Publiciste, oratrice, syndicaliste, féministe et anarchiste parisienne.

Maximilienne Biais fit partie du groupe qui animait le journal La Misère (14 numéro du 29 août au 10 décembre 1898) dont le gérant était Albin Villeval. Elle rendit compte dans le journal, du congrès tenu à Londres sur la prostitution. Approuvant l’esprit des résolutions prises par la Fédération abolitionniste internationale, ardente adversaire d’une réglementation, elle dénonça la volonté d’embrigadement des individus qui se cachait derrière la morale et la santé publique : « Il n’appartient pas à l’Etat de reconnaître à la prostitution une sorte de position civile, en l’autorisant et en violant dans certains cas et dans certains conditions toute liberté individuelle ». Car « l’avilissement suprême que l’Etat provoque, c’est bien que les uns se vendent aux autres ».
Du 24 au 26 octobre 1898, Maximilienne Biais participa au deuxième congrès de la Fédération des Jeunesses socialistes révolutionnaires internationalistes (JSRI) qui comprenait trois tendances : anarchiste, allémaniste et blanquiste, unies sur le compromis suivant : « Le congrès entend faire l’union entre toutes les jeunesses ayant au moins comme programme minimum la propagande antimilitariste, anticléricale, internationaliste ». Elle fit partie de la commission de propagande et de celle intitulée « Affaire Dreyfus » qui se transforma en « agitation actuelle : cléricalisme, militarisme, antisémitisme, révolution ». Elle annonça la création du journal la Misère mais la commission ne put soutenir l’initiative, faute d’argent.
Le 25 septembre 1898, Maximilienne Biais participa à une conférence publique sur L’immoralité du mariage et l’union libre avec Eugénie Collot, Mary Huchet, Alice Canova, Sadrin et Prost à la Bibliothèque sociologique des libertaires du XIIIe, salle Delapierre, 168 rue de Charenton.
En septembre 1898, elle publia un article sur le désarmement dans le journal La Misère.
Elle collabora également au Cri de la révolte, avec Mary Huchet (10 numéros du 20 août 1898 au 1er mars 1899).
En novembre et décembre 1898, elle fit plusieurs conférences pour la Fédération des jeunesses socialistes révolutionnaires, en particulier sur la propagande antimilitariste à développer lors du départ de la classe des conscrits.
Le 26 mars 1899, nouvelle conférence à la Bibliothèque sociologique des libertaires du XIIIe, salle Delapierre avec Mary Huchet, Alice Canovas, Astier de Valsayre, sur le thème « Les droits de la femme, la pieuvre cléricale, l’armée contre la nation ».
En avril 1899, Maximilienne Biais fit partie avec Louise Coutant et Jeanne Gillet, du comité provisoire pour l’organisation d’un Comité de propagande des syndicats ouvriers féminins.
Début mai 1899 sortit le premier numéro du journal L’Action féminine, Maximilienne Biais en était la directrice et y publiait un article en forme d’éditorial : Pour quoi l’action ?, Louise Réville quant à elle s’adressait Aux révolutionnaires et Astié de Valsayre s’interrogeait : En as-tu assez ?
L’Action féminine se proposait de s’occuper particulièrement de la création de syndicats ouvriers mixtes. Un comité de propagande avait été institué à cet effet.
Dès le 21 mai, le journal organisa un meeting anticlérical et antimilitariste, salle d’Arras. Ces deux thèmes devenaient même prédominants puisque à l’occasion de l’annonce d’une réunion, l’Action féminine était qualifiée de Groupe anticlérical et antimilitariste.
Le 28 mai au Père Lachaise, derrière la couronne de l’Action féminine, défilèrent les déléguées des principaux groupes de femmes révolutionnaires.
Le numéro 3 du journal paru début juin 1899, comprenait un article de Maximilienne Biais sur le Féminisme sentimental et un autre de Louise Réville sur le Travail des femmes.
Le 9 juin 1899, le Groupe féminin d’action anticléricale et antimilitariste, s’était réuni dans les bureaux de l’Action féminine afin de se structurer et de prévoir l’organisation de futurs meetings.
Le numéro quatre de l’Action féminine sortit à la mi-juin 1899, avec des vers de Louise Michel, et un article de Maximilienne Biais sur le Féminisme économique : « La question féminine ne se restreint pas à la satisfaction des besoins et des aspirations de quelque-unes ; il n’est plus, même en apparence, de questions sociales qui n’intéresse que quelques-uns ; la question d’émancipation économique se pose pour toutes, comme elle se pose pour tous. C’est pourquoi il faut que les femmes, atteintes plus lourdement par la structure économique, soient des premières et des plus ardentes à la briser ».
Le 6 juillet 1899, elle participa à un grand meeting public et contradictoire de soutien au bénéfice du journal L’Homme libre, avec Charles Malato, Girault, Tortelier, Prost et Albert Lévy.
Le 22 juillet 1899, elle était présente avec son ami Lamaud à une réunion organisée par Alice Canova et Prat, 37 rue de l’Ouest. Selon le rapport de l’indicateur Foureur, Lamaud et Biais « tous deux malades, avaient l’air de cadavres ambulants ».
Le 27 août 1899, les membres des Jeunesses socialistes révolutionnaires, libertaires et communistes qui se réunissaient dans les locaux du Journal du Peuple déménagèrent à la cloche de bois les meubles de L’Action féminine qu’ils transportèrent rue Victor Considérant. Il ne semble pas que le journal publia un cinquième numéro.
En 1901 et 1902, son nom apparut régulièrement dans le quotidien La Fronde, dont elle fut une chroniqueuse importante, ses articles étant publiés en première page.
En 1905, ce fut à L’Aurore de publier ses articles.
Le 25 avril 1907, elle participa à une réunion à la Bourse du travail, 3 rue du Château-d’Eau, organisée par le syndicat des employés de la Seine sur le repos hebdomadaire, l’action directe et la grève générale.
L’affiche annonçant la réunion indiquait : « Camarades, par l’action directe, par le sabotage, par la grève générale vous êtes les plus forts, vous êtes les maîtres. Rejoignez la grande armée du prolétariat organisé, sachez vouloir et vous emporterez les bastilles capitalistes… Orateurs inscrits :Beausoleil, Bousquet, Maximilienne Biais, Delalé, Janvion, Monatte, Lévy, Laporte, de Marmande ».
Bousquet, Lévy et Delalé furent inculpés de diverses provocations, pour des propos tenus lors de cette réunion.
Le 5 juin 1907 à l’Université populaire du XIVe, 13 rue de la Sablière, Maximilienne Biais fit une conférence sur Les syndicats de femmes.
Elle assista le 7 juin 1907 à l’audience de la cour d’assises de Paris qui condamna Bousquet et Lévy à 2 ans de prison. Elle y accompagnait la fille de Bousquet. Le Petit Journal dans son compte-rendu du procès la présenta comme la compagne de Lévy. Ce dernier fit publier un rectificatif : « Je suis d’autant plus surpris de cette affirmation, nous écrit le trésorier de la CGT, que Mlle Biais avait été entendue comme témoin à une précédente audience et que nul ne pouvait se méprendre sur sa personnalité ».
Du 25 au 28 mars 1907, Marguerite Durand organisa un Congrès du travail féminin dans le but de créer un Office du travail féminin subventionné par l’Etat. Pour préparer ce congrès, M. Durand envoya des questionnaires dans les Bourses du travail et finança le déplacement des déléguées. Une soixantaine de syndicats se déplacèrent, mais la CGT eut une attitude hostile à l’égard de ce congrès. Le 28 mars se tenait donc une réunion des déléguées du Congrès, encore présentes à Paris, sous la présidence de Maximilienne Biais, avec le concours de la commission administrative du syndicat des employés, de Janvion et Luquet de la CGT.
Une Commission mixte et provisoire d’études, y fut crée. Elle termina ses travaux par la constitution définitive d’un Comité d’action Féministe syndicaliste, ayant pour objet l’étude et la mise en œuvre de tous les moyens de propagande destinés à grouper les travailleuses isolées et à les faire participer, en masse, au mouvement syndicaliste.
Le Comité décida, dans sa séance du 16 juillet 1907, de constituer une section dans chaque Bourse du Travail. Chacune de ces sections étant en communication permanente avec le Comité central, siégeant à Paris. Maximilienne Biais était la secrétaire générale du Comité d’action féministe syndicaliste.
L’Action féminine, bulletin du Conseil national des femmes indiqua jusqu’en 1913 que le Comité d’action Féministe syndicaliste figurait dans la liste de ses sociétés affiliées. Maximilienne Biais et Mme Despuech étant les déléguées.
En août 1913, elle publia en feuilleton dans Le Temps, le récit de son voyage en Syrie méridionale, intitulé Une chevauchée à travers le Hauran.
Ayant pris le nom de Marguerite Michard, elle adhéra au parti communiste en 1921, voir la suite de sa biographie dans le Maitron.

SOURCES : Les jeunes, le socialisme et la guerre de Yolande Cohen. 1989 — La bibliothèque Marguerite Durand. Histoire d’une femme, mémoire des femmes d’Annie Dizier-Metz. 1992 — Bianco : 100 ans de presse anarchiste. — Le Père Peinard 25 septembre 1898 — La Petite République 2, 11 novembre 1898, 21 mai 1899 — L’Aurore 3, 17, 24 novembre, 1er décembre 1898, 30 mars, 6 juillet 1899, 20 août 1902, 6 août, 9 septembre 1905, 5 juin 1907 — La Lanterne 27 mars 1899 — Le XIXe Siècle 21 avril, 19 juin 1899 — Le Temps 2 mai 1899 — Le Siècle 19 mars 1901, 30 avril 1907— Messidor 26 avril 1907 — L’Humanité 13 mai, 5 juin, 21 juillet 1907 — Le Petit Journal 8, 20 juin 1907— Arch. Préf. pol. Ba 1498.