Lyon le 20 octobre 1891

Mon cher Martinet,

Je trouve drôle que tu ne m’as pas répondu quand je t’ai envoyé les 5 francs que je te devais. Je te demandais si la tournée à Troyes que Faure à faite avait été bonne.

Je m’étonne de ton silence et enfin répond moi de suite car je quitterai Lyon la semaine prochaine. Je parais aux prud’hommes lundi prochain. J’espère avoir gain de cause car l’ouvrier que je remplace sort de faire paraître le patron et à gagné sa cause. J’espère la gagner aussi.

Dimanche dernier Faure a fait sa première conférence à la Guillotière, salle Rivoire. La salle était comble. Il a fait une bonne impression sur le public. Lundi il était à Vienne, il a fait une causerie car à Vienne ils ne peuvent pas avoir une grande salle. Je crois que cette semaine il en fera une à la Croix-Rousse.

Dimanche je lui ai causé sur son passage à Troyes, il m’a dit que cela avait bien marché. Je lui ai parlé de l’élément de Troyes, il ne m’a pas paru bien satisfait, en me disant que l’on était pas bien nombreux pour une ville de 50.000 habitants, le soir il y a eu une soirée familiale, la salle n’était pas assez grande. Je suis en relation avec les camarades, je n’ai pas vu Blonde, il parait qu’il est malade, les copains ne m’ont pas donné son adresse, ils ne savent pas où il reste.

Enfin rien de plus à te dire, si tu veux que j’ai de tes nouvelles, écris-moi de suite. Tu souhaiteras le bonjour aux camarades, tu leur donnes une bonne poignée de main en attendant.

Le plaisir de te lire, je te serre la main.

Jules Delhaye avenue de Saxe, n°90 Lyon