Né le 31 décembre 1847 à Krautergersheim (Bas-Rhin). Ouvrier tailleur, anarchiste et syndicaliste parisien.

Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.

Joseph Decker avait subi plusieurs condamnations : 1 mois de prison à Belfort le 27 novembre 1865 pour vol ; 3 mois à Colmar, le 27 juin 1867, pour escroquerie ; un mois à Schlestadt, le 19 octobre 1867, pour vol ; 6 mois à Paris le 16 janvier 1869, pour vol ; 15 jours à Paris le 4 mai 1891, pour port d’arme prohibée, lors des manifestations pour le 1er mai. A cette occasion une souscription fut organisée à son bénéfice qui rapporta 103, 45 francs.

Decker avait opté pour la nationalité française à Paris le 8 juillet 1872. Il était veuf, sans enfants et demeurait 1 rue Bachelet.

Il avait travaillé chez MM. Constient et Auché, 6 rue Louis Legrand, puis chez M. Weil 46 rue Lafayette. Il se retrouvait sans emploi depuis le mois de décembre 1893.

On le nommait Decker Jeune, pour le distinguer de son frère aîné Louis, né en 1840 qui professait aussi des opinions anarchistes.

Il était signalé comme anarchiste depuis 1885. Il fit partie du groupe La Panthère des Batignolles, des groupes La Sentinelle, Les Deshérités de Clichy, les Antipatriotes et de la Chambre syndicale des hommes de peine.

En 1889, il fut trésorier de la Chambre syndicale des tailleurs.

Le 1er mai 1891, il était arrêté rue Royale, au moment où il manifestait ses opinions anarchistes sur la voie publique. Lors de son arrestation, il était porteur d’un manifeste anarchiste et d’un revolver.

Il fréquenta ensuite les réunions des groupes anarchistes de Montmartre où il était moins assidu qu’auparavant.

Decker assista à trois réunions anarchistes chez Duprat les 8, 22 et 29 janvier 1894. Il connaissait Duprat depuis 1885.

Le 8 mars 1894, il fut arrêté chez Duprat. Le commissaire de police du quartier du Mail perquisitionna à son domicile. La perquisition fit découvrir une chanson Germinal, des talons de mandats qu’il avait fait parvenir à Jean Grave, alors qu’il était dépositaire de son journal, antérieurement à 1891, un reçu de la souscription faite à son bénéfice en 1891, le livre de compte de la Chambre syndicale des tailleurs, des brochures et une gravure Les Martyrs de Chicago.

Le 9 mars, il fut incarcéré à la prison de Mazas et mis en liberté provisoire le 7 mai 1894.

Le 30 juin 1894, le préfet de police délivra un nouveau mandat de perquisition et d’amener à son encontre, pour association de malfaiteurs. Le 1er juillet, le commissaire de police du quartier de la Chapelle se présenta au 22 rue Lambert au domicile de sa compagne, concierge de l’immeuble, où il trouva Decker qui protesta contre son arrestation, alors qu’il venait d’être mis en liberté par le juge d’instruction Meyer. Le commissaire saisit un carnet contenant divers papiers appartenant à Decker.

Le 5 juillet, il était incarcéré à Mazas et remis en liberté le 10 juillet.

Le 10 juin 1895, le juge Meyer prononça une ordonnance de non lieu dans l’affaire d’association de malfaiteurs.

Decker figurait sur les états d’anarchistes 1900-1912 de la préfecture de police. Il demeurait 17 rue Boudeloque et son dossier portait le n°136.396

SOURCES :
Arch. de Paris D.3 U6 49 — Préf. de Pol. Ba 1500.