Document Éphéméride anarchiste

Neufchatel, le 27 décembre 1880,

Hier, nous avons eu la réunion que je vous avais annoncée.

Après des réclamations assez violentes, Schwitzquébel a retiré sa démission et il reste président du Cercle d’études.

Pindy veut faire un voyage à Paris, il n’y resterait que quelques jours.

Il descendra probablement chez Eugène Protot .

Je crois que vous ferez bien de surveiller un peu ses démarches pendant son séjour à Paris parce qu’il disait avant hier que cela ne marchait pas du tout pour l’organisation révolutionnaire en France, que ce qui manquait c’était, c’était le nerf de la guerre et qu’il savait bien ou en trouver à Paris.

Donc, son voyage a pour but d’alimenter la caisse des comités révolutionnaires, mais comment, je l’ignore encore.

On le saura toujours bien.

On a envoyé (après une récidive de demandes) 300 francs au comité de Milan. Les sections italiennes venaient de faire encaisser 719 francs pour les cotisations.

On n’avait que deux lettres de Paris, une de Paul Brousse, qui écrit qu’il s’occupe spécialement du 19e arrondissement.

Les élections municipales se présentent, dit-il, très mal pour le collectivisme et les hommes de M. Gambetta savent adroitement semer la division et en profiter.

On croit que Pindy partira lundi prochain, 3 janvier car il a fait mettre la première réunion pour lundi, 10 janvier, jour où il peut être de retour en Suisse.

La mort d’Anderwert, président de la Confédération, nous a été bien agréable, car nous ne lui avons pas pardonné ses poursuites contre notre journal L’Avant-garde, et sa conduite envers notre fédération.

Aussi, toutes nos sections se félicitent qu’il se soit rendu justice en se brûlant la cervelle.

Celui qui doit le remplacer comme président ne vaut guère mieux, mais notre comité et les sections lui gardent une certaine reconnaissance parce qu’au moment où notre journal a été saisi, il était directeur du journal Le National suisse qui nous a ouvert les colonnes de sa feuille.

C’est un bon point à son actif.

Rien d’autre chose pour ces jours-ci.

Droz

Source : Archives de la Préfecture de police de Paris Ba 438

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