Né vers 1874. Mort le 22 septembre 1892 à Saint-Denis (Seine). Garçon pâtissier.
Bisson avait fait son apprentissage à Epernay (Marne). Militant anarchiste au Havre (Seine-Inférieure) puis à Paris. Anarchiste illégaliste.

Début juillet 1891, Lepiez animait une réunion avec Bisson et Heudier, au quartier François du Havre. Le commissaire présent les interpellait sur l’absence de bureau. Les anarchistes obtempérèrent, en nommant président « le premier venu ».
Bisson avait-il participé à un vol (des outils, une pendule, une carabine, des couverts et des vêtements) le 4 janvier 1892 chez M. Ernst au hameau de la Croix-Blanche à Bléville (Manche) et avait-il commis au même lieu une tentative d’incendie, en compagnie de Lapointe, Paridaen et Lepiez ? Ce fut en tout cas ce qui se raconta dans le milieu anarchiste au Havre et à Paris.
A la suite des arrestations de ses complices présumés, il était venu s’installer à Paris, se cachant sous le prénom de Gustave.
Meyrueis et Alterant lui vinrent en aide, lui donnèrent des vêtements et 30 sous par jour car il était dans la plus extrême misère. Ils le présentèrent à Emile Roussel, demeurant rue Guénegaud qui l’hébergea quelque temps.
Plus tard, il fit la connaissance de Chappuliot. Bisson parla à Meyrueis et Chappuliot des vols qu’il avait commis au Havre.
Dans la nuit du 23 au 24 juillet 1892, Bisson et Chappuliot, commettaient un vol chez M. Nicolle, tailleur, rue du Tronchet.
Le procès du Havre eut lieu le 26 juillet 1892 , les complices de Bisson furent condamnés mais lui ne fut pas poursuivi ce qui amena Meyrueis et Chappuliot à penser que c’était un mouchard et qu’il pourrait agir de la sorte avec eux.
Ils décidèrent alors de venger les anarchistes du Havre, d’autant que Bisson les assaillait de demandes de secours et les traitait de « bourgeois », et eux le qualifiaient « d’insecte nuisible ».
Dans la nuit du 30 au 31 juillet, un autre vol fut commis au café Moreau, rue Rossini, deux poignards avaient notamment été dérobés.
Dans le mois de septembre, Bisson aida les anarchistes de Levallois à coller des affiches intitulées : « Fête bourgeoise », protestant contre la fête du 22 septembre.
Le 22 septembre, Meyrueis et Chappuliot assassinèrent Bisson de 7 coups de couteau : d’après les aveux de Chappuliot, ils l’avaient entrainé, sous un faux prétexte au bord du canal de Saint-Denis, en aval de la 7e écluse. Chappuliot l’aurait saisi avec une corde, par derrière, pour l’immobiliser et Meyrueis lui aurait asséné 7 coups de couteau. Le cadavre fut jeté dans le canal.
La découverte du cadavre permit de déterminer qu’il portait des vêtement volés chez M. Nicolle, quant à l’arme du crime, elle provenait du vol au café Moreau.
Au procès, devant la cours d’assises de la Seine le 25 mars 1893, Meyrueis et Chappuliot, ayant bénéficié de circonstances atténuantes, furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité.
SOURCES : Le Temps 16 octobre 1892 — La Lanterne 23 octobre 1892 — Le Temps 24 mars 1893 — Le XIXe Siècle 24 et 26 mars 1893 — Le Père Peinard 5 juillet 1891