Placard Mort aux voleurs édité par Le Groupe parisien de propagande anarchiste de Paris en 1882

Le Groupe de propagande anarchiste de Paris nous envoie la circulaire suivante, datée du 20 janvier :

Compagnons – persuadés qu’il est non seulement utile, mais indispensable de donner à vulgarisation des idées révolutionnaires la plus grande extension ; convaincus, d’autre part, par l’expérience de tous les jours, que les groupes d’études sociales, tout en rendant de réels services, ne peuvent avoir sur la grande foule anonyme une action suffisante, nous nous sommes réunis un certain nombre d’amis, sur notre propre initiative et sous notre propre responsabilité, en vue de faire de la propagande anarchiste par tous les moyens possibles.

Notre intention est, en d’autres termes, de publier à intervalles réguliers – tous les mois si faire se peut – et dans toutes les occasions qui paraîtront propices, des placards, des brochures, des affiches, des manifestes, où seront exposées les théories anarchistes.

Il nous semble que, sans suppléer absolument à l’absence d’un journal, ce genre de propagande pourrait avoir néanmoins une certaine utilité. Seulement, comme nos ressources sont limitées, nous ne pensons pouvoir mener à bonne fin cette entreprise et lui faire produire tous ses fruits qu’à la condition de faire appel à nos amis.

Il faut, d’autre part, que ces publications soient les plus répandues possibles, et c’est aux militants sympathiques à nos idées qu’il appartient, dans leur entourage, d’accomplir cette besogne.

D’autre part, nous ne saurions assumer sur nous seuls la charge de subvenir à tous les frais.

C’est pourquoi, compagnons, nous venons aujourd’hui solliciter votre appui, si toutefois notre œuvre vous en paraît digne. Cet appui, au surplus, ne sera pas pour vous extrêmement onéreux. Nous nous proposons, en effet, de nous arranger de façon à ce que le prix de nos publications ne dépasse jamais trois ou quatre sous, au maximum. Il suffirait donc qu’un certain nombre de groupes consentissent à nous prendre une cinquantaine d’exemplaires de chacune pour que nous puissions marcher en toute assurance.

En sollicitant vos conseils et vos observations, nous vous prions de nous répondre à l’une des adresses suivantes, et dans le plus bref délai possible, pour nous dire si vous consentez à nous prêter votre concours, et dans quelle mesure vous êtes disposés à le faire.

Recevez, chers compagnons, nos salutations égalitaires.

Baillet, tabletier, 145 boulevard d’Italie

Bérard, ébéniste, 123 faubourg St Honoré

Courapied, comptable, 61 rue Vallier Levallois-Perret

Gustave Falies, employé, 13 avenue des Gobelins

Gallois, tourneur-rep, 31 rue des Deux-Ponts

Gautier Emile, publiciste, 101 rue Monge

Lagarde, artiste peintre, 3 rue de l’Abbaye

Mollin, peintre-doreur, 28 rue de Lourcine

Thomachot, tapissier, 145 rue St Maur

Vaillat Emile, typographe, 31 rue d’Assas

PS. Il est bien entendu que, une fois les frais couverts, les exemplaires restants seront expédiés gratuitement à tous ceux qui en feront la demande.

Nos meilleurs souhaits pour la réussite de cette excellente entreprise.

Le Révolté du 4 février 1882