L ‘an 1893, le 21 novembre à 6h du matin, nous Blanc Jean, commissaire de police de la ville de Troyes, plus spécialement chargé du 2ème arrondissement, officier de police judiciaire, auxiliaire de monsieur le procureur de la république.

Agissant en vertu de la commission rogatoire ci-jointe par Monsieur le juge d’instruction de l’arrondissement de Troyes, à nous subdélégué, pour exécution par monsieur le commissaire central de police (affaire contre X inculpé de détention de matières et engins explosibles, etc)

Nous nous sommes transportés, accompagné des gardiens de la paix Douin et Vermeyras, rue de la Pierre, 30, au domicile du nommé Lecorché Charles, 47 ans, métreur, à l’effet d’y procéder à une perquisition et d’y saisir toute matière et tous engins explosibles, instruments ou produits servant à leur fabrication, tous papiers, correspondance et tous objets suspects.

Par ces motifs, après avoir fait connaître le but de notre visite et en présence dudit Lecorché que nous avions trouvé à son domicile, nous avons procédé, dans toutes les pièces du logement, au grenier et à la cave, à une perquisition très minutieuse.

Aucun engin, ni matière suspecte n’ont été découverts.

Parmi les papiers et correspondances du nommé Lecorché nous avons cru devoir saisir les objets suivants :

5 n° divers du journal La Révolte

7 n° divers du journal Le Père Peinard

Une brochure « La grande révolution »

Une brochure « Un siècle d’attente »

Une brochure »Procès des anarchistes à Vienne »

Une brochure « La peste religieuse »

Extraits divers

Cinq lettres de Sébastien Faure

Une lettre d’un nommé Mories de Melun

Une lettre de Lecorché à sa femme

Deux n° du journal L’International

Un n° du journal L’Insurgé

Le tout a été déposé au greffe du tribunal pour servir à telles fins qu’il appartiendra.

Et de tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal.

AD de l’Aube 5 U 268