qui lui administrèrent des coups de pieds et de canne.
Des gardiens de la paix la portèrent chez elle 38 rue de la Seine, elle refusa de porter plainte. Elle demeurait sous les combles, dans un soupente dont le plafond trop bas ne permettait pas de se tenir debout. Le mobilier était composé d’une chaise et d’un grabat.
Selon un rapport de l’indicateur Channe, Marie Puget aurait été la femme, voilée d’une mantille ou d’un châle noir et portant un cabas qui transporta la bombe de la rue des Bons-Enfants. Emile Henry serait resté devant la porte pour l’attendre ou faire le guet.
D’après un rapport de police, Emile Henry se serait réfugié chez Marie Puget, après l’attentat de la rue des Bons-Enfant et avant de s’enfuir à Londres. Marie Puget était peut-être sa maîtresse d’après cette source.
Durant le mois de mars 1893, au bar de la Gaîté, selon l’indicateur Thanne : «  comme toujours, elle a renouvelé ses dires au sujet de l’affaire des Bons-Enfants et pour la cinquième fois, elle a parlé d’Emile Henry, ce qui confirme une fois de plus ce qui a été dit sur ce sujet ».
Lors de perquisitions opérées le 1er janvier 1894 chez des militants anarchistes, des documents furent découverts indiquant que quatre personnes dont Marie Puget auraient participé à l’attentat de la rue des Bons-Enfants.
Au mois de janvier 1894, elle fut arrêtée avec d’autres complices présumés de l’attentat, elle nia son implication, tout comme ses co-inculpés. Lors d’un confrontation Emile Henry avoua être le seul auteur de cet attentat et fit un clin d’oeil à Marie Puget à la suite de cet aveu.Le journal Le Gaulois concluait : « Emile Henry, d’après la préfecture de police, voudrait assumer sur lui toutes les responsabilités pour sauver Adrienne Cheillet et Bonnard.
- On ne peut pas me couper la tête deux fois, aurait-il dit à ses gardiens 
 ». Il était en effet aussi l’auteur de l’attentat du café Terminus. La police n’ayant pas de preuves matérielles ni de témoignages de la participation de Marie Puget, elle fut libérée.
En janvier 1897, elle se serait retrouvée dans la misère, n’ayant pu reprendre un bureau de tabac lui venant semble-t-il de sa mère, l’autorisation lui ayant été refusée à cause de ses antécédents.
En juin 1897, elle participait au 5e championnat cycliste des femmes artistes et gagnait la course.
Chailliey Adrienne Stéphanie figurait dans l’état récapitulatif des anarchistes arrêtés le 31 décembre 1894 et le 31 décembre 1896 ainsi que dans la liste des anarchistes (postérieure à 1900) de la Préfecture de police de Paris.

SOURCES : P Po Ba 1115 — Gil Blas et le Temps 25 avril 1893, Le Figaro 23 et 27 février 1894, Le Radical 26 avril 1893, L’Intransigeant 22 février 1894, Journal des débats 22 février 1894, Petit parisien 23 février 1894, Le Matin 23 et 27 février 1894, Le Gaulois 23 et 26 février 1894, Gil Blas 24 et 27 février 1894, La Justice 13 juin 1897, La Gazette algérienne 16 janvier 1897 — BOUHEY Vivien. Les anarchistes contre la République de 1880 à 1914. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine.