Né le 26 décembre 1868 à Bresne sur Vesle (Aisne). Employé de commerce. Anarchiste illégaliste parisien.

Engagé volontaire en 1886 au 5e régiment de Chasseurs d’Afrique, il fut envoyé dans une compagnie disciplinaire.Boutté était célibataire.

Arrivé à Paris au commencement de 1891, Boutté a été successivement garçon épicier, sommelier, homme de peine, fabricant de cartes de visite, charretier. Mais le plus souvent, il ne travaillait pas. Il pratiquait surtout le vol à l’aide de fausses clés ou par effraction, et aurait fait partie, selon la police, avec Blanc et Vinchon, d’une bande de cambrioleurs anarchistes.

Boutté devint anarchiste au contact de Gustave Babet, ils firent le projet de détruire les maisons de crédit et les bureaux du Mont de Piété. Boutté participa d’un projet d’enlever en pleine rue la sacoche d’un fabricant de chaussures mais la tentative échoua. Quelque temps après, il essayait de déménager les meubles de Mettendorf, ce qui provoqua son arrestation.

Boutté prenait la parole dans les réunions anarchistes, notamment au Groupe de propagande, se vantant de ses vols ou annonçant quelque projet retentissant. Il exhibait un revolver ou un poignard ou annonçait qu’il étudiait la chimie des explosifs.

En juillet 1892, il fut relaxé à la suite d’une arrestation pour tentative de déménagement par la force.

Le 13 janvier 1893, il était condamné à un mois de prison à Paris pour port d’arme prohibée, devant la Chambre des députés.

En mai 1893, il fut compromis dans l’affaire Vinchon de détention d’explosifs. Il comparu devant le juge d’instruction Atthalin : on avait trouvé chez Bondon, l’un des co-inculpés, un panier contenant des produits destinés à fabriquer de l’explosif et divers ustensiles de cambrioleurs. Quelqu’un y avait introduit ses papiers, pour le compromettre. Finalement, il bénéficia d’une ordonnance de non lieu.

Le 5 juin 1893, Boutté fut condamné à 13 mois de prison pour vol, rébellion et tentative de meurtre sur les agents.Il fut libéré de prison le 27 mai 1894.

Il fréquenta alors un autre anarchiste, le menuisier Isidore Guillemard, demeurant 8 rue des Lombards qu’il avait connu dans les réunions.

Le 4 juillet 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs. Le 5 juillet, le commissaire de police du quartier Sainte-Marguerite, se présenta à son domicile 92 avenue Philippe Auguste, dans une chambre située au 7e étage. La perquisition fit découvrir un revolver chargé et un couteau poignard.

Le 6 juillet, il fut incarcéré à Mazas. Dans un courrier au juge d’instruction, en date du 9 juillet 1894, Boutté se plaignit de ses compagnons anarchistes qui avaient voulu le compromettre dans l’affaire Vinchon : « mes bons amis mettaient mes papiers dans un panier contenant des bombes et des ustensiles de cambrioleurs. Aucun de ceux qui ont trempé dans cette affaire, n’a voulu me dire : c’est moi ». Il proposa, dans cette lettre, de travailler pour la Sûreté : « Il faut donc, si je tiens à rester en liberté, vous donner des preuves de non participation à ce qui se passe. Veuillez donc me mettre, si vous le jugez à propos, en rapport avec la Sûreté. Je crois lui être plus utile maintenant, que lorsqu’elle est venue me trouver dans mes débuts anarchistes ». Pour gage de sa bonne volonté, il demanda à voir le juge et lui expliqua qu’il avait rendez-vous le 9 août, avec Bertrand, gérant du Pot à colle, à sa sortie de prison, qui devait lui communiquer quelque chose de très sérieux. Il poursuivit en disant qu’il devait également aller chercher à Poissy, Dardare qui devait sortir de prison le 28 août.

Boutté fut mis en liberté provisoire le 16 juillet. Un ordonnance de non lieu fut délivrée le 22 juin 1895, pour l’accusation d’association de malfaiteurs.

SOURCES : Arch. de Paris D.3 U6 50 — ANOM COL H 592.