Source gallica.bnf.fr / BnF

Né le 22 octobre 1884 à Paris, peintre en bâtiment, cambrioleur anarchiste, bagnard.

Tisserand exerça le métier de peintre en bâtiment, se maria, puis quitta sa femme et s’installa en Belgique. Il y fit connaissance de Robert Gaëtan Marciana, dit Peyrard, natif de Saint-Etienne, insoumis à l’armée.

Le 6 août 1911, Tisserand fut arrêté à Versailles par la gendarmerie sur mandat du parquet de Cambrai, pour vols de bicyclettes. A la maison d’arrêt de Cambrai, en compagnie de trois braconniers, il tenta de s’évader le 1er septembre 1911, essayant d’arracher les clefs au gardien qui sortit son pistolet et put appeler du secours.

Il fut sans doute libéré puisqu’il commit 27 cambriolages en région parisienne durant le mois de septembre 1912, en compagnie de Marciana et d’Eugène Leroy, menuisier demeurant 6 rue Royale à Saint-Cloud. Leroy qui avait conservé des colis pour Marius Metge*, lors de l’affaire de la « bande à Bonnot » en janvier 1911, avait été arrêté puis relâché par la police.

A la fin du mois de septembre, un sac de cuir fut découvert par un promeneur dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Ce sac contenait de fausses clefs, des pinces-monseigneur et un carré de papier avec le nom de Fernand Tisserand. La police découvrit que Tisserand logeait dans un hôtel 74 avenue Victor Hugo à Clichy, en compagnie de sa maîtresse Eugénie Petit, 19 ans, blanchisseuse à Clichy, ainsi que Marciana qui s’y trouvait également avec sa maîtresse Marie-Camille Schatterman, native de Gand (Belgique), « fille de mœurs légères », portant de nombreux tatouages. Retour ligne automatique
Le 1er octobre, la police fit irruption à l’hôtel, au moment où la bande prenait son repas ; les hommes n’eurent pas le temps de se servir des revolvers dont ils étaient porteurs.

Une perquisition effectuée dans leurs chambres fit découvrir de nombreux livres et brochures libertaires et une grande quantité d’objets volés : fusils, bicyclettes, objets d’art, des trousseaux de fausses clefs, des pardessus avec les poches percées pour leur permettre de faire usage de leur revolver sans le sortir du vêtement. La police découvrit également un matériel de cambriolage composé de petits sacs d’aspect anodin, renfermant des trousses d’outils et de rossignols démontables, des vilebrequins à mèches extensibles très ingénieux.

Le lendemain de l’arrestation, vers 2 heures du matin, un bureau de tabac de Corbeil fut cambriolé, les voleurs emportaient le contenu de la caisse, soit 100 francs et 200 francs en timbres. Ils laissèrent sur les lieux une lettre à l’adresse du commissaire de la première brigade mobile : Retour ligne automatique
« Essonnes, 2 octobre. Retour ligne automatique
Citoyen Faivre, Retour ligne automatique
Tâche d’avoir vivants la 11ème bande et ses acolytes et ne mets pas sur le dos de Tisserand et consorts l’affaire Thivat à Rueil et le tabac de Grande-ceinture, à Saint-Germain. Veille sur ta peau, nous veillons sur la nôtre. Vaincus mais pas déroutés ! Battus, mais pas abbattus ! Signé : X ».Retour ligne automatique
Il semble donc que la « bande des buralistes », qui se nommait elle-même les « Amis de Bonnot », ne fut pas décapitée puisque les cambriolages continuaient.

Le 25 juillet 1913, Tisserand, Marciana et Leroy furent jugés par la cours d’assises de Seine-et-Oise. Tisserand fit des aveux complets, avec le souci de faire mettre sa compagne hors de cause. Marciana nia tout en bloc. Leroy prétendit n’avoir pas participé aux cambriolages et avoir seulement recelé les objets volés.

Tisserand fut condamné à 12 ans de travaux forcés et à la relégation ; Marciana, à 12 ans de travaux forcés et 10 ans d’interdiction de séjour ; Leroy à 5 ans de prison et 5 ans d’interdiction de séjour. Leurs compagnes bénéficièrent d’un non-lieu en septembre 1913.

SOURCES : Le Matin 21 mai 1911, 2 septembre 1911, 2 octobre 1912 — Le Petit Parisien 7 août 1911, 2 octobre 1912, 26 juillet 1913, 27 juillet 1913 — Le Gaulois 3 octobre 1912 — La Presse 3 octobre 1912 — La Lanterne 4 octobre 1912, 27 octobre 1912, 7 mars 1913 — La Croix 5 octobre 1912, 12 octobre 1912 sur Gallica.

ICONOGRAPHIE : Le Matin 2 octobre 1912 — Le Petit parisien 2 octobre 1912 — La Presse 3 octobre 1912