Nice.

Ils ne se croyaient pas eux-mêmes si dangereux et si redoutables les vingt ou trente jeunes gens que la police surveille, arrête, livre au parquet et auxquels on veut appliquer les lois scélérates.

Les journaux et les correspondances locales sont pleins de détails contradictoires, d’où il appert que les agents provocateurs ont fait là-bas leur triste besogne. Les mensonges de la police, heureusement trop grossiers et trop cousus de fil blanc tendaient à faire croire à l’existence de la fameuse association de malfaiteurs – ils n’ont réussi qu’à provoquer une altercation anodine entre deux groupes de consommateurs dans un même café, neuf jeunes gens d’un côté, deux agents provocateurs de l’autre – Aujourd’hui, ces neuf jeunes gens sont sous mandats de comparution – l’enquête policière leur reproche de ne pas aller à la messe, mais reconnaît qu’ils sont de bons ouvriers, estimés de tous, plusieurs ont moins de vingt ans.

Le désir de s’instruire, l’amour de l’humanité caractérisent ces jeunes hommes et font que la société basée sur l’erreur et la haine, juge urgent de se défendre contre leur pensée.

Parmi ceux que la divulgation de la vérité scientifique met le plus en péril, se trouvent naturellement des cléricaux – leur journal La Croix continue à se faire remarquer par la violence de ses articles : voici un extrait du numéro du 19 septembre :

« Il y a longtemps que nous avons signalé dans La Croix les menées audacieuses de ces ennemis de toute société, que nous avons appelé l’attention des autorités sur cette abominable propagande. Un coup de filet a été donné, mais beaucoup de ces dangereux personnages sont encore en liberté et continuent leur triste propagande. Il faut qu’on ait le courage d’y mettre un terme, que l’on étouffe au plus tôt ces tisons de discorde civile et que l’autorité aille jusqu’au bout de la tâche qu’elle a entreprise. Et puis, qu’on oublie pas, si on veut réellement tarir à jamais la source de l’anarchie, qu’on rende à Dieu sa place à l’école et dans la société ».

Nous commenterons ainsi qu’il convient le rôle de la police et de la justice, suivant les événement.

Ludovic Malquin

Le Libertaire 3 octobre 1897