Né le 13 juillet 1848 à Saint Laurent des Mortiers (Mayenne). Ouvrier menuisier. Anarchiste parisien.

Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.

Lucien Terrier avait tiré au sort à Angers le n°97 de la classe 1868 et fit son service militaire dans plusieurs régiments d’artillerie. Il fut médaillé militaire en 1871, pour faits de guerre contre la Commune.

Célibataire, il travaillait chez M. Dufaye, rue du Caire et logeait en garni 95 rue de Broca à Paris.

En 1878, Terrier fut délégué à l’Exposition ouvrière par la Chambre syndicale des menuisiers en bâtiment. Il participa en 1879 à l’organisation du Congrès ouvrier de Marseille.

En 1890, il assista à deux réunions anarchistes à la salle Aurel.

Dans une réunion tenue 104 rue Oberkampf, le 15 mai 1892, il s’affirma anarchiste et préconisa la formation, dans chaque quartier, de nouveaux groupes « où s’instruiront les recrues ». Il ajouta : « pour la propagande, les écrits font autant que les bombes et préparent ceux qui les emploient ».

Le 17 octobre 1892, il assista à une réunion du Cercle International, 38 rue Aumaire et le 17 décembre 1893 à une soirée familiale donnée chez Duprat.

Terrier figurait sur la liste des anarchistes de la Seine au 26 décembre 1893.

Le 13 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à son encontre pour association de malfaiteurs.

Le 14 mars à 6h du matin, le commissaire du quartier de la Gare se présenta chez lui, une chambre meublée située au 3e étage. Terrier se préparait pour se rendre à son travail. La perquisition fit découvrir deux numéros de La Révolte et différents imprimés dont La grève des électeurs, Ce qui va nous arriver sur la fin de 1893 et une brochure avec un avant propos de Darnaud du 15 décembre 1890. A propos de son livret militaire conservé avec des papiers insignifiants, il déclara : « C’est même bienheureux qu’il soit aussi propre que cela », montrant qu’il ne lui attachait pas beaucoup d’importance.

Terrier fut arrêté et conduit au Dépôt puis incarcéré à Mazas le 15 mars 1894. Le 31 mars, il fut mis en liberté provisoire.

Le 30 juin 1894, le préfet de police délivra un nouveau mandat de perquisition et d’amener, pour un motif identique. Le 1er juillet à 4h30 du matin le commissaire du quartier de la Maison Blanche, se présenta à son domicile. Terrier était absent mais la clé se trouvait sur la porte. Le lit n’était pas défait et tout indiquait qu’il n’y était pas rentré depuis la veille. Alors qu’il perquisitionnait, Terrier arriva vers 5h avec un nommé Lothier Gaston, menuisier demeurant 8 boulevard Denain. Terrier fut incarcéré à Mazas le 3 juillet et remis en liberté le 11 juillet.

Le 22 juin 1895, le juge d’instruction Henri Meyer rendit une ordonnance de non lieu dans l’affaire d’association de malfaiteurs.

Terrier figurait sur la liste des anarchistes au 31 décembre 1894 et au 31 décembre 1896 et sur la liste des anarchistes (postérieure à 1900).

SOURCES :

Arch. de Paris D.3 U6 carton 50 — Arch. Préf. pol. BA 1500 — Les anarchistes contre la République par Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine.