Né le 15 mars 1865 à Paris 4e, imprimeur lithographe, célibataire, anarchiste parisien, gérant de journal, candidat abstentionniste.

Moucheraud fréquenta l ’école jusque 12 ans, puis entra en apprentissage de lithographe. Retour ligne automatique
Le 11 juin 1886, à Paris, il fut condamné à 2 mois de prison pour provocation d’un attroupement et le 11 septembre 1886, à 15 jours de prison pour le même motif.Retour ligne automatique
Le 4 mai 1888, à Paris le tribunal lui octroya un mois de prison pour escroquerie.Retour ligne automatique
Adrien Moucheraud avait deux frères plus jeunes dont Paul Yves, lui aussi anarchiste.Retour ligne automatique
Moucheraud entra dans le mouvement anarchiste vers la fin de l’année 1885. Le 18 décembre 1885, il fut arrêté au moment où il apposa des affiches du Comité exécutif révolutionnaire, annonçant pour le lendemain un meeting, place du Chatelet.Retour ligne automatique
En 1887, il créa en collaboration avec Jahn, Murjas, Paillette et Tennevin, le journal L’Avant-garde cosmopolite dont il prit la gérance et qui eut 8 numéros.Retour ligne automatique
Aux élections municipales de mai 1887, il se présenta dans le Ve arrondissement, comme candidat abstentionniste.Retour ligne automatique
Il fréquenta la plupart des groupes anarchistes parisiens et prit la parole dans une réunion le 8 octobre 1887, salle Gaucher, organisée par le groupe Germinal. Il fit l’éloge de l’anarchie et de l’action individuelle de Gallo et Duval qui « par leurs actes ont plus contribué à la révolution sociale que ne le feraient toutes les réunions ».Retour ligne automatique
Moucheraud était lié avec Tortelier, Sureaux, Landriot,Lucas, Dejoux, Chauvière, Bonneau, Soulage, Seillery,Renard.Retour ligne automatique
Au printemps 1888 il demeurait 46 Quai d’Anjou et était l’un des animateurs de la Ligue des Antipatriotes. Fin 1888 il avait été avec Georges Brunet (nommé trésorier) l’un des organisateurs d’un nouveau groupe La Jeunesse socialiste des Ecoles dont il fut nommé secrétaire. Il demeurait alors 25 Quai de la Tournelle. Retour ligne automatique
Il s’occupa d’aérostation et s’essaya à construire un appareil d’aviation. Le 10 mai 1890, il fit sa première ascension en ballon en face de la tour EiffelRetour ligne automatique
Le 22 avril 1892, une perquisition était effectuée à son domicile 43 boulevard St Germain, la police découvrit des affiches Le Père Peinard au populo, Les anarchistes au peuple de Paris et un manifeste La Jeunesse socialiste des Ecoles, signé « pour le groupe, le secrétaire Moucheraud ».Retour ligne automatique
Une perquisition effectuée le 1er janvier 1894, ne donna aucun résultat.Retour ligne automatique
Le 10 janvier 1893, il était arrêté aux abords de la Chambre des députés.Retour ligne automatique
Le 3 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener à son encontre, pour association de malfaiteurs. Retour ligne automatique
Le 4 mars, le commissaire de St Germain des Prés se transporta au 7e étage où se trouvait la chambre de Moucheraud. Malgré des appels réitérés, il répondit que « la conduite de la police était indigne du 3e république, qu’il étaient des bandits ». Il fallut requérir un serrurier qui ouvrit la porte malgré ses cris furieux. La perquisition amena la saisie d’un poignard, d’une collection de l’Avant-garde cosmopolite, d’un exemplaire de la Révolte sur le procès de Ravachol, de placards anarchistes, d’un volume ayant pour titre « Le procès des anarchistes de Lyon » d’un carton sur lequel était collé l’attentat de Gallo à la Bourse, un appel aux conscrits de la Ligue des antipatriotes, d’une affiche du groupe anarchiste Le Léopard du Panthéon, visée par Moucheraud, comme candidat aux élections municipales du 8 mai 1887, une copie incomplète d’un jugement prononcé contre Villaret, Bricou, Moucheraud et Robequin, le 15 avril 1886, une carte d’Elisée Reclus qu’il avait rencontré à la Société de géographie et un exemplaire de l’Egalité relatif à Padlewski qui avait assassiné à Paris le général russe Séliverstoff. Durant toute la perquisition Moucheraud ne cessa d’injurier les policiers et de les menacer de poursuites pour violation de domicile.Retour ligne automatique
Au moment où il fut mis en état d’arrestation, Moucheraud menaça et injuria le commissaire de police et s’écria que c’était « toute la Préfecture de police qu’il fallait faire sauter ».Retour ligne automatique
Interrogé au commissariat de St Germain des Prés, il se déclara nihiliste et ami de Padlewski dont il avait trouvé magnifique l’acte qu’il avait accompli. « Je ne préconise pas le suffrage universel, parce que voter, c’est s’avilir, c’est à dire qu’on est une bête incapable de se conduire. Quand la masse ne sera plus abrutie par la société actuelle, elle n’aura plus besoin de voter, pour arriver à la transformation de l’Etat social ».Retour ligne automatique
Il fut incarcéré à Mazas.Retour ligne automatique
Le 4 mai 1894, le juge d’instruction Meyer désigna deux médecins afin d’examiner l’état mental de Moucheraud afin de déterminer s’il était responsable de ses actes ou devait être enfermé dans une maison d’aliénés. Le rapport conclut à sa responsabilité tout en notant une grande exaltation.Retour ligne automatique
Devant le juge d’instruction, il déclara que « toutes ces poursuites étaient honteuses », qu’il n’avait qu’un désir « qui se réalisera un jour, c’est de voir tous les fonctionnaires de la police conduits à Mazas et fusillés ensuite ». S’adressant à M. Meyer, il lui déclara « qu’il provoquait les bombes en osant faire un pareil métier et qu’un de ces jours, il sauterait ».Retour ligne automatique
Le 16 juin 1894, il fut mis en liberté provisoire. Retour ligne automatique
Le 30 juin 1894, un nouveau mandat de perquisition et d’amener fut délivré par le préfet de police, pour un motif identique.Retour ligne automatique
Le 1er juillet à 7h15 du matin, le chef du service de la 2e brigade de recherches, se présenta 43 boulevard St Germain et perquisitionna la chambre de Moucheraud qui déclara ne plus s’occuper d’anarchie mais uniquement de son travail de lithographe et d’aérostation. Il fut mis en arrestation et emmené au commissariat de la rue St Séverin.Retour ligne automatique
Le 4 juillet il fut transféré à Mazas, sa mère qui était malade, et des habitants du quartier réclamèrent sa libération. Le 10 juillet, il était libéré. Retour ligne automatique
Le 20 juin 1895, le juge Meyer délivra une ordonnance de non lieu pour l’inculpation d’association de malfaiteurs.

SOURCES :
Arch. de Paris D.3 U6 carton 49 — Arch. PPo. Ba 1499 — Bianco : 100 ans de presse anarchiste. — Biographie de Moucheraud dans Dictionnaire des militants anarchistes.

ICONOGRAPHIE : Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.