dp289836

Metmuseum. Photo anthropométrique Bertillon.

Né le 28 septembre 1864 à Maisonnay (Haute Vienne) ; vivait maritalement ; ouvrier tailleur ; anarchiste parisien.

Ouvrier tailleur d’habits, Dutheil fut occupé pendant quelque temps chez M. Girard, 16 rue des Poissonniers. Il vivait maritalement avec une nommée Bigot qui était mère d’un enfant.

Dutheil fut mêlé au mouvement révolutionnaire depuis 1890. Il militait dans les groupes de sa corporation.

Le 23 janvier 1891, Louis Dutheil participa à une manifestation des ouvriers sans travail, place de l’Opéra. Il brisa d’un coup de canne, une glace du café Américain.

Dutheil fut condamné le 13 février 1891 a 15 jours de prison pour port d’arme prohibée et bris de clôture.

A l’été 1891, Louis Dutheil, fut chargé de la récolte de fonds pour aider la compagne d’Edouard Grangé, condamné au printemps à 12 ans de travaux forcés, restée seule et qui venait d’accoucher d’un troisième enfant.

Arrêté le 13 juillet 1893, pour avoir affiché des placards anarchistes, rue de Rome et trouvé porteur d’une de ces affiches, il fut relaxé.

Dans une réunion tenue en septembre 1893, il invita les assistants à manifester à l’occasion de l’arrivée des marins russes.

Lié avec Lésard, Decker, Duprat, la police lui prêta le projet de faire sauter la Chambre des députés ou la Préfecture de police et en juillet 1893, il cherchait à recueillir des fonds pour faire partir à Londres, 4 ou 5 anarchistes qui venaient de tenter « un coup » dans la banlieue.

Au cours de la perquisition opérée à son domicile en janvier 1894, en vertu d’une commission rogatoire du juge d’instruction de Limoges, il fut saisi un grand nombre de brochures anarchistes, des journaux, comme le Père Peinard, La Révolte, des lettres et des talons de mandats-poste, adressés à Altérant à Londres.

Selon la police, il aurait été, en 1894, l’auteur avec Duprat du manifeste On n’en tuera jamais assez.

Le 30 juin 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener, à l’encontre de Dutheil, pour association de malfaiteurs. Le 1er juillet à 11h du matin, le commissaire de police du quartier de Bonne-Nouvelle, se présentait à son domicile, 123 rue de Montmartre, son logement était composé de deux pièces et d’une cuisine. La perquisition fit découvrir quelques exemplaires de journaux anarchistes de l’année 1893 ; La Révolte, Le Père Peinard et l’En Dehors, en tout une dizaine. Dutheil fut arrêté et emmené au commissariat.

Interrogé, il déclara qu’il n’était pas anarchiste mais individualiste : « Tout ce qui n’a pas trait à mon bonheur personnel m’est indifférent ». Concernant la propagande par le fait, il expliqua : « Je ne suis, ni pour, ni contre. Je suis indifférent. J’ai ma philosophie à moi et je n’ai pas à juger les actes des autres ». Il précisa : « Je suis égo-anarchiste, c’est à dire que j’ai des idées qui sont ma conception personnelle sur la philosophie et c’est dans la lecture astronomique de Flammarion que j’ai puisé la plupart de mes conceptions philosophiques ». Il refusa de signer ses interrogatoires devant le juge d’instruction.

Le 4 juillet, il fut emprisonné à Mazas et fiché, comme anarchiste, au fichier Bertillon. Le 17 juillet, le juge d’instruction le mit en liberté provisoire.

A la fin des années 1890 il demeurait, semble-t-il, 38 rue Milton.

ICONOGRAPHIE : Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.

SOURCES : Arch. de Paris, D.3 U6 carton 51. — Arch. Nat. F7/12723 — La Révolte, année 1891 Le Père Peinard, 12 juillet 1891 — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine — Le XIXe Siècle 15 février 1891.