Né le 25 mai 1860 à Paris. Ouvrier tapissier. Anarchiste parisien.

Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.

Gustave Mayence vivait maritalement depuis 1885 avec Marie Le Troquer, avec laquelle il avait eu 3 enfants.

Il faisait partie de la classe 1880, tira au sort à Paris 18e, le n°12. Incorporé le 17 novembre 1881 au 23e régiment de ligne, il résida 2 ans à Saïgon et fut décoré de la médaille du Tonkin.

De 1886 à 1888, il travailla comme tapissier au Bon Marché dont il fut congédié pour « arrogance » et « manque d’aptitude ». A partir de cette époque, il travailla irrégulièrement, souvent sans ressources, il était régulièrement hors d’état de payer son loyer, ce qui lui valut plusieurs expulsions

En décembre 1886, il sollicita un emploi d’agent de police en Cochinchine. La même année, il était gérant d’une petite feuille littéraire et artistique, ayant pour titre Montmartre.

En mars 1889, il avait été arrêté, pour avoir molesté, à la sortie du conseil de prud’hommes, un patron qui avait obtenu gain de cause contre les membres de la Chambre syndicale des hommes de peine.

Mayence faisait partie du groupe anarchiste de Saint-Ouen quand il résidait dans cette localité, il fut ensuite membre des groupes des 17e et 18e arrondissements. Il était lié avec Charveron et Marchal.

Gustave Mayence qui demeurait 31 rue Cadet était le gérant du Père Peinard où en décembre 1890 il avait remplacé Faugoux condamné à 2 ans de prison. Il fut convoqué le 23 mars 1891 pour « provocation de militaires à la désobéissance », pour un article paru dans le Père Peinard, avec les compagnons de Saint Denis : Henri Decamps, Arthur Voyez, Nestor Ferrière, François Collion, Michel Bastard, François Pernin et Charles Galau. Il fut condamné fin avril à 6 mois de prison et 100 francs d’amende tandis que les compagnons de Saint Denis étaient acquittés. Il fut remplacé à la gérance du Père Peinard par G. Berthault. Le jugement fut cassé en mai 1891 pour vice de forme et Mayence fut rejugé à Versailles le 23 juillet où la peine de 6 mois et l’amende furent confirmées. Il fut interné à Sainte Pélagie.

Le 8 juin 1891, il avait fait partie de la manifestation qui vint au Sacré-Cœur de Montmartre, exhiber une couronne, portant l’inscription « Hommage à la Commune ». Cette manifestation dégénéra en bagarre et motiva plusieurs arrestations.

Le 15 septembre 1893, chez Pouget au Père Peinard, il proposa, à propos des fêtes franco-russes, des contre manifestations, pour protester contre l’idée de patrie. Le 18 septembre, il proposa de lancer sur la foule accourue pour voir les marins russes, des journaux et brochures anarchistes.

Le 15 mars 1894, le préfet de police délivrait un mandat de perquisition et d’amener à son encontre, pour association de malfaiteurs. Le 17 mars, le commissaire de police du quartier des Ternes, se rendait à 6 heures du matin, à son domicile 61 rue Sauffroy (XVIIème arr.) où il logeait au 4e étage, sur la cour, son logement se composant d’une anti-chambre, d’une cuisine, d’une salle à manger et d’une chambre à coucher. La perquisition amena la saisie d’un lot des journaux La Révolte , le Père Peinard, L’En Dehors, le Ca Ira, Le Faubourg, le Cri typographique, l’Attaque, le Conscrit, la Lutte pour la vie, l’Anarchie, le Chambard. Des brochures anarchistes, des chansons, des affiches non timbrées, trois notes écrites par Mayence et une adresse écrite au crayon sur un carnet trouvé dans la poche de son paletot, furent également saisis. Lors de la perquisition, il déclara : « il était temps que vous arriviez, car sans cela, j’allais partir à Londres ». Il fut conduit au Dépôt et incarcéré à Mazas le 18 mars 1894.

Le 22 mai Pol Martinet adressa une demande de mise ne liberté au juge Meyer.

Le 23 mai 1894, Mayence fut remis en liberté.

Le 30 juin 1894, le préfet de police délivra un nouveau mandat d’amener, pour un motif identique.

Le 1er juillet à 4h40 du matin, le commissaire de police du quartier de la Plaine-Monceaux se présenta 29 rue Balagny, au 5e étage. La perquisition fut infructueuse, arrêté, il fut conduit au Dépôt et incarcéré à Mazas. Il en fut libéré le 5 juillet.

Le juge d’instruction Meyer rendit une ordonnance de non-lieu dans l’affaire d’association de malfaiteurs le 29 juin 1895.

Au printemps 1895 il travaillait pour un tapissier de la rue des Moines. A l’automne 1895 il avait pris la gérance du journal autographié La Nouvelle Humanité qui était distribué gratuitement à Montmartre et dont les principaux rédacteurs étaient Beaulieu, Zisly et Georges Marion.

Fin 1896 il avait participé avec Jean Otto au journal Le Rifflard (Paris, n°1, 16 décembre 1895) qui à partir du 10 octobre 1896 (n°39), tout en conservant la numérotation, changea son titre pour celui de L’Action (Paris) dont le responsable était toujours Henri Otto et qui publia 15 numéros (dernier numéro, 10 juillet 1897). S’agit il de la reprise du titre L’Action puis L’Action sociale, qui avait été fondé par Bernard Lazare et avait publié au moins 5 numéros entre le 1er février et le 29 février 1896 ?

Au début de l’été 1898, il avait démissionné de son poste de gérant de La Sentinelle Harmonie (non répertorié par R. Bianco) publiée par le groupe Harmonie dont H. Beylie Beaulieu était l’un des animateurs et qui se réunissait au café Harmonie, 69 rue Blanche. Ecarté de ce groupe, il envisageait alors, selon un indicateur, de collaborer à la nouvelle série du journal Le Pot à colle (n°1, 20 juillet 1898) dont le gérant était H. Cler. Il fut alors semble-t-il, le responsable avec Henri Otto de la feuille individualiste Le Révolutionnaire (non répertorié par R.Bianco) qui eut au moins 3 numéros (n°3, mars 1899), farouchement opposé à Sébastien Faure, Malato et Pouget entre autres et fortement teinté d’antisémitisme. En juin 1899, avec notamment Otto, Ferrière et Raubineau, il devait participer comme orateur à une réunion organisée par le groupe nationaliste et antisémite d’Henri Rochefort dans le 18ème arrondissement, Cette réunion qui, suite à la mobilisation de socialistes et d’anarchistes, s’était repliée au café « A la Cinquantaine » au coin de la rue du Poteau, fut finalement dispersée par les contre manifestants.

SOURCES :
Arch. de Paris D.3 U6 carton 50 —
La Révolte année 1891 — Fichier Bertillon — Le Père Peinard, 22 & 29 mars, 2 août 1891 — Arc. Nat. F7/12723 — R. Bianco « Un siècle de presse anarchiste… », op. cit. — APpo BA 80, BA 1497, BA 1498, BA 1500