Document Éphéméride anarchiste

La Chaux de Fonds 6 septembre 1880

Samedi soir, 4 courant, a eu lieu la réunion de la section de la Fédération.

Il a été question de savoir si l’on devait transférer le Comité central à Genève ou le conserver ici à Sonvilliers.

On a fait des efforts pour qu’il ne soit pas transféré à Genève et en cela on a été soutenu par Jeanneret, Schwitzgebel et autres.

On a fait valoir que presque tous les agents actifs qui étaient proscrits et réfugiés à Genève étaient rentrés ou rentraient chaque jour en France, qu’André Alavoine venait de vendre son imprimerie et quittait Genève, que sauf Lefrançais et quelques autres, du jour au lendemain pouvaient se décider, qu’il ne resterait à la tête du comité que des agitateurs étrangers à la France ; que dans nos montagnes nous étions moins surveillés par la police, etc.

Enfin vous comprendrez ce qu’on a pu dire et la réussite a été complète, puisque la proposition a été rejetée par les deux tiers des votants.

Nous avons pris une grande décision : celle de créer un journal collectiviste révolutionnaire, suite de  L’Avant-Garde .

Spichiger a lu une lettre de Brousse qui nous engage vivement à créer ce journal qui serait très violent et serait répandu avec grande activité en France.

Il serait le bras droit de la Revue collectiviste, viendrait en aide à L’Egalité, revue de Benoit Malon et appuierait L’Emancipation qui se publie à Paris.

Nous dirons là, dans notre feuille, ce qu’on n’ose pas dire en France et nous ferons des révélations amenant au pouvoir.

A propos, je dois vous dire en passant que Félix Pyat est de nouveau en correspondance avec nous et qu’il assure son concours actif au Conseil fédéral à Paris, qui marche d’accord avec nous.

Son journal La Commune  recevra des indications de notre Comité.

Pendant le séjour que M. Gambetta doit venir faire aux Crêtes, il sera très activement surveillé par nos agents, dont l’un résidera à Clarens ; c’est un suisse qui a connu les domestiques de M. Dubochet et qui est très au courant des maisons de M. Arnould et de son frère M. Guichard.

Nous recevons trop de lettres de Paris pour vous en parler ; toutes sans exception, annoncent le succès complet de la Fédération anarchiste pour 1881.

Au Hâvre, nous allons avoir une bataille fort active à soutenir dans le congrès, mais nous prenons nos précautions à l’avance.

Costa envoie des lettres de Livourne qui annoncent que le Comité a reçu sept nouvelles sections Angelo, Cesana, Gattéo, etc.. et que tout marche bien.

Archives de la Préfecture de police de Paris Ba 438