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Metmuseum. Photo anthropométrique Bertillon.

Né le 18 février 1863 à Torteron (Cher) ; célibataire ; journalier ; anarchiste de Levallois (Seine), co-fondateur des soupes-conférences.

Le 22 juin 1892, Jules Chatillon était condamné par le tribunal correctionnel de la Seine à un mois de prison et 100 francs d’amende, pour coups et blessures.

Du 27 décembre 1892 au 1er mars 1894, Chatillon vivait dans un hôtel, sous le nom de Jules Ménard avec une « fille soumise » nommée Anne Marie Leroy, dite Jenny Leroy ou Berthe Tudoret. Ils ne travaillaient pas, sortaient ensemble le soir et ne rentraient que tard dans la nuit. Berthe Tudoret se livrait à la prostitution, elle était inscrite comme « fille soumise » depuis 1883. Elle ne s’était pas présentée depuis longtemps à la visite sanitaire.

A partir du 31 mars, jusqu’au 4 juillet Chatillon et Tudoret vivaient dans un garni 21 rue Valentin.

Chatillon déclarait travailler comme journalier dans des stands de tir sur les fêtes publiques, mais en réalité il vivait surtout de la prostitution de sa maîtresse. Il était vu souvent sur la route de la Révolte, en compagnie de prostituées et de souteneurs.

Il fréquentait les groupes anarchistes et exploitait de concert avec Jules Rousset, dit St Martin, les personnalités en vue, en leur demandant des subsides, pour organiser des soupes-conférences. Ces recueils de fonds pour les soupes-conférences débutèrent en novembre 1891. Rousset et Chatillon avaient fait imprimer des cartes de visite à leur nom indiquant : « J. Rousset et Chatillon, organisateurs des soupes-conférences 1891-92-93. Désirent quelques instants d’entretien. 5, rue de l’Arc-de-Triomphe ». Lors de leurs visites l’un des deux compagnons portait une serviette sous le bras, la dépliait et montrait une liste de donateurs, attestée par des signatures et suivies des montants des dons.

La première soupe-conférence réunissant un milliers de « meurt-de-faim et de va-nu-pieds », à la salle Favié, venus écouter une conférence de Martinet et manger une ou plusieurs assiettes de potage, eut lieu en novembre 1891.

Chatillon aurait été aussi l’agent électoral de l’abbé Garnier, de Lucien Millevoye et du socialiste Hubert Lelorrain.

Le 19 février 1894, lors d’une perquisition la police trouva chez lui une lettre de l’anarchiste Migeon où il était dit : « Faites pour le mieux, si vous jugez à propos d’agir seul cette fois ». Il ne fournit de cette phrase que des explications embarrassées.

Chatillon fréquentait Cherville, Amblard et Gama.

Le 4 juillet 1894, le commissaire de Levallois-Perret fit une descente, au 21 rue Valentin, un garni, supposé être le refuge habituel de prostituées et de souteneurs. Il trouva Jules Chatillon couché avec Berthe Tudoret. Chatillon avait un dossier à la Préfecture de police, comme anarchiste, sous le n° 138.371. Il était arrêté et conduit au commissariat.

Sa maîtresse Berthe Tudoret aurait été, auparavant, frappée au visage par Chatillon. Elle était envoyée au Dépôt par mesure administrative, comme prostituée et libérée le 9 juillet. Elle disparut ensuite, malgré les recherches de la police.

Le 7 juillet, Chatillon était emprisonné à Mazas. Il était libéré le 13 août 1894. Le 3 juillet 1895, le juge d’instruction Meyer délivrait un non lieu concernant l’inculpation de d’association de malfaiteur et de vagabondage spécial (proxénétisme), le forain, propriétaire du tir ayant déclaré qu’il l’employait, bien que ce ne fut pas un travail régulier.

Chatillon figurait sur un état récapitulatif des anarchistes au 31 décembre 1896, il habitait alors 9 route de la Révolte à Neuilly (Seine).

SOURCES : Arch.de Paris, D.3 U6 carton 51. — Arch. Préf. Pol Ba 1500. — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine. — Le Matin 11 novembre 1892 — La Justice 16 novembre 1891 — Le Petit journal 27 décembre 1893. — L’Eclair 13 décembre 1892.

ICONOGRAPHIE : http://www.metmuseum.org/art/collection/search/306725